‹ Pie IXChapitre 11 sur 22 · SM · texte numérisé non relu

SM

»» de tout esprit de domination. Néanmoins, les »• devoirs de Notre charge réclament que, pour »• protéger l'autorité temporelle du Siège Aposto- »' lique, Nous défendions de tous Nos efforts les »» droits et les possessions de la sainte Église Ro- " maine et la liberté de ce Siège, qui est insépa- 't rable de la liberté et des intérêts de toute l'Église. •• Et les hommes qui, applaudissant à ce décret, »' affirment tant d'erreurs et d'absurdités, ignorent " ou feignent d'ignorer que ce fut par un conseil »♦ singulier de la Providence divine que, dans le »' partage de l'empire romain en plusieurs royau- " mes et en diverses puissances, le Pontife Ro- »' main à qui Notre-Seigneur Jésus-Christ a confié »• le gouvernement et la conduite de toute l'Église, »' eut un pouvoir civil, afin sans doute que, pour " gouverner l'Église et protéger son unité, il pût »» jouir de cette plénitude de liberté nécessaire à »' l'accomplissement de son ministère apostolique. »' Tous savent, en effet, que les peuples fidèles, les " nations, les royaumes , n'auraient jamais une »' pleine confiance, une entière obéissance envers H le Pontife Romain, s'ils le voyaient soumis à la »« domination d'un Prince ou gouvernement étran- « ger et privé de sa liberté. En effet, les peuples » fidèles et les royaumes ne cesseraient de craindre f que le Pontife ne conformât ses actes à la vo- »» lonté du Prince ou de l'État dans le domaine du-

*> quel il se trouverait, et ils ne manqueraient pas »» de s'opposer souvent à ces actes sous ce pré- " texte. Que les ennemis mêmes du pouvoir tem- » porel du Siège Apostolique , qui régnent en " maîtres à Rome, disent avec quelle confiance et ff quel respect ils recevraient les exhortations, les »» avis, les ordres et les décrets du Souverain Pon- " tife, s'ils le voyaient soumis aux volontés d'un " Prince ou d'un gouvernement, surtout s'il était » sous la dépendance d'une puissance qui fût de- « puis longtemps en guerre avec le pouvoir ponti- » fical. «

On sait où vont ces maximes d'indépendance qui commencent par vouloir courber sous le pied d'un Prince le front du Vicaire de Jésus-Christ. Ce n'est pas pour maintenir son autorité respectée qu'on commence par vouloir rendre son indépendance suspecte aux peuples. La Royauté temporelle est le rempart qui protège sa Souveraineté spirituelle. Sa Royauté détruite, on espère bien qu'il ne pourra maintenir longtemps la divine autorité qu'il a sur les âmes. Et comme l'anarchie, état toujours violent, ne peut jamais être qu'un état de courte durée, il faudra bien que cette di- * vine autorité soit remplacée par quelque domination humaine. Ces docteurs de liberté, attardés de quelque deux mille ans, et qui auraient dû vivre avant le triomphe de l'Évangile, et sous les Césars

romains, jettent nos âmes au Prince, comme un bétail qui peut être indifféremment conduit par tous les maîtres que les résolutions politiques peuvent donner successivement aux hommes (1)»

(i) La pensée de rétablissement d'une Église nationale, ne prend plus la peine de se déguiser. C'est la conclusion de plusieurs écrits qui n'ont fait que trop de bruit dans ces derniers temps. Voici la dernière page du plus fameux :

« A.... Au pis aller et comme dernière analyse, le Pape » conserverait toujours la TÎUe de Rome, ses palais, ses n temples, ses Cardinaux, ses prélats, ses prêtres, ses moines, » ses princes et ses laquais. L'Europe ferait passer des ali- » ments à cette petite colonie.

» Rome, entourée du respect de l'univers, comme d'ane « muraille de la Chine, serait, pour ainsi dire, ua^iierps n étranger au milieu de la libre et vivante Italjte. Le pays " n'en soufirirait ni plus ni moins qu'un vétéran ne souffre >} d'une balle oubliée par le chirurgien.

» Mais le Pape et les Cardinaux se résigneront-ils facilen ment à n'être que les ministres de la Religion? Vont-ils » renoncer de bonne grâce à leur influence politique? Pern dront - ils en un jour l'habitude d'intervenir dans nos »f affaires, d'armer les Princes les uns contre les autres, et >» d'insurger discrètement les citoyens contre leurs Rois? » J'en doute.

» Mais aussi les Princes pourront user du droit de légin time défense. Us reliront l'histoire. Ils verront que les goun vemements forts sont ceuji qui ont tenu la Religion sous . n leur main; que le Sénat de Rome ne laissait pas aux prên très carthaginois le privilège de prêcher en Italie ; . que là » Reine d'Angleterre et l'Empereur de Russie sont les chefs n de sa religions anglicane et russe, et que la métropole sou- » veraîne des Églises de France devrait être légitimement à » Paris. » (M. Edmond About, la Question romaine.)

Ames serviles qui n'ont aucune idée de la dignité ni de la liberté de Tâme!

L'injure faite à l'Église universelle dépouillée d'un domaine qui est à elle, et à chacun de ses membres dont la liberté de conscience a son fondement dans l'indépendance du Vicaire de Jésus- Christ, ne pouvait faire oublier au Souverain Pontife les malheurs particuliers de ses sujets. Le tendre amour qui distingue le bon Pasteur du mercenaire (1), distingue aussi le Prince légitinny^,, Sur la terre d'exil comme dans la patrie, il se sent frappé de tous les coups qui frappent ses enfants. Pie IX, entouré à Gaëte des Cardinaux, ne peut retenir l'expression de sa douleur :

« Il n'est personne qui ne voie les cruelles

» et nombreuses blessures qui accablent mainte- » nant l'Epouse immaculée du Christ dans le do- " maine pontifical lui-même, ses chaînes et la hon- » teuse servitude qui l'opprime de plus en plus , » et les maux qui écrasent son Chef visible. Qui I» donc ignore que toute communication avec la " ville de Rome, avec spn Clergé bien-aimé, avec » tout l'Épiscopat de Nos États, avec tous les fiw dèles, a été tellement entravée, que Nous n'avons « pu ni envoyer ni recevoir librement les lettres « qui traitaient d'affaires ecclésiastiques ou spiri-

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