‹ Piceunec le mauditChapitre 5 sur 40 · LE RENDEZ-VOUS · texte numérisé non relu

LE RENDEZ-VOUS

Yoyaiit sa femme toujonrs triste, pieuse et sonmise, Joseph commença à croire qu'il l'avait soupçonnée à tort ou qu'elle revenait à lui. Xoémie renaissait à l'espérance, car elle trouvait son mari moins indiffèrent, moin^ sombre. Elle surprenait parfois un sourire sur ses lèvres, un soupir dans sou cœar. Picouuoo observait les époux.

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PIOOCMOO LB MATTDIT.

— Batisoan ! se dit-il, à part soi, un soir qu'il avait veillé avec eux, il est temps d'agir, si je ue venx perdre la partie.

Il se mit à viFiter plus souvent ses jeunes voisins, s'efforçant de leur être agréable eu tontes manières. Ujos était prévenu et faisait bonne garde. Cependant il s'absentait souvent pour aller au champ, ou au moulin, ou au marché; caries cultivateurs doivent voir à ce que leurs récoltes soient sauvées en bon ordre et bien vendues. Picounoc guettait le moment ou Ifoémie restait seule pour aller, 80U8 nn prétexte quelconque, la voir et lui parler. U connaissait sa vertu et ne disait jamais rien qbi put l'ctfaroucher. Mais il payait la petite Mercier pour raconter à Djos ses visites fréquentes. Et, comme l'on aime à dire du mal, la petite Mercier en disait pour plus que son argent. A la lin Djos en prit ombrage :

— Si tu veux que nous restions amis, dit-il à Picounoc, viens un peu moins souvent chez moi quand ma femme est seule.

— Ah! tu as peur ! Laisse-moi faire; je suis en train de te prouver la justesse de mon juge-

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ment sur les femmes en général et ia tienne en

particulier Ta femme m'aime.

' — Ta mens !

— Je te le prouverai.

To n'en es pas capable comment ?

— Comme je voudrai. Elle viendra où je l'appellerai, et à l'heure qu'il me plaira.

— Je vous tue tous les deux.

— Arrête, Djos, tu ne raisonnes pas; souvienstoi que je t'ai dit que mon amitié te protège, comme elle protège ta femme. Je n'abuserai pas de la faiblesse de Noémie, ni de sa folle passion. Je te dirai l'heure et le lieu, et tu serfts là.

— Si elle me trompe, si elle s'oublie jnsqn'à oser te rencontrer quelque part, je la tuerai, entends-tu ? oui ! je la tuerai là, comme une chienne, et tu serasi témoin de ma vengeance.

Picounoc souriait.

— Et de ton innocence dit-il, puisqu'un mari n'est pas coupable quand il se permet de ces corrections.

— Je me liche pas mal d'être coupable ou non.

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—Quand veux-tu que cette épreuve ait lieu ?

— Quaud tu voudras

— Je t'avertirai

Djos était dans une snrrexitation terrible. Il allait donc eniin avoir la preuve de l'infidélité de sa femme...i..Oh! quelles angoisses déchiraient son âme ! II ne dormait plus, ou s'éveillait en proie à d'affreux cauchemars ; il ne mangeait plus et dépérissait comme Ja plante que la rosée ne rafraîchit pas, que le soleil ne réchauffe jamais. Parfois il avait envie de se sauver pour n'être pas témoin de sa honte, et, parfois, il était tenté de tuer sa femme et de se tuer lui-même ensuite. Mais le doute surgissait toujours: Si elle n'était pas coupable !....Et l'enfant, que deviendrait-il ? Ce chérubin vermeil comme il sonrit pendant que son père pleure et gémit! Pourquoi ce délai si Long? S'il tant être plongé dans le profond de l'abîme autant vaut y tomber de suite. Rien d'insupportable comme la perspective ou l'attente d'une calamité.

