‹ Picciola (volume 4)Chapitre 17 sur 129 · SXXVIII SUR L EMPLOI DU TEMPS · texte numérisé non relu

SXXVIII SUR L EMPLOI DU TEMPS

s'est amélioré, selon le point de vue d'où on l'examine : les prisons les plus épouvantables ont un régime plus doux et plus bénin que celui des collèges de l'université ; on y a des livres., des plumes, de l'encre et du papier plus qu'on n'en peut consommer ; on y fume; on y boit; on y est parfaitement, en un mot, hormis qu'on est en prison. Les régicides Pépin et Fieschi ne tarissaient pas sur tous les égards qu'on avait pour eux, et Dieu sait la chère qu'ils faisaient. Quant aux prisonniers d'état de la citadelle de Ham , ils ont reconnu que la souveraineté du peuple, telle que le gouvernement actuel l'a entendue, n'est pas plus cruelle à l'égard de ses ennemis que la légitimité de la branche aînée envers les siens. On peut dire qu'il n'y a plus de prison d'état possible en France, même au mont Saint-Michel.

Mais la prison d'état, la prison dure, a résisté dans les gouvernemens absolus aux systèmes pénitentiaires des philanthropes, et Sylvio Pellico, sous les plombs de. Venise , nous rappelle les anciens habitans de notre Bastille, et ce noble, ce généreux Andryane, enseveli dix ans, quoique Français, dans le tombeau du Spielberg, nous apprend que les raffinemens barbares de la captivité du baron de Trenck subsistent encore sous la protection de l'empereur d'Autriche ; Andryane, privé de ses livres, écrivait avec la pointe d'une aiguille sur les parois de son cachot, et y recomposait une biblio-»

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