‹ Picciola (volume 4)Chapitre 9 sur 129 · XXII SUR L EMPLOI DU TEMPS · texte numérisé non relu

XXII SUR L EMPLOI DU TEMPS

de vils animaux : il ne se plaisait qu'avec eux, et maudissait quiconque partageait l'horrible pourpoint de pierre où il croupissait sur la paille : « Il les connaissait tous par les noms qu'il leur avait imposés et les distinguait les uns des autres ; l'un s'appelait iîaf«;?on, l'autre le Goulu, cet autre le Friand, et ainsi des autres. Quand il mangeait, vous voyiez tous ces rats venir autour de son plat faire une musique enragée , pendant que, lui, s'empressait à lesmettre d'accord. «Al- » Ions, Goulu, disait-il à l'un, tu manges trop vite ! laisse «approcher le Friand, qu'il en ait sa part. Pourquoi » as-tu mordu Ratapon ? «Et tachait à policer ces bêtes indociles, comme si elles avaient eu de l'intelligence... « Si j' avais tué quelqu'un de ces vilains animaux, dit le témoin occulaire, il m'aurait sauté à la gorge. C'était un plaisir qui m'a diverti bien des fois, de lui voir appeler ces bêtes par leurs noms. Vousles voyiez sortir de leurs crevasses, comme pour venir recevoir ses ordres : il leur donnait un petit morceau de pain ; après quoi, il les renvoyait dans leurs trous en les frappant d'un petit coup sur la queue. »

Les rats et les souris jouaient un grand rôle dans les passe-temps et les affections des prisonniers ; mais lorsque la spirituelle mademoiselle de Launay, plus connue sous le nom de madame de Staal, fut conduite à la Bastille par la découverte de la conspiration Cella-

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