Déjà plus d'un mois s'est e'écoulé depuis que Ficonnoc a déclaré à son amt qu'il allait le convaincre de l'inËdélité de sa femme, et

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chaque jour augmente la souffrance et le ressentiment du mari jaloux. II est derenn irritable et sa maison, si remplie de joies et de charmes autrefois, est pour lui maintenant un lieu d'ennuis et de malédictions, Pîcounoc le s.iît et prolonge à dessein ce martyre. La fête de l'égliçe arrivait. C'est la coiitume, pour les gens de la paroisse, d'aller à confesse et de communier à cette grande fêle. Et, par toutes les routes, les femmes pieuses, les jeunes filles, et les hommes aussi, merci à Dieu, se dirigent, dès la veille, vers l'église pour se confesser le soir, ou le matin de bonne heure, Noémie partit comme bien d'autres: mais ne pouvant laisser son enfant seul, elle demanda pour garder en son absence, Héloïse Hamel, la petite José-Antoine, comme on la nommait toujours. Djos la vit partir avec satisfaction. Elle étrennait son châle neuf, et elle était bien belle ainsi drapée dans cette magnifique étofïe. Les compliments ne lui furent pas ménagés, et peut-être dutelle ajouter à sa confession quelques pensées de vanité.

La fête de l'église tombe, chez nous, le 25 de septembre. La brunante arrive de bonne

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henre alors et les Boîrées colhnieDCent à s'allonger. Parfois il fait un temps ravissant, parfois la pluie tombe en abondance. Cette fois, on se serait cru en juillet tant le soleil était chaud.

Picounoc avait vu s'éloigner Noémie, il aborda Djoa et lui dit d'un ton moqueur :

— Eh bien ! es-tu prêt à subir l'épreuve ?

— Tu choisis mal le moment, repartit Djos d'un air triomphant, elle est allée à l'église.

— Je le sais.

Ce je le sais, dit sèchement, fit perdre"! coutenaiice à Joseph. Cependant il ajouta :

— Comment vas-tu faire alors ?

— Suis- moi,

Djos obéit machinalement. Il suivît Picounoc pendant une dizaine de minutes:

— Où me mènes-tu î demandait-il de temps à autres.

En arrière de la maison de Picounoc, à quelques arpents, se trouvait un jardin planté d'arbres fruitiers. Les pruniers entremêlaient leurs branches serrées, ,les pommiers arrondissaient eu dômes leurs cimes chargées de

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PrOODKOO-LE M4DDIT

, les gadelliers formaient nne haie ronge rte le long de la clôture, et quelques !s cerisiers élevaient, au desous de tout, têtes chargées de grappes de pourpre.

2SS arbres iegnzoïiétait épais et moelleux. sait bon de B'y reposer quand le soleil it les prairies. Le soir, les ombres a'enênt vite aux pieds des troncs épars, sous Beaux touffus. Picouuoc conduisit Joseph ce jardin ;

teste ici, lui dit-il, et ne boug^î pas : il ttendrc un peu ; mange des pommes pour sennuyer.

St toi, où vas-tu ?

Lu devant de ta femme.

Sst-ce qu'elle doit ,

^enir ici, moucher

?u te moques de moi, je le vois bien

"est elle qui se moque de toi et de-

ÎUe n'est pas allée à confesse V

lest un prétexte comprends-tu î

Dmprendras tout à l'heure, pauvre ami.

e, dit-il, ieignant la surprise, qui a mis ce

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bois ici ? — il montrait an tas de rondins de bois franc, jetés près de la clôture, en dehors — on l'aura oablié.

Djos se pencha, prit un rondin et le fit tournoyer au bout de son bras.

-^Cela frapperait bien, dit-il.

— Oai, mais un peu trop fort ça pourrait

tuer, repartit Pieounoc, et il sortit du jardin.

Djos était ahuri.

— C'est peut-être un tour, pensa-t-il... Il sait

que je suis jaloux et s'amuse à mes dépens

pourtant c'est un bon ami et il ne m'a Jamais trompé... Ah! la malheureuselsi elle vient! — et il brandissait son bâton.— je me vengerai! un mari outragé a bien le droit de se venger..

