‹ Picciola (volume 4)Chapitre 119 sur 129 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Le vieillard alors sembla s'oublier dans une extase silencieuse ; sans doute il priait en lui-même ; et, lorsqu'il se retourna vers son compagnon, il le trouva les deux mains appuyées sur le dossier du banc rustique ; son front était courbé, et ses traits gardaient encore le caractère d'un saint recueillement.

Dans le cœur purifié de Charney, ie sang coulait plus calme; dans sa tête agrandie, les pensées se succédaient plus douces, plus consolantes, plus affectueuses. Ainsi que le sage Piémontais, il sentait un besoin vague de donner à son âme une expansion de tendresse. Il rêvait alors avec délice aux êtres que, par un lien de reconnaissance ou d'amitié, il pouvait rattacher à lui. Parmi ceux-ci, Joséphine, Girhardi et Ludovic s'offraient d'abord pour peupler son monde céleste ; puis comme deux ombres de femmes se dessinaient aux extrémités de cet arc-en-ciel d'amour, venu après l'orage : ainsi qu'on voit, dans des tableaux d'église, deux séraohins, la tête inclinée, la

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