‹ Pic de la Mirandole en France (1485-1488)Chapitre 8 sur 47 · I. Lettre · texte numérisé non relu

I. Lettre

Pères de l'Eglise ci dont on était venu à considérer les livres comme la clef de toute vraie philosophie chrétienne. C'est ainsi c]uc Pic fut amené à étudier les commentaires arabes et hébraïques d'Aristote. 11 céda d'autant plus facilement à cette noble curiosité qu'il voyait en outre, dans la connaissance des langues orientales, un moyen d'étudier de plus prés les textes de FÉcriture sainte.

Les études de Giannozzo Manetti avaient laissé à Florence un assez vif souvenir ; mais l'honnête humaniste n'avait guère eu d'imitateurs. Lorsque Pic voulut trouver un maître pour l'initier à la langue hébraïque, il dut le chercher en dehors de Florence : son ami Girolamo Benivieni, s'il avait déjà commencé à s'occuper d'études orientales, n'avait pas la science nécessaire pour choisir, traduire et, au besoin, expliquer rapidement un texte hébreu '. Pic eut donc recours à trois de ces juifs dont il voulait ruiner,

I. La bibliothèque Laurentienne a récemment acquis un vocabulaire hébreu-latin composé par G. Benivieni. Laurent. -Ashbiirnham. 1226.

avec leurs propres armes, la croyance obstinée. Deux au moins l'assistèrent dans ses premières études : Mithridate et Elia del Medigo. Le premier paraît avoir enseigné a Pic les éléments de l'hébreu, de l'arabe et du chaldaïque '. Le second , professeur renommé, averroïste décidé, exécutait les traductions des commentaires d'Aristote qui pouvaient être utiles à son élève princier et lui fournissait sur ces paraphrases difficiles les explications qu'il lui demandait. Le premier de ces travaux d'Elia qui nous soit parvenu (dans le texte hébreu seulement) paraît remonter à la fin de l'année 1483 ; un autre est daté de Florence et du mois de juillet 1485; un troisième, de Bassano, et du 5 octobre de la même année \

1. Cf. Tiraboschi, Bibl. Modenese, t. IV, p. 99; et Moritz Steinschneider, Hebrœische Bibliographie, t. XXI (1881-1882), pp. io9-ii5et i3o-i32.

2. M. Steinschneider, Die hebrdischen Ueberset- ^ungen des Mittelalters, Berlin, 1893, in-8°, pp. 98, 122, i83, 201,973, etc. — Elia adressait encore un travail à Pic vers la fin de i486. Cf. Jules Dukas, Recherches sur l'histoire littéraire du xv siècle. Paris, Techener, 1876, in-8°, passim.

Ce dernier fut terminé pendant le premier voyage de Pic en France. Sans aucun doute, le jeune savant, qui possédait en Italie, outre l'enseignement de Ficin, presque tous les manuscrits alexandrins relatifs à la doctrine de Platon, pensait trouver dans les leçons de l'Université de Paris, si fidèle à l'aristotélisme, de nouvelles lumières sur la philosophie du Stagyrite. Il ne semble pas qu'il ait été tout à fait déçu dans son espoir.

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