11 attendait depuis assez longtemps, et n'était pas loin de croire à une mystification, quand il entendit parler et vit deas personnes s'avancer par le sentier. Il sentit le froid courir dans ses veines et se mit à trembler. 11 éprouvait l'angoisse horrible du condamné qui aperçoit l'échafaud. Feut-étre même eutil moins souffert s'il eut marché à la mort ; car il y a quelque chose de plus douloureux, de plus désespérant que la taort, c'est le

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déshonneur. Il s'appuya contre la clôture, et ses yeux, regardant à travers les branches TioiruB, se Ëxèrent sur les anteurs de son supplice qui s'approchaient comme deux ombres.

Picounoc avait dit à sa femme :

— Il faut jouer un tour à Djos. Tu sais comme il est jaloux et comme la jalousie le rend ridicule. J'ai un moyen de le guérir. Je lui ai dit que j'avais xm rendez-vous, ce soir, avec Noémie, dans le jardin. Il m'a cru sur parole, et, bien que Noémie soit ii l'église, il s'attend à la voir venir sous les pommiers, se faire conter fleurette. Il est là qui épie, avec des yeux ardents, le moment de notre arrivée. Il s'est préparé comme un curé la veille d'une grande fête, et veut lui faire un sermon comme elle n'en a jamais entendu, sur les devoirs de la femme, et les suites funestes de l'amour. Yiens, et, quand il sera au plus beau de son

zèle, tu te feras connaître Ça sera drôle de

voir la ligure qu'il fera ; jamais jaloux n'aura été mieux pris. Et puis j'ai un cadeau à te faire un beau châle pareil à celui de Noémie.

—Un beau châie ? Montre donc !

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PiOOUMOO LE MAODIT. 117

— Tiens! mets-le sur tes épanles

— Djos ne, le verra pas, il fait trop noir.

— J'aUiimerai une allumette exprès, à un

moment donné Tu ne me parleras pas,

mais tu feras de gros soupirs Je t'appellerai

Noémie, je t'embrasserai Oh! comme il sera

bien joué, le pauvre fou ! et c'est assez de cela pour le guérir.

Aglaé s'enveloppa, souriante, dans son magnifique châle et suivit son mari au jardin.

— Je t'aime ! disait Picounoc en passant sous les arbres ombreux.

La brûlante déclaration fut suivie d'un

profond soupir Les rameaux s'agitaient au

passage des amoureux, et, quelques fruits piùrs, pommes et prunes, roulaient avec un bruit léger sur le gazon.

Djos avait un poids énorme sur la poitride — c'était le poids de la doulear et de la colère— il râlait comme un moribond ; une sueur froide mouillait ses tempes.

— Asseyons-nous ici, dit Picounoc, l'herbe est touffue et molle, ô ma douce Noémie.

Djos eut envie de pousser une clameur, le

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Bon expira dans son gosier. Il serra conval- BÎvement le bâton qu'il tenait à la main.

— Pourquoi, ô Noémie, pourquoi m'as-tu fait si longtemps souffrir ? tu sais que je t'aime depuis que je t'ai vue pour la première fois..

Un baiser sonore retentit bous les arbres chargés de fruits, et la joue de la jeune femme s'empourpra comme les prunes suspendues aux branches. Djos Ht un pas. Celui-là eut été effrayé qui eut pu voir la pâleur de son visage et le feu de ses orbites. Ses mains musculeuBes s'ouvraient et se fermaient comme les serres des éperviers; il se penchait sous les arbres et tâchait de voir, dans l'obscurité, ce qui se passait à quelques pas de lui.

— C'est donc vrai, pensait-il, plus de doute! elle est infidèle !... elle me trahit I elle oublie ses serments et mon amour ! elle oublie notre

enfant ! elle oublie qu'elle est mère ! Ah !

c'est trop souffrir, mon Dieu ! c'est trop souffrir !...que ne snis-je mort avant d'avoir connu ma honte et mon infortune !

Il fut distrait de ces pensées amères, par le bruit de plusieurB baisers ; il s'avança soudain

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vers le couple heureni, puis s'arrêta comme s'il eut regretté de s'être trahi

—As-tu euteiidu, dit Picounoc?

