DANS LES PRISONS D ETAT. XXXVII
J'osai cueillir dans nos grands jours d'alarmes, Je vous salue, ô fleurs, de qui les charmes Ont de mon père adouci la prison ! »
Ces touchantes allocutions de Roucher aux fleurs cueillies par sa fille furent interrompues par l'arrivée de la charrette qui le conduisit à l'échafaud avec André Chénier et le baron de Trenck.
Sous l'empire , les prisons redevinrent à peu près ce qu'elles avaient été du temps de Louis XIV, mystérieuses, impénétrables, terribles. M. Saintine les a peintes dans Piccioia, et il n'est pas possible d'ajouter un coup de pinceau à cette peinture vraie et saisissante. Sous la restauration, les prisons perdirent toutà-fait leur caractère solennel, grave et redoutable : un prisonnier, fût-ce un criminel d'état , avait le droit de discuter à grand fracas , par l'organe de la presse ; l'assassin du duc de Berry, Louvel, n'était pas traité autrement qu'un garde national aux arrêts, except? pour les précautions de surveillance; le journaliste Magalon, enchaîné côte à côte avec un galérien qu'on transférait à Bicêtre, fit retentir pendant six mois tous les échos de la polémique quotidienne ; on n'eut point assez de colère et d'indignation contre le pouvoir, qui ordonna la translation de Fontan à Poissy. Depuis la révolution de juillet , cet état de choses a empiré ou