‹ Piceunec le mauditChapitre 26 sur 40 · PIOODNOO LI U AD DIT · texte numérisé non relu

PIOODNOO LI U AD DIT

tode on distrantion, car le cœar était par et ta confession avait été bonne.

Cependant le Hibou-blanc comptait sar ses noDTeaus alliés poar apaiser les canadiens. Et il n'avait pas tort. Quand l'ex-élève et ses amis connurent les dispositions des Litchanrés, ils se dirent qu'ils n'avaient plus rien à voir dans les affaires de ces indiens : mais restait toujours le grand-trappeur qui n'était pas assez vengé.

Le lendemain matin, le Hibou-blanc, fier et insolent, se rendit à la tente d'iréma, qui ne pouvait se résoudre à partir, et, moitié menaçant, moitié doucereoï, il l'entraîna vers lefort. Couteaux-jaunes et Litchanrés suivirent en chantant et dansant. Iréma fondait en larmes quand elle entra dans l'humble chapelle en bois rond. Le niissionnaire supplia le Hibou-blanc de rendre à la pauvre indienne la promesse arrachée dans un moment fatal.

— J'ai attendu assez longtemps, dit le Hiboublanc, vos prières sont inutiles.

— Mais cette femme ne vous aime pas.

— Elle a promis de m'épouser !

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—Tons la rendrez malhenreoBe et voas serez malhenreni vons-même.

—C'est mon affaire.

Les chassears canadiens étaient là, bondissant de rage, mais n'osant parler haut sans per-

-^'il était à la porte ! grinça l'ex-élèTe.

— Il ne l'anra pas longtemps ! fit Baptiste....

— A nous quatre, dît Félix, on peut en tordre joliment de ces Hiboui.

— Upon my soûl ! murmura John en serrant les poings,

— Vous n'êtes pas indien? demanda le mienonnaire au vieux chef.

Le renégat fit un pas en arrière, et devint livide.

—Qui vous a dit cela ? repliqua-t-il.

— Ceux qui vous connaissent, repartit le prêtre.

Le Hibou-blano promena autour de lui un regard anxieux ; il aperçut les chasseurs Ca- Qadions et se mjt à trembler de rage : Je suis libre de viv^e ici ou ailleurs, et de la feçon qu'il me plaît, répondit-il an missionnaire.

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— C'est vrai, mais je ii '.'liais vous marier sans savoir votre nom.

Le Hibon-blanc passa sa main ridée sur son front couvert de sueurs, il hésita une minute, puis, à la fin, convaincu que personne, au milieu de cette solitude lointaine, ne le connaissait ou n'avait entendu parler de lui, il reprit son assurance arrogante et dit à haute voix: Je m'appelle José Kacette !

— Racette! crièrent deux échos

Une angoisse horrible saisit le vieux chef. Il se maudit d'avoir été assez bête pour dire son nom, car il vit qu'il était connu. L'exéléve et Baptiste s'étaient approchée, la terreur ou la colère peinte sur I9 figure. Ils ne di* salent rien et regardaient avec une fixité brûlante le vieux renégat. D'un autre côté, une jeune religieuse, l'amie d'Iréma, s'était affaissée

sur le sol On se hâta de lui porter secours.

Bile reprit ses sens, mais ses yeux se détournèrent avec horreur de Eacette, et se reposèreut avec pitié sur Iréma.

—Que veut dire ceci? demanda le prêtre; que ceux qui savent quelque <^08e parlent! Je le permets, et Dieu le veut

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Alors l'ei-élève s'écria, conteut- de donner cours à son indignation :

— Kacette ! quoi ! c'est vous, mÎBérablo ! vous, on voleur de grand chemin ! un ravisseur de jeunes filles, nu assassin ! un échappé du pénitencier ! qui vous cachez ainsi sous le iubkque de l'indien pour échapper à la justice des hommes,' et continuer vos œuvres damnées 1 ah ! si le prêtre me le permet, vous ne tuerez plus personne! Et, disant cela, il levait sou bras armé du terrible couteau. Ses. compa^^noiis l'encourageaient de leurs frémissemeata. Le prêtre l'arrêta ,

— Etes-vous chrétien ? dit-il avec force, estce ainsi que vous pratiquez la charité ?

— L'a-t-il pratiquée, lui, le maudit! quand il s'est l'ait voleur ? quand il a enlevé une enfant (le do'.ize ans? quand il s'est caché dans une cave pour tuer Djos! Djos, mon ami, Djos le pèlerin deSte. Anne? L'a-t-il pratiquée encore dernièrement quand il a tué le grandtrappeur.

— Il a tué le grand-trappeur ? demanda le prêtre avec émotion.

— Je ne l'ai pas tué, répondit Bacette, pois-

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que voilà le prix de sa liberté. 11 montrait Iréma.

— Où est-it le granâ-trappear? demanda le missionnaire.

— Uans la forêt, libre et henreni, répliqua le Hibou-blanc.

— Ici ! répondit une voix sonore.

TouB les yenx se tournèrent dn côté d'où venait la voix. Un cri s'éleva: Le grandtrappeur !

En effet, le grand-trappeur entrait.

L'ex-élève, Baptiste, John et Félix se précipitèrent vers leur compagnon et le pressèrent dans leurs bras avec toas les transports de la plus vive ivresse.

— Vons voyez qu'il est vivant et libre, reprit Racette avec une audace incroyable, vous savez mon nom, monsieur le missionnaire, marier-nous !