— Otii, répondit une voix de femme, quelqu'un vient, je crois, sauvons-nous!

— Non, restons, mais ne disons rien, écoulons encore.

Ils écoutèrent longtemps, mais le silence était profond. Djos sa tenait immobile à quelques pas.

— Il n'y a personne, reprit Picounoc, c'est une pomme qui est tombée de l'arbre, ne crains rien, Noémie. Enveloppe-toi dans ton châle à cause du serein. Appuie ta tête sur mon bras ma bîen-aimée. Il faut que je voie tes beaux yeux noirs, ne serait-ce qu'un moment.

— Alors il frotta sur une pierre une allamette chimique. A la pâle lueur qui s'épandit sous les rameaux, Djos vit, enveloppée dans le beau châle de soie aux roses entrelacées, une femme à demi-couchée sur la pelouse, les pieds perdus sous les touffes de treffles et la tète appuyée sur le bras de Picounoc. ...Au même instant Picounoc, soulevant le coin du chaie qui voilait la tête de cette femme, imprima sur

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des lèvres brûlantes un long baiser. Djos ne vit plus rien, car la iaenr s'éteignit, et ses yeux se remplirent de larmes ardentes comme la poix. Il sent une rage immense lui monter du fond du cœur jnsqu'au cerveau, bondit, jette une clameur et, de son bras terrible, abat le rondîu sur la tête de la femme heureuse.

— Picounoc se dresse, feignant la surprise et la colère :

— Tu l'as tuée, malheureax, dit-il. .

— Tant mieux, répondit, Joseph, grisé par la jalousie, la colère et le sang. Pais il se pencha sur le cadavre.

— Noéraie, Noémie, dit-il, d'une voix saccadée, que Dieu te pardonne ce que je n'ai pu te pardonner, moi !

Il prit la femme et la releva.

— Es-tu morte ?

Il tâta le crâne, et vit qu'il était brisé. Alors il étendit la morte sur la couche de verdure tachée de sang, et se dirigea vers la barrière du jardin. Quelque chose d'étrange se passait au fond de son âme, et sa colère, an instant apaisée, se réveillait plus terrible. Il ne tenait

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plus 8on arme meurtrière, mais sea poings osseux étaient fermés, et il éprouvait comme un besoin de frapper encore. L'image de Picounoo passa devant ses yeux, moqueuse et provocatrice. Il frémit et leva le bras sur elle. Son ami lai apparaissait dans toute sa hideur.

— Picounoc ! crieUl.

— Que veux-tu? répond celui-ci qui se tient prudemment à l'écart,

— Où es-tu ? Viens ici, continue Djos d'une voix que la colère rend tremblante.

Picounoc ne répond pas.

— Je te rejoindrai, bien, va, maudit ! Pourquoi as-tu perdu ma femme ? Pourquoi m'astu révélé mon malheur? J'étais heureux! je l'aimais! fallait Qie laisser ignorer ses fautes!....

Et, tout en faisant ces reproches à son ami, il le cherchait sous les arbres, marchant tièvreusement, tantôt droit, tantôt courbé, secouant et cassant, de ses mains puissantes, les branches qui lui barraient le passage. S'il l'eut attrappé, il lui eut fait payer cher sa dernière fantaisie ; mais Picounoc avait enjambé la clôture et s'enfuyait à la maison.

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— Lâche! hurla Djo8 ta fais bien de te

cacher mais je te rejoindrai tôt oa tard

Il sortit et se rendit chez Ini. La petite José- Antoine, qui berçait l'enfant sur ses gênons, lui dit en le voyant entrer.

— Mon Dieu ! Monsieur J oseph, comme vous êtes changé! êtes-vous malade?

Djos ne répondit pas. Il s'approcha de l'enfant, !e prit dans ses bras, le pressa sur son cœur et le couvrit de baisers.

— (Je cher petit, repartit Héloïse, il commence à parler un peu. Je lui ai fait dire : Papài maman •

L'enfant sourit en regardant son père et répéta; Papa, maman.

