‹ Piceunec le mauditChapitre 12 sur 40 · FI0OIT5OO LE HA0DIT · texte numérisé non relu

FI0OIT5OO LE HA0DIT

gae tn n'es pas né dans les bois, et gne ta es ou en&nt des peaples civilisés, au nom de la mère qoi t'a donné le jour, rends-moi donc la liberté, et jamais, je le jore, je ne ferai rien contre la tribn qui t'a choisi poar son maître.

— Lft mère qui m'a donné le jour a bien en tort, répondit, en français, le chef un peu sarpiis — et toi, tu as en tort aussi de tomber entre mes mains.

— Pourquoi cette vengeance ? je ne t'ai jamais fait de mal.

— Si ce n'est pas toi, c'est quelqu'un des iens,

— Comment ? mais il y a une justice,

— Une justice ! oui ! au bout de ma carabine. Ah ! je l'ai jnré que je me vengerais ! et je voudrais bien que tous ceux à qui je garde

rancune passassent à la portée de mon bras!

N'importe ? en attendant, puisque ceur que je déteste ne viennent pas jusqu'ici chercher leur punition, je m'assouvis sur les imprudents gui, comme toi, tombent dans mes tiiets.

— De quelle place viens-tu ? chef.

— Oéla ne ie regarde en rien.

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—Connais-tu le grand-trappeur ? demanda, à stin tour, le chef.

—Cela ne te regarde en rien, dit Baptiste.

—Le feux indien se mordit les lèvres et ses. yeux lancèrent un êolair de feu.

— Ce maudit-là, continua-t-il, me le paiera, si je le poigne une bo^e fois !

—C'est qu'il n'est pas aisé à prendre.

—Tu le connais donc ?

—Je l'ai TU, un jour du mois de mai dernier, Écraser du bout du doigt, à ses genoux, un chef traître, un ravisseur de fille, et lui faire demander pardon. ..et je l'ai vu lui pardonner 8on crime.

Le renégat rougît sous son masque de enivre.

Les sauvages écoutaient avec une certaine inquiétude cette conversation dont ils ne comprenaient pas un mot. Ils avaient peur d'être trahis et de perdre leur victime, car ils devinaient bien que leur 6bef et le prisonnier étaient de la même nationalité. Les femmes surtout se montraient inquiètes : L'une d'elles que Baptiste reconnut et qui n'appartenait

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pas à cette tribu hostile, s'approcha du renégat et Itû parla longtemps. Le nhef les rassnra alors et lear dit de ne rien craindre, qae le prisonnier subirait la mort, dès l'arri- . vée à la rivière Claire. A cette nouvelle promesse un cri de joie immense lit retentir an loin la forêt.

— Well ! well ! nous autres trouverez eux bientôt, puisque ils sont asses itioupides pour cry ttp si fort.

— Bene .' bene '. fusillabimws omnesl nous les Tusillerons tous s'ils continuent à se trahir.

Le premier était un trappeur anglais, le second, notre ami Paal, ou l'ex-élève. 11 y en avait deux autres. Un grand et robuste gaillard à l'air triste et sévère ; un petit homme rond et joyeux alerte et plaisant.

L'ex-élève se voyant perdu, avait joué au plus tin avec le sauvage, et, au premier coup de fusil, il s'était jeté la face contre terre et les bras tendus. Bien lui en prit, car sou compagnon fut vite appréhendé, comme l'on sait, et menacé d'un long martyre et d'une niort certaine. Paul se doutait bien que les Oou-

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teanx jaunes courraient tous après Baptiste pour lesaisirvif, et ne s'occuperaient qu'ensuite du mort. Dès qn'il les vit entourer l'infortuné trappeur, son compagnon, il se lera, saisit sa carabine et s'élança sous la forêt.

Quelques uns de mes lecteurs seraient peutêtre tentés de blâmer la conduite de l' ex-élève en cette circonstance ; ils auraient aimé le voir défendre son camarade au prix de sa vie, tuer deux ou trois visages de cuivre et tomber ensuite pour ne plus se relever. L'ex-élèveétait brave et dévoué ; de plus il était prudent. Si sa mort eut pu servir à quelque chose, il serait fait tuer n'en doutez pas ; mais avec les indiens comme avec les blancs il faut surtout employer la ruse : c'est l'arme la plus redou- , table, et le plus sûr moyen de triompher. L'ez-élève n'oublia pas son camarade.

