Lapeyr. Hist. Plant. Pyr. 2. 609. Duham. Arbr
Cette espèce a une forme pyramidale , et s’élève à la hauteur de quatre ou cinq pieds. Ses branches sont nombreuses, touffues, divisées en rameaux couverts de feuilles très-petites , très-serrées , vertes , ovales , obtuses, ternées, imbriquées, assez semblables à celles du cyprès. Les baies sont sphériques , de la grosseur d’un pois-, elles prennent en mûrissant une couleur rousse.
Ce genévrier croît en Espagne , en Italie , et en France dans nos provinces méridionales. On le cultive dans les bosquets d’hiver, ainsi que l’espèce précédente. Leurs propriétés se rapprochent de celles du genévrier commun ; leurs fruits , leurs rameaux , sont résineux , stirnulans et diurétiques.
On retire du juniperus cadus , parla distillation, une huile empyreu ma tique , connue sous Je nom à' huile de cade , dont l’art vétérinaire fait usage dans les maladies cutanées des bestiaux. J’ai vu des militaires s’en servir avec un plein succès pour se délivrer de gales
PHYT0GRAPH1E
opiniâtres. On a quelquefois employé cette huile comme vermifuge ; mais elle est caustique , et son usage intérieur peut causer une inflammation mortelle.
Le genévrier de Virginie ( J unipe rus virginiana , Linn.), qu’on appelle cèdre rouge à cause de la couleur de son bois, a une forme élégante et pittoresque. C’est un très-bel arbre qui résiste bien à la rigueur de nos hivers , qui se plaît dans les terrains les plus arides , et dont la culture devrait être encouragée. Il parvient dans son pays natal à la hauteur des plus grands sapins ; son bois est odorant, uni, d’une belle couleur rouge, et d’une très-longue durée.
UNE SOIRÉE d’automne A FONTAINEBLEAU.
Les beaux jours ont disparu, la campagne se décolore , et l’on voit à peine quelques pauvres fleurs égarées sur le gazon.
Avez-vous parcouru la forêt de Fontainebleau par une soirée d’automne, lorsque les pins gémissent au milieu des rochers? Avez-vous remarqué ces genévriers difformes , ces bruyères flétries , ces sables mobiles sillonnés çà et là par la trace inquiète de la biche? Si vous aimez la nature jeune , parée , brillante, fuyez ces solitudes pleines de tristesse. Que pourraient vous dire ces hêtres , ces bouleaux, balançant leurs cimes dépouillées , ces feuilles desséchées qui tombent et s’envolent comme les derniers jours de l’homme?
L’hirondelle fait déjà ses préparatifs de voyage, le terme de nos herborisations approche. Hélas ! celle-ci est peut-être la dernière! Ne perdons pas un instant.
Visitons d’abord cette baie qui borde la forêt , et qui a conservé un reste de fraîcheur. L’aimable clématite fait flotter au milieu des buissons sa chevelure ondoyante, et vient enlacer le fusain qui lui livre ses fruits teints de pourpre. Spectacle enchanteur, doux emblème de l’amitié ! Deux arbustes se réunissent, s’appuient l’un sur l’autre, pour mieux résister aux efforts de la tempête. Partout la nature nous donne d’utiles leçons; mais le méchant les dédaigne , la haine occupe son cœur tout entier.
Sur la pelouse la gentiane d’automne ouvre ses belles corolles où brille le saphir, tandis que le grand plantain balance avec grâce son plumet d’améthyste. Je marche péniblement à travers les ronces, les sables et les broussailles. La végétation est mourante , tout est sombre et muet autour de moi : c’est le silence du désert.
Enfin , je cueille sous les bouleaux du mont Chauvet l’euphraise officinale, herbe jolie , bienfaisante, qui étale au-dessus de la mousse ses fleurs à petites lèvres , nuancées de blanc et de jaune. Son nom exprime la joie, le plaisir. On dit qu’elle dissipe les maux d’yeux ; voilà pourquoi les Anglais l’appellent lumière de l’œil , eye-briglit. Mais nous sommes devenus bien savans; tous ces miracles étaient bons dans les temps d’ignorance.
En descendant dans un petit vallon je rencontre la carline vulgaire; j’admire ses feuilles armées d’aiguillons , et ses belles fleurs radiées , dont les mouvemens me font craindre un changement prochain dans l’atmosphère. Toute la plante s’émeut, s’agite, se con-
tracte, comme si elle était sous l’influence d’un phénomène électrique.
Pendant que je m’égarais dans les sentiers les plus solitaires de la forêt , le ciel se couvrait, au sud-ouest, d’épais nuages -, des éclairs partaient de plusieurs points de l’horizon, et l’orage se préparait dans le lointain. Bientôt un vent furieux se précipite des hauteurs avec d’horribles sifflemens; les arbres frémissent, leurs cimes plient, leurs branches se brisent; les éclats de la foudre se mêlent aux mugissemens de la tempête , et toute cette musique de l’air a quelque chose d’austère, de sublime , qui me charme. Un sentiment de paix et de joie sauvage remplit mon cœur. Cependant je me mets à l’abri dans le creux d’une vaste roche qu’entourent des ronces, des genévriers et des bouleaux. Je vois çà et là des grès renversés , des branches d’arbres rompues, et quelques faibles herbes qui se cachent dans une mousse limoneuse.
Peu à peu l’orage s’apaise, le calme renaît dans les airs et dans la forêt; on n’entend plus que quelques petits oiseaux qui murmurent leurs dernières amours. Enfin le ciel se voile, au-dessus de ma tête , d’une sorte de gaze transparente , à travers laquelle tombe une douce rosée dont s’abreuvent quelques petites fleurs d’automne. Au couchant, de légers nuages se dorent des rayons mourans du soleil. Quel harmonieux accord entre cette douce lumière et les teintes mélancoliques de ces fleurs , dernière parure de l’année, dernier sourire de la nature languissante !
Il faut pourtant quitter ce paisible abri. Adieu, collines agrestes, fraîches vallées où se plaît la scabieuse!
Adieu, suaves parfums du soir, délicieux murmures de la forêt î Adieu , courses salutaires , charme du cœur, délassement de l’esprit! Ah! combien je vous regrette! Mais la sagesse nous dit que ces jouissances ne sont point perdues. Le souvenir est toujours là qui nous les rappelle , et nous puisons dans ce souvenir du passé de nouvelles douceurs et de nouveaux plaisirs.
IF. TJXTJS.
Fleurs dioïques ou monoïques , entourées de plusieurs écailles rousses qui tiennent lieu de périgone. Fleurs mâles : huit ou dix étamines; ûlamens réunis en cylindre, anthères à une loge s’ouvrant en dessous , disposées circulairement en forme de bouclier. Fleurs femelles : ovaire ovoïde , à stigmate concave. Drupe charnu , sphérique, monosperme, ombiliqué au sommet.