SCÈNE IV
VILLARCEAUX, NLNON.
VILLARCliAlX, il lui-riK'me.
■"^i je non Je veux bien que le diiible m'emporte
Si ce n'est pas là mettre un galant à la porte. Après un tel échec, il faut se résigner. 3Iais pourtant, cet écrit qu'elle m'a fait signei.... C'est singulier!... Ma foi nous serons toujours dupes Des pièges que nous tend l'animal porte-jupes. Allons-nous en. — Ninon?
M.NON
Proiilons des moments, Et ne les perdons pas en longs élonnements. Qu'en dites-vous? la pièce est bien jouée; et certe, je comprends qu'un si brus()ue accueil vous déconcerte. Une fois dans la place, il vous semblait, marquis, Que l'on dût butiner après avoir conquis. Lorsqu'une femme, avec la gnk'e la meilleure, Fait venir un galant chez elle, à j)areille heure, Nul ne se douterait qu'il n'aura pour régal Qu'un sermon aigre-doux sur l'amour conjugal. Toute autre eût fait d'abord plus longue résistance; Puis, lorsqu'elle se fût rendue à notie instance, l'ne coquette au moins eût franchement cédé; Mais les vertus ont bien un autre procédé. 11 leur faut des amants, à ces prudes fieirées Pour en faire parade et servir de trophées,
Dos ainaiils. dan» ic bul ^ellil•lnen( de prouver Oa'elles oiU dti mi-iile assez pour en trouver; Alors, plus leur ligueur de dédaius les abreuve, Plus leur iulégrité semble èîre à toule é|)reuve, Ff les pauvres galants, dans leur revers fatal, A ces hautes vertus, servent de piédestal,
VILLVRCEAL'X, â liii-m.'niP
Point de ces liaisons qu'un regret empoisonne.
M.NON
A part.
Jl ne m'eiilend pas! ii^mt. Si, comme je le soupçonne. .Je vous déraiige, il faut nie le dire.
VILLARt.EALX.
Pardon ; J'étais un peu distrait. De quoi parliez-vous donc?
NIXON.
Je disais, malgré tout ce qui vous plail en elle, Que madame Scaron est une péronnelle Dont les vertus d'emprunt et le maintien dévot Trompent les bonnes gens sur le peu qu'elle vaut. Je dis que, nonobstant sa longue palenôtre, Elle eût cédé peut-être, et plus vite qu'une autre, Sans la peur du scandale; et que si vous l'aimez
VILLAP.CEVLX.
ïaisez-vous! taisez-vous, Ninon ; vous blasphémez! Je ne souflVirai point que personne diiïame Devant moi, la plus digne et la plus noble femme.
NINON
lié quoi! marquis....
VILLARCEAIX.
Non, lion, aucune objection Ne peut porlei' atteinte ù ma conviction.
Non, un iiiiix'il l'cfiis n'est point nne dériiilc Pour se faire prier ou couvrir sa retraite ; l-]t si tel eùl été son hnl, du premier coup. Il serait dépassé d'ailleurs, et de l)eaucou|). (^ar, je ne sais comment expliquer ce mystère. Tandis que j'écoutais cette jiarole austère, .le sentais jutr degrés mon amour s'attiédir, l-]t dans le môme temps mon estime grandir. ()nand elle rapiielaif celle lendi'esse aruicnne Que je sacrifiais ])Our ol)tenir la sienne, Et les charmes conslanis d'une commune ai'deur. IJaillez si vous voulez mon accès de canfleni'. Mais elle avait pris tant d'empire sui' mon Curiv. Oiie je redevenais amoureux de ma femme, VA rougissant tout bas d'un injuste abandon, .l'élais prêt à courir lui demander pardon.
M.NOX
Dites-vous \rai, marcpiis? Pour celle ijui vous aime l^Ialgré vos torts passés, vous renonceriez même A madame Seat on?