A cette époque de l'année, de nombreux partis de chaleurs se dirigeaient vers le nord. Ils allaient passer l'hiver dans les parages du grand fleuve Mackenzie, pour chasser le rennes, l'élan, l'orignal, mais surfout le vison, la marte, et autres animaux à riches fourrures. L'ex-élève savait que la plupart des

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trappeur» traversent la région oô il passait Inimême, ponr se rendre à la rivière Claire. Il fit, arec la lame de son couteau, de distance €11 distance, une croix but l'écorce des bouleaux. Cette croix avait une signification connue des trappeurs, elle annonçait l'ennemi. Et plus elle était grande et pins l'ennemi était proche. Et dans l'écorce du même arbre un trou indiquait le côté où devait se trouver cet ennemi. Tout en traçant ses hiéroglyphes, il songeait à son malheureux compagnon et se mettait l'esprit à la torture pour imaginer un moyen de le sauver. La faim déchirait ses entrailles, car il n'avait pas mangé depuis sa ■ rencontre avec les Couteaux-jaunes. Il tendit quelques collets, car il eut été imprudent de tirer des coups de fusils ;, c'eut été appeler ses ennemie. Au pied d'un chêne feuillu s'étendait une nappe de mousse et de verdure ; il se laissa choir sur cette conche séduisante, puie, un moment après, sentant qu'il avait sommeil, il se mit à genoux et fit au seigneur une fervente prière. Alors confiant dans la protection céleste, il s'endormit.

Une détonation sondaine l'éveilla après deux heures de repos. Il se leva d'un bond, et,

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croyant les aanvagea à sa ponrsuite, se mit à fuir au hasard. Il avait à peine franchi quelque cent pieds qu'ii se trouva eu face de trois hommes. Il ne put s'empêcher, dans sasurprise et sa joie, de lâcher un mot latin : 0 quam felix ! Le plus grand dee trois chasseurs, le chef, eut comme un soubresaut d'étonnement en entendant cette roix et ce latin ; un autre dit:

— He speaks latin comme une vache espagnole. .Le troisième, plus étonné que les antres, s'écria:

— Comment 'i tous me connaissez ? Mais diable! qui êtes-vous donc. Je ne vous remets pas moi ?

— Pardon, chasseur, je ne vous connais pas du tout, mais loin du pays, au milieu des solitudes sauvages, tous les chasseurs blancs sont amis.

— Vous ne me connaissez pas, dites vous, mais vous savez mon nom, puisque vous vous êtes écrié eji me voyant: Oh! tiens ! Félix!

L'ex-élère et les chasseurs éclatèrent ^e rire, à la grande stupéfaction de Félir.

— C'est un mot latin que j'ai jeté au vent

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reprit l'ex-élève; cela m'échappe encore parfois dans lea grandes circonstances. J"e ne savais pas que je prononçais votre nom. Vous Toas appelez donc Félix ?

— Félix Rivard, pour vous obéir.

Vous êtes donc un savant, vous l'ami ? demanda le premier des trappeurs avec une indifférence mal diBsimnlée.

— J'ai été au séminaire de Québec, dans mon enfance......

— Au séminaire de Québec! Et après?

— Après ! dans les chantiers de la Gatineau.

Une émotion extraordinaire s'empara da chef des coureurs, une sueur froide perla sur ses tempes qu'il essuya du revers de sa main, et ses yenx se fixèrent avec une attention, extrême sur le nouveau chasseur.

— J'ai faim, dit IVi-élève, avez vous quelque gibier à me mettre sous la dent ?

■ — Une perdrix, deux perdrix même, que Félix vient de tuer.

— Heureuses perdrix ! heureux coup de fusil qui m'a éveillé et me donne trois braves compagnons pour remplacer celai que je riens de perdre

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— Vons avez perda votre camarade ? comment cela ? qai était-il ?

— Vite, allumez nn petit feu ponr faire rôtir mon dîner, et je voas conte, en deux mots notre histoire.

L'anglais dit : C'est moi allnme the f-re and cook the perdrii. Et il se mit à l'œuvre.

