JOAN., X
»' tuelles! Qui donc ignore que maintenant, ô dou- " leur ! la ville de Rome, siège principal de TE- " glise Catholique, est devenue une forêt pleine »' de monstres frémissants, puisque les hérétiques, « les apostats de toutes les nations, les chefs de " ce qu'on appelle le communisme ou le soda-- " lisme, animés contre la vérité catholique d'une »' haine profonde, s'efforcent par leurs discours, »' par leurs écrits, par tous les moyens en leur pou- »'^ voir, d enseigner, de propager leurs fatales er- »» reurs, et de corrompre les esprits et les cœurs, »' afin que dans Rome même, si cela était possible, " la sainteté de la Religion Catholique et la règle " indéformable de la Foi soient perverties? Qui ne » sait, qui n*a entendu dire que, dans Nos Etats »' pontificaux, les biens, les revenus, les posses- « sions de TEglise ont été envahis par une audace " téméraire et sacrilège, que les temples les plus »' augustes ont été dépouillés de leurs ornements, »' que les monastères ont été employés à des usages " profanes, que les vierges consacrées à Dieu ont »♦ été tourmentées (1), que les ecclésiastiques les
(1) La rage des révolutionnaires ne s'est pas arrêtée là. Et dans son Encyclique aux Archevêques et Évêques d'Italie, en date du 8 décembre 184^^, Je Saint-Père dit :
» Bans un af&eux et sacrilège mélange des choses
« divines et des choses humaines, leur rage monta à ce point " que, méprisant l'autorité de l'illustre Clergé de Rome et des
»t plus vertueux, les plus distingués, ont été cruel- »' lement persécutés, que les religieux ontétépour- »' suivis, jetés dans les fers ou mis à mort, que »» d'illustres Évêques, revêtus même du Cardina- " lat, ont été violemment enlevés à leurs trou- " peaux et plongés dans les cachots 1
» prélats qui, par Notre ordre, demeuraient iutrépides à sa »' tête, ils ne les laissèrent pas même continuer en paix »» TaîiïVTc sacr^ dïi ssiiiit uiîuistrre, et que, sans pitié pour >' de p:iuvTt*8 msi-lndefi est proi^^ aux angoisses de la mort, ils »» BlûigTiai4?nt d^ç^ tau» ha .^i;oours de la Religion et les " c&ntrai|3^nient Sfe'fcoïidM le Jl i tiur soupir entre les bras des » prostituées. "
, Cest lu Parnlt! qm n'a pns \».'M)\îi de caution! Mais la révolutioui qui ne rotTgit dû ferujhlin d'aucuns moyens pour corrompre l*homme pendant sa vie et pour lui arracher tout espoir h Pheure de la mort, pourrait bien vouloir se donner la joie impie de répondre à la Parole infaillible : Cela n*est pas vrai ! Contre son démenti nous avons d'avance son témoignage. Mme la princesse de Belgiojoso , qui eut la direction de rhôpîtal militaire établi au Quirinal, où elle était installée , raconte la même chose. On comprend , sans que j'aie besoin de le dire, le motif qui m'empêche de reproduire ici ce passage de ses Souvenirs publiés en 18S0. Elle affirme qu'elle a pris les mesures qu'elle a jugées les plus efficaces pour empêcher ou au moins pour diminuer le désordre. Il y avait une mesure bien simple à prendre : c'est la seule que Mme la princesse de Belgiojoso n'ait pas prise. Les esprits forts sont sujets à ces distractions! D'ailleurs Mme de Belgiojoso finit
par se sentir portée à l'indulgence : « A travers ce dé-
" sordre et cet égoïsme, que de dévouement pourtant et « que de candeur , chez ces créatures, se trouvaient mêlés à » la bassesse! »
» Ces attentats contre TÉglise, contre ses droits " et sa liberté, sont commis, soit dans Nos États, » soit au dehors, partout où dominent ces hommes " ou leurs pareils, au moment même oit ils pro- » clament partout la liberté, et où ils feignent de » désirer que la puissance du Souverain Pontife » s'exerce en toute liberté et absolument dégagée » de toute entrave ....
« Ils vous sont parfaitement connus, «çs
» monstrueux systèmes de toute nature qui, sdf^ " du puits de labîme pour la ruine et la dévