‹ Pie IXChapitre 10 sur 22 · JOAN., XVI · texte numérisé non relu

JOAN., XVI

" ci^ns sur les actes des héros de l'Église de » Jésus-Christ, je sens mon cœur se remplir de " joie, de confiance et en même temps d'admira- « tion pour les merveilleuses dispositions de Dieu, « qui, avec les inventions que lui suggère son » amour pour les h(wnmes, suscite de temps à autre » son divin esprit dans quelques-uns de ses servi- " teurs, afin que déclarant la guerre à TEnfer, » bon3 et fidèles comme ils sont, ils assaillent les '» ennemis de la vérité et combattent contre eux les- " combats du Seigneur. L'homrfie de Dieu, dont »» Nous publions aujourd'hui qu'il a héroïquement » pratiqué les vertus chrétiennes, fut suscité de » Dieu même pour réveiller et ranimer le clergé, »» en le rendant capable de guérir les peuples d'une » plaie lamentable qui semblait résister à tout re- » mède, parce qu'elle était étalée sans honte ni ré- 9 pugnance et portée par une déplorable habitude. »» Cette {lënséeme réconforte dans mes angoisses » présentes ; elle ouvre mon cœur à cette confiance » dans le Seigneur, qu'il suscitera parmi ses mi- « ni^tres de nouveaux serviteurs, bons et fidèles, » qui se consacreront à éclairer et à instruire les " peuples, pour éloigner d'eux la plaie qui tend " chayie jour à se dilater, à leur grand dommage « el à leur grand péril. L'orgueil, l'impatience de » toute subordination, et la passion, véritablement »» éhontéechez quelques-uns, du commandement et

» de la domination, préparent tm joug bien plus » pesant et plus funeste que celui qu'on a voulu " détruire.

« Et puisque cet esprit d orgueil s'attaque di- " rectement à Dieu, il peut bien arriver que Dieu " lui-même y résiste immédiatement, comme il y " a résisté autrefois dans les champs de Babel. •' La prière humble est le 7'emède le plus efficace »' pour travailler au soulagement de cette maladie " présente; la prière qui, en commençant par le " toit domestique des familles , s'étend ensuite » sous les voûtes de la maison du Seigneur.

'» La Très-Sainte Marie nous offre, dans la so- »• lennité de ce jour, un exemple de la manière " dont nous devons résister à l'orgueil du siècle, »' c'est-à-dire par l'humilité des actions et de la " prière. Puissent les nôtres, modelées sur xm si »» grand exemple, mériter sa médiation et celle de »' ce Serviteur de Dieu, afin que le Seigneur hâte " l'accomplissement de ses miséricordes, tournant " promptement son regard paternel sur la misère »' de tous ses enfants, et spécialement sur ceux " qui, dans la capitale de la Chrétienté, se sont " laissé surprendre par les paroles séductrices des- "hommes qui, en les appelant au bonheur, les. »• ont misérablement trompés.

" O Rome! Rome! Dieu m'en est témoin, cha- ♦» que jour j'élève ma voix vers le Seigneur, et^

» prosterné comme un suppliant, je le prie avec •• ardeur de faire cesser le fléau qui te désole et " qui chaque jour s aggrave pesamment sur toi ! » Je le prie d arrêter les suggestions des doctrines »» les plus perverses, et d'éloigner de tes murs et » de tout l'État les parleui*s politiques qui abusent n du nom du peuple. Je le prie également de pro- »» téger et de sauver ce Roi, cette royale Famille " et ce royaume, de la commotion générale ; il le » mérité par sa piété, et la foi de son peuple le n mérite aussi. «

Le même jour de la Purification de la Sainte Vierge (1849), Pie IX préparait le plus grand acte de son Pontificat en adressant une Encyclique aux Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques de l'univers, pour recueillir partout la tradition de l'Église universelle, touchant le dogme de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. La sagesse humaine pouvait condamner l'inopportunité de cette préoccupation : Pie IX était à Gaëte, et aucun concert ne s'était encore établi entre les puissances pour la restauration de la Royauté pontifi- ' cale. Mais c'est à ces signes que Pie IX venait de reconnaître que le jour approchait où il pourrait proclamer le glorieux privilège de la Mère de Dieu, car le jour approchait où elle allait encore une fois manifester sa puissance :

«... Nous Nous confions surtout dans cette es-

»» pérance que la Bienheureuse Vi^ge, qui a été » élevée joar la grandeur de ses méritesau-dessus, » de tous les chœurs des Anges jusqu'au trône de » Dieu (1) , qui a brisé sous le pied de sa vertu la ** tête de l'antique serpent, et qui, plax:ée entre le » Christ et V Église (2), toute pleine de grâces et " de suavité, a toujours arraché le peuple chrétien » aux plus grandes calamités, aux embûches et » aux attaques de tous ses ennemis, et l'a sauvé » de la ruine, daignera également, Nous prenant " en pitié avec cette immense tendresse qui est » l'effusion habituelle de son cœur maternel, écar- » ter de Nous, par son instante et toute-puissante " protection auprès de Dieu, les tristes et lamen- « tables infortunes, les cruelles angoisses, les » peines et les nécessités dont Nous souffrons, w détourner les fléaux du courroux divin qui Nous n affligent à cause de Nos péchés, apaiser et dis- » siper les effroyables tempêtes de maux dont w l'Eglise est assaillie de toutes parts, à l'immense »» douleur de Notre âme, et changer enfin Notre »» deuil en joie. Car vous savez parfaitement, Vé- » nérables Frères, que le fondement de Notre con- » fiance est en la Très-Sainte Vierge ; puisque w c'est en Elle que Dieu a placé la plénitude de

(1) S. Gbegob. Pap., de Empos. in libres Regum.

[2) S. Bernàbd., Serm, in cap. xii Apocalyps,

« tout bien, de telle sorte que s il y a en nous « quelque espérance, s'il y a quelque faveur, s'il y » a quelque salut, nous sachions que c'est d'Elle n que nous le recevons. . . parce que telle est la vo- » lonté de Celui qui a voulu que nous eussions « tout par Marie (1). »»

Le 20 avril 1849, Pie IX s'entoura du Sacré- CoUége des Cardinaux convoqués en Consistoire secret, comme il aurait pu faire à Rome ; et là, déplorant les maux de l'Église attaquée dans son centre, il condamna les maximes que nous voyons se reproduire aujourd'hui et qui renversent le principe de la souveraineté temporelle du Chef de rÉglise :

« Nous ne pouvons Nous dispenser d'adres-

»» *er, en particulier. Nos plaintes et Nos repro- " ches à ceux qui applaudissent à ce décret par « lequel le Pontife Romain est dépouillé de toute » dignité et de toute puissance temporelle, et qui « affirment que ce même décret est le moyen le » plus efficace de procurer le bonheur et la liberté " de l'Eglise. Mais Nous déclarons ici hautement »» que ni le désir du commandement, ni le regret » de la perte de Notre pouvoir temporel, ne Nous »» dictent ces paroles , puisque Notre nature et » Notre inclination sont entièrement éloignées de

(1) S. Bernard., in Nativit. S. Mante,

Page 1