— Un parti de Conteanijanncs nous a poursuivis et rejoints anssi, puisque l'an de nous deux est prisonnier. Si je n'avais pas fait le mort, ça y étail. Nous avons passé la nuit dans le faîte d'un arbre comme des corbeaux, et ies chenapans de sauvages sont venus camper à nos pieds. Si nous étions restés dans notre cachette cinq minutes de plus, nous étions sauvés, raconte l'ex-élève.

— Et pourquoi n'y êtes-vous pas restés ?

— Nous les pensions décampes,

— Sont-ils nombreux ?

— Vingt cinq, sans les femmes.

• — Nous ne sommes que quatre

— Si nous pouvions délivrer ce pauvre Baptiste nous serions cinq.

—Baptiste?

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— Oui, le connaissez-vous 1

— C'est un brave ! Il nous a laissés au lac Supérieur, il y a un mois enriroQ. None aroQS protégé tous deux, alors, contre l'amour d'nu chef crueJ, d'un renégat, d'un blanc qui s'est fait sauTi^, une jenue iiUe Lithchanrée.

— Que dites-vous là ? Mais ce chef, c'est lai qui guide et commande la troupe à laquelle je n'ai échappé que par miracle, et qui emmène prisonnier mon cher camarade.

— Ce doit être lui en effet, le Hibou blanc, le chef des Couteaux-jaunes ! En marche alors !

— Vous êtes donc celui qu'on appelle^ le grand-trappeur? demanda, avec une sorte de respect, l'ex-élère.

— Oh yes '. Ihat is the man, reprit vivement l'anglais, c'est ça le grrrande chasseur, le grrrande-trappeur ! Tu vas voir!

— Il est l'effroi des sauvages, ajouta Félii.

— Il y a bien longtemps que j'entends parler de vous, reprit l'cx-élève, et je suis heureux

de faire votre connaissance si vous voulez

nous chasserons ensemble

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— Je le veux, dit le grand-trappear. Et il tendit e& main loyale an nonrean compagnoa.

— Maintenant, mes perdrix. Pour que je TOUS saive il me faut un peu de leste dans l'estomac, in stomacho meo !

Le grand-trappeur sourit et nne larme apparat dans son œil mélancolique.

— Le nouveau camarade il est drôle comme nn devil, observa en riant le trappenr anglais.

L'ex-élève eut vite fait son repas : Une gorgée d'eau maintenant, pour me rincer le palais, dit-il, et lilous I

— Les Ooateaux-j aunes ne sont donc pas loin ? demanda le grand- trappeur.

— A quelques heures seulement.

— Dans la direction nord, si j'en juge par la marque que vous avez faite sur les bouleaux, car je suppose qu'elle est de vous.

— En effet. Ils se dirigent sans doute vers le lac noir par où ils ont coutume de passer.

— Ils iront peut-être à l'embouchure de la rivière Claire pour faire la pèche, et se donner le luxe d'un festin, avant de s'enfoncer plus avant dans la forêt, observa Félix Rirard,

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— OMpes, dit l'anglais, car îla ont vmck wiskp.

— ils ont coutume de faire La traite à la baie d'Hudson; j'ai entendu parler d'eux an fort d'York, dit l'ex-élève. ,

—Il faut marcher vite, reprit le grandtrappeur, et 8e rendre à ia rivière Âthabaeka. Si nouB ne les tronrons pas là, nous passerons par le fort Pierre à Calumet pour acheter de la poudre et des balles.

— Mon Dieu ! ilBjauront peutêtre tué mou pauvre compagnon de chasse, et nous arriverons trop tard.

— Il sont trop barbares, répliqua le grandtrappeur, et se complaisent trop dans les souffrances de leurs victimes pour les immoler si tôt. Ce n'est pas durant la marche qu'ils tuent leurs prisonniers ; ils s'arrêtent, boivent, mangent et dansent, d'abord, sous les yeux du condamné, et pais, quand ils sont las desjouiaeances ordinaires, ils ae gorgent de sang.

—Gtod dam ! frémit l'anglais en serrant sa carabine.

Us marchaient depuis quelques heures à peina, quand ils entendirent la clameur joyeuse de»

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indiens à qui le Hibon bisnc annonçait le sapplice prochain de Bapticte.

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