‹ Pic de la Mirandole en France (1485-1488)Chapitre 21 sur 47 · L. Dorez, Stilla cattwa di Pico, loc. cit., p · texte numérisé non relu

L. Dorez, Stilla cattwa di Pico, loc. cit., p

2. Ces renseignements, et tous ceux qui suivent, sont presque exclusivement tirés du procès-verbal des séances de la commission pontificale, publié ici pour la première fois (Appendice, document IV). — Cette pièce se trouve dans un manuscrit in-fol., sur papier, provenant du Collège pontifical de Louvain et conservé à la Bibliothèque du séminaire

Dans le bref du 20 février, qui est le point de départ du procès, le pape reprochait aux thèses, au moins à certaines d'entre elles, non seulement d'être obscures en elles-mêmes, mais encore d'être « novis ac insuetis vocabulis involutœ » ; de sentir « quamdam speciem heresis »; de contenir des erreurs intolérables ; de s'éloigner, pour tout dire, du droit chemin de la foi orthodoxe. Autant que les expressions mystérieuses tirées de la Kabbale et des œuvres

archiépiscopal de Malines. Ce volume se compose de cinquante-deux opuscules, dont une vingtaine sont des dissertations ou des traités théologiques composés par Adrien VI et écrits de sa propre main; les autres sont des copies exécutées pour lui. Le procès de Pic forme la vingt-sixième pièce et comprend vingt et une pages ; il a dû être copié pour Adrien, alors qu'il était grand inquisiteur d'Espagne. — Cf. E. H. J. Reusens, Syntagma doctrince theologicœ Adriani Sexti (Louvain, 1862, in-S"), pp. xLvi-XLix.

J'adresse ici mes plus vifs et mes plus respectueux remerciements à Mgr l'archevêque de Malines, qui a bien voulu me permettre de faire prendre une copie du document, et à M. Reusens, bibliothécaire de l'Université de Louvain, qui a soigneusement collationné cette copie.

des philosophes averroisies et alexandrins, les théologiens romains visaient le « stylus Parisiensis », dont Pic était si fier, et poursuivaient, en même temps que les nouveautés orientales, certaines propositions où s'obstinait, en dépit des doctrines officielles, la trop indépendante Université de Paris.

Le 2 mars, la commission tint donc sa première séance. Elle était présidée par Jean Monissart,évêque de Tournai, et composée des seize personnages suivants :

i) Jean Monissart, évêque de Tournai ;

2) Ardicino Délia Porta, évêque d'Aléria ;

3) Pedro Garcia, évêque d'Ussel ;

4) Antonio Grassi, évêque de Tivoli ;

5) « Goizeranus, episcopus Lezlinensis » ou « Leglinensis » (peut-être Galcerandus Galba, évêque de Bosa, en Sardaigne, de 1483 à 1493) ;

6) « Joannes, episcopus Coclensis » ou « Conclensis » (?) ;

7) Sansone de Sienne, général de Tordre des Mineurs ;

8) Antonio de Bologne, général de l'ordre des Serfs de Marie;

9) Gioacchino de Vinci, vicaire-général des Frères Prêcheurs ;

10) Marco de Miroldo, maître du Palais apostolique ;

1 1) Antonio Florès, docteur en droit civil et canonique, référendaire apostolique ;

12) Lucade Foligno, confesseur du pape; i3) Francisco de Murcie, cubiculaire du

pape;

14) Jean Cordier, de Paris ' ;

I. Voici, sur Jean Cordier, des notes tirées du ms. 1021 de la Bibliothèque de l'Arsenal {Domus et societatis Sorbonicœ Iiistoria), pp. 183-184. « Joannes Cordier, natione Picardus, Rector academiae Parisiensis 22*. Junii anno 1499, ^^ libro Rectoris, ubi dicitur vir omnium theologorum suae aetatis doctissimus, et in omni materia impugnator acerrimus.

« Socius et prior Sorbonœ anno 1474 ex D. Delaulnoy. In computo anni 1474, 5" parte de advertitiis, sic legitur de illo : a D. Joanne Cordier recepto in socium coUegii 16. 1. par.

« Et post computi subscriptionem sic habetur, Nicolaus Delaharmant * de recta receptae suae procurationis solvit ipse in cofro collegii per manus ma[gistri] Joannis Cordier summam quatuordecim librarum parisiensium, presentibus ibidem priore,

* Sic; Nicolaus de la Hermant, p. 180.

1 5) Baitista Signori, de Gênes, procureur des Ermites de saint Augustin ;

i6) Et enfin Cristoforo de Gastronovo, O. M., professeurs et maîtres de théologie.

Le second, le quatrième, le cinquième et le sixième manquaient seuls à l'appel, lorsque Pic de La Mirandole, dûment convoqué, se présenta devant cette sévère commission d'examen qui n'était pas encore un tribunal, mais qui n'était pas non plus l'auditoire enthousiaste rêvé par son ambitieuse imagination. Il fut interrogé sur sept de ses thèses, et ses réponses furent littéralement {per formalia verba) enregistrées par le notaire. Après cet interrogatoire, Pic pro-

conscriptore et procuratore collcgii 6a novembris 1476. »

« Anthonius de Fraxineto, prior de Castres, hospes Sorhonicus ex computo Joannis Cordier procuratoris 1478, solvit pro caméra 40 1.

Idem et in computo anni 1480 reddito per Joannem Laillier procuratorem. Habuit clavem bibliothecae 1476 et 1488 et pro eo respondit Joannes Cordier, ex computo anni 148 1, ubi de cameris, dicitur recessisse circa festum Sancti Joannis Baptistae, et solvisse 3o 1. » — Cf. i)tfra, pp. 67 et 6g, note, et Appendice V, i.

testa qu'il s'en remettait à la décision du pape et du sacré Collège. On lui remit alors une nouvelle citation pour le lundi 5 mars, et ce jour-là, en sa présence, les commissaires rendirent leur jugement motivé sur les trois premières conclusions incriminées, qui furent déclarées fausses, erronées et hérétiques.

Pic sentit sa cause fort compromise, probablement perdue, et s'abstint de comparaître à l'audience du 6 mars, où tous les commissaires présents, sauf Marco de Miroldo, les quatre autres thèses furent de même déclarées téméraires et hérétiques.

Il eut peut-être tort de s'abstenir de comparaître à cette troisième audience ; car, le 8 mars, le pape donnait l'ordre de ne plus le convoquer aux séances de la commission, et le 9, il soumettait à l'examen des commissaires six autres thèses. Signification en fut faite à Pic, le dimanche 1 1 mars, au Vatican même, « in secunda sala Palatii apostolici apud sanctum Petrum ». Copie lui fut remise des nouvelles propositions incriminées, avec injonction de comparoir devant la commission pour s'expliquer sur

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