ACTE TROISIEME
Contre le loup ravisseur,
Ne sut pas garder son cœur !...
Ah ! ma pauvre bergère!
Ton cœur valait, ma chère, Bien mieux que tes moutons !
Redescendant à droite.
Le voleur, faut-il le dire, Était un rapin français !
Car pour plaire et pour séduire, Les rapins sont toujours prêts !
Et maintenant, messieurs, si vous avez bon cœur, Plaignez, plaignez le sort... du pauvre séducteur. Que va-t-il faire De sa bergère?...
TOUS
Que va-t-il faire De sa bergère?...
Pauvre garçon !... Mais tout rapin Est un malin !...
Elle revient au chevalet.
Crac ! il fait asseoir sa belle Sur un rocher : « Mon amour, Lui dit-il, sois-moi fidèle, Je reviens au premier jour.
Deux joyeux violons en tête, Te ramenant mes parents, Dans leurs beaux habits de fête, Avec bouquets et rubans !
Tra la la la... »
Il l'embrasse et part en courant Sans se retourner seulement...
Qu'allait donc faire
Notre bergère?
Qu'allait donc faire Notre bergère ?
MARTHE, s'appuyant sur son chevalet et avec une émotion croissante qui va jusqu'aux sanglots, tandis que tous, surpris, se lèvent, se regardent, trèssurpris de cette émotion, sauf Frédéric qui, tout à son travail, ne prê'.e au récit qu'une oreille distraite.
Elle attendit le lendemain.
Elle attendit toujours, ô naïve folie !... Les yeux tournés vers le chemin.
Au lieu de se dire : Il m'oublie...
Gagnant la croite.
Il a menti, cet ingrat que j'aimais, Il ne reviendra jamais î Jamais !
COMÈTE
Tu pleures?...
Moi, mes amis, Je ris, je ris!...
Aux larmes !... Ah ! ah ! ah ! ah ! 11 était un' bergère Et ron ! et ron ! petit patapon!...
FRÉDÉRIC, à Marthe, et toujours occupé à peindre.
Et quelle diable d'histoire nous contes-tu là?
MARTHE, le regardant avec anxiété.
Oh! une histoire? — Dites un conte inventé à plaisir.
FRÉDÉRIC, à part.
A la bonne heure!... mais qui n'a pas le sens commun!
MARTHE, à part.
Il a tOUt Oublié! (Musique de carnaval au fond.)