‹ Picciola (volume 4)Chapitre 68 sur 129 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

son triomphe, avec les neuf cents hommes de sa garde consulaire. Puis il appelle toute son attention sur l'un des momens décisifs de la bataille. Les républicains se replient ; mais Desaix vient de paraître sur la route de Tortone. La terrible colonne hongroise , sous les ordres de Zac , s'ébranle pesamment et marche à sa

rencontre

Tandis que l'officier parlait encore, Joséphine s'aperçut d'un léger tumulte autour d'elle. En ayant demandé la cause, elle apprit qu'une jeune fille, après avoir imprudemment franchi la ligne des opérations, au risque d'être mille fois brisée au milieu d'une charge de cavalerie ou par le choc d'un caisson , occasionnait seule ce mouvement, en s'obstinant, malgré la résistance des gardes et les remontrances des dames de la suite, à vouloir pénétrer jusqu'à sa majesté.

En apprenant que l'empereur avait quitté Turin pour Alexandrie, la fille de Ghirardi, — car c'est elle qui , suivie d'un guide, emporte la pétition de Charney, — Teresa resta d'abord anéantie et presque découragée. Mais bientôt elle en revint à songer qu'en ce moment elle tenait entre ses mains, palpitant, l'unique espoir d'un pauvre captif. — < Le comte ignorait toutefois quelle personne s'était chargée de la dangereuse supplique. — Sans tenir compte ni du temps, ni des fatigues , au risque d'arriver trop tard , elle persévéra donc , et signifia au guide que le but de leur course n'était plus Turin, mais Alexandrie.

— C'est deux fois le chemin que nous venons de faire.

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