— Des larmes remplirent les yeni de Joseph et coulèrent le long de ses joues. Il embrassa de nouveau, avec frénésie, l'ange qui souriait.

— Tiens, dit-il, en le rendant à la pelite gardienne, aies-en bien soin, veille sur lui, car il n'a plus de mère !

— Elle va revenir demain sa mère, répondit, demi-souriante, la jeune fille qui n'avait pas compris.

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— Elle ne reviendra plus, je l'ai tuée, répliqua Djos d'une voix sombre et moi !

Toaa ne me re verrez jamais.

It sortit. La petite José-Antoine, eSrayée, courut chez ses parents, tenant l'enfant dans ses bras, et raconta ce qU'elIe venait d'entendre.

Picounoc, tout troublé, n'aperçut pas, en entrant dans sa maison, Geneviève la folle, assise au pied du lit et la tète appuyée sur le poteau tourné qui supportait les rideaux. Il se dirigea vers la cheminée, alluma sa pipe, mit sa tête dans ses mains et parut réfléchir. Geneviève ne bougea pas.

Il semble an chercheur d'aventures qu'il pourra toujours expliquer raisonnablement sa présence en loi lieu et à telle heure, alors qu'il est animé du désir d^'atteindre an but ; mais souvent, quand le bnt est atteint, et que la convoitise n'aveugle plus, il s''aperçoit qu'il n'a pas songé à tout, et que plus d'un détail peut le compromettre. Ficonnoc songeait qu'il n'était pas naturel de dire qu'il se trouvait, à neuf heures du soir, dans sou jardin, à causer avec sa femme, comme si les ténèbres

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cassent pu avoir poar eux quelques attraits ; il ne voulait pas faire croire, non plus, qu'il avait surpris sa femme dans les bras de Joseph, car cela ne forcerait pas Joseph à disparaître,

et il voulait s'en débarrasser.

Voici ce qu'il pensait : ou Joseph, d se fera justice lui-même, et alors mon succès sera parfait ; ou — s'il reconnaît son erreur — je l'accuse d'avoir tué ma femme et le mène à la potence.

Tout à coup il releva la tête en souriant :

—C'est cela, dit-il, c'est cela..

Et il alla décrocher son fanal pendu à une cheville, au côté de l'armoire, l'ouvrit pour s'assurer qu'il y avait de la chandelle dedans, puis, il prit «u plat de fer blanc dans le buffet et courut au jardin. Il jeta près du cadavre de sa femme le plat et le fanal. Alors, à plusieurs reprises, il appela à demi-voix, eu se penchant vers la victime ; Agtaé ! Aglaé !

Mais la pauvre femme était bien morte.

— Si elle n'était qu'évanouie! pensa-t-il.

Et, se penchant de nouveau sur elle, il lui serra la gorge longtemps.

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— Il ne dçit pas y avoir de danger maintenant, pensat'il. Et il se leva, marchant comme an homme ivre soos les rameaux.

Quand il fut à la barrière il s'arrêta, inclina la této et réfléchit.

— Oai, ce sera mieux, dit il tout haut; il faut bien faire les choses.

Et, retournant sur ses pas il revint à sa victime et la dépouilla de son châle.

— On n'est pas si bète qne le monde pense, murmura-t-il encore à demi-voix ; on sacrifiera tout pour tout sauver......

S'écartnut un peu du sentier qui conduisait à la maison, il arriva prè.s d'un puits encadré de bois, au dessus duquel pendait une brimbale ; et, contre ce puils, il y avait des pierres plates et des cailloux sur lesquels montaient les enfants qui vonlaieut atteindre le crochet de la brimbale et puiser de l'eau. Il prit un de ces cailloux, l'enveloppa dans le chàle et le jeta dans l'eau. L'eau, troublée un instant, rendit un son mat, fit surgir quelques bouillons à la surface, et reprit son calme profond. La folle l'avait &uivi instincrivement, mais, l'entendant revenir, elle rebroussa chemin.

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