‹ Piccolino; opéra-comique en trois actesChapitre 39 sur 139 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

TIDMANN, insistant et la suivant, avec plus de chaleur.

« . . . C'est elle qui m'a fermé son cœur... »

MARTHE, de plus en plus émue.

Oh! monsieur!...

TIDMAJNN, môme j-'u.

«... Et qui n'a pas voulu se dire ma fille! Comme si elle s'était reconnue indigne de l'être !... »

MARTHE, s'oubliant.

Ah! c'est vrai!...

TIDMANN.

C'est vrai?...

MARTHE

Ah! monsieur Tidmann!...

TIDMANN.

Parlez!...

MARTHE, fondant en larmes.

Oh! il est trop tard! il est trop tard! (Eue tombe à genoux.)

TIDMANN.

Trop tard!... (Silence de Marthe qui pleure pour toute réponse. Il

reprend d'une voix altérée. ) Malheureuse enfant ! . . . Relevez-vous ! . . • Et pour votre honneur, taisez-vous!... Plus bas!... plus

bas!... (il l'entraîne vers le fauteuil à droite, où il tombe assis.)

MARTHE, à genoux et cachant son visage dans ses mains.

Ah! monsieur Tidmann, pardonnez-moi!

TIDxMANN, attéré.

Mais ma maison est honnête... Tout ce qui m'entoure... Ce ne peut être ici...

MARTHE, vivement.

Oh! non! »

TIDMAXN.

C'est donc à la ferme ? (signe affirmatif.) Peu de temps avant TOtre départ?

MARTHE, sans voix.

Deux mois avant...

TIDMANN.

Et cet homme... est-il du pays? (Signe que non.) Non! c'est un étranger?...

MARTHE, de même.

Un Français!... un peintre!...

TIDMANN, frappé d'une idée subite.

Celui?... Ce Frédéric?

MARTHE, l'interrompant.

Oui... lui! lui... Il est resté six semaines là-haut! Il venait dessiner dans le bois, où j'allais souvent avec mes chèvres... Il était si bon... si doux! — Il ne parlait que de m'épouser... Et il m'aimait tant!... monsieur Tidmann. (Désespérée.) Il m'aimait tant!... Il n'est pas possible qu'il ne m'aime plus !

Et il vous a quittée? — Voyons, courage! mon enfant! (La forçant à se relever.) Il faut tout me dire ! Il est parti?

MARTHE, debout, avec effort.

Oui... il est parti !... Il est parti, en me jurant qu'il serait de retour dans un mois!... Il disait qu'il allait retourner chez ses parents pour demander leur consentement au mariage; et puis qu'il viendrait me chercher...* Je croyais tout, moi : puisqu'il m'avait déjà donné son anneau ^u^tcnJuA^^fiYtc Sr^y*^ ^c Tenez ! le voilà!... J'ai attendu un mois, et cela me paraisy sait bien long déjà. C'est alors que vous êtes venu me chercher. J'étais bien contente, parce que je me disais : Je vais étudier, maintenant, et quand il arrivera, il sera

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