Iréma poussa une plainte profonde.

—Mon Dieu ! mon Dieu ! dit-elle, il faut donc qno je me sacrifie ? Mais il est sanvê !

— Iréma, s'écria le grand-trappeur, pauvre enfant! console-toi!

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— Je me consolerai pnisqae je Tons ai sauvé la vie, même en perdant ïe bonhear et la liborté.

— Que veux-ta dire, Iréma ?

Le prêtre répondit : Elle a promis d'épouser le chef, s'il voua rendait la liberté

— Le traître 1 gronda le grand-trappeur, il avait embusqué ses guerriers pour m'assassiner.

TJn frisson d'horreur coarnt dans l'assemblée.

La jeune religieuse, revenue de son évanouissement, mais encore livide de surprise et de penr, écoutait en frémissant les révélations de toutes sortes.

— Tu es libre, dit le missionnaire à la jeune Iréma, tu peux épouser le mari de ton choix.

La jeune fille, folle de joie, se jeta dans les bras de la sœur St. Joseph.

— Vous, Hibou-blanc, continua le missionnaire, reprenez votre nom de José Racette et allez vous faire peudre ailleurs.

— Eacette ! José Racette ! hurla le grandtrappeur.

— lih bien ! oui ! repartit le renégat avec cynisme, ce nom-là te fait-il penr aussi ?

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— Racette ! José Racette ! le maître d'école !

— Oai! Kacette, José Racette, le maître d'écolo! répéta, en se moqaant, le vleaz chef.

— Misérable! je te trouverai donc tonjours sar mon chemin ? vociféra le grand-trappeai.

— Et toi, qui es-ta donc ? demanda le Hiboa-blanc.

— Moi ! moi ! qu'est-ce que cela te fait ?

Va-t-en, ou

— Vous connaissez Racette ? demanda l'eiélève au grand-trappeur.

— Hélas ! si je l'ai connu !

— Pas mieux que moi, toujours! Si vous saviez tout le mal qu'il a fait ! Si vous saviez comme il a persécuté le meilleur de mes amis, Djos, le pèlerin de Ste. Aune I

Une pâleur affreuse couvrit la figure honnête du trappeur. L'ex-élève continua: Pauvre Djos! s'il n'avait pas eu tant d'ennemis il vivrait encore sans doute et serait heureux !.. son enfant ne serait point orphelin, sa femme ne serait pas veuve!

—Sa femme veuve ! fit le grand-trappeur, d'une voix étranglée.

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— VeuTS dspois vingt aus passis, roprit l'ex-élève — si elle ne s'est pas rûnaiiée, bien entendu

— Tn te trompes, mon ami, repartit le grandtrappenr, toal frémissant, Djos a taÊ sa femme dans nn moment de folie

— Sa femme ? s'il l'avait tuée je ne l'snrate pas vne, je ne lui aurais pas parlé il y a cinq

ans! c'est la femme de Ficounoc qu'il a

tuée et encore on ne sait pas si c'est lui

qui l'a tuée

Le grand-trappenr, défait, tremblant comme nn homme qui tombe épuisé par les tortures, s'appuya sur ses amis Baptiste et l'ex^êLèTe. L'eau ruisselait froide de ses tempeé, et ses dents claquaient. L' ex-élève continua : Moi, j'ai toujours cru que Picounoc avait tué sa femme lui-même et peut-être tué Djos aussi, car il aimait Noémie, la femme de Djoa, et quand on aime comme cela

— Pitié ! mon Dieu ! pitié ! s'écria tout-èçonp le grand-trappenr. Et il tomba à genoux les mains levées vers le ciel.

— Qn'avez-vous donc ? demanda le missionnaire.

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378 WOODBOC L» MADDIT.

Tout le monde ]e regardait arec étoimement. La jeune roligieuse s'était levée.

— Noémie \ Koêmie \ s'écria-t-il de noave&a, me pardonneras-ta ? me pardonneras-tu ?

La etapeor se pei^it snr tontes les figures ; on sentit an fnsson courir dans la fonle

— Noémie, reprit-il, ô ma femme bien aimée !

— 8a femme.? murmnre-t-on de toutes paris.

— Djos ! le Pèlerin de Ste Anne ! c'est moi !.. oui. ..c'est moi! ajouta le grand-trappeur.

— Toi, s'écrièrent ensemble l'exélève et Baptiste !

— Lui! dirent les autres.

— Mon frère ! mon frère ! exclama une voii douce et frémissante.

Et, de nouveau, les vieux amis se serrèrent cœur contre cœur.

— Elle n'est pas morte ! je ne l'ai pas tnée! disait, au milieu de ses sanglots, le grand-trappeur! Elle n'est pas morte! Je ne l'ai pas

tnée!

— Mon frère î mon frère ! s'écria de nonvean la donce Toix de femme ! Et nne jeune relier.! :.-:ij,CiOotjl>j

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gieuae, s'échappant des braa d'Iréma, vint tomber dans ceux du grand-trappeur ;

— Je suis Marie- Louise, ta petite sœur Marie-Louise !

— Marie-Louise ! tu es Marie-Louise ? Ah ■' Mon Dieu! Mon Dieu! et le grand-trappeur, fort contre les tortures, fort contre le malheur, s'affaissa lourdement sous le poids de son

étrange , félicité Le Hibou blanc se

glissa dehors ; plusieurs l'entendirent crier.

— Malédiction ! malédiction ! je l'ai tenu un jour et je l'ai laissé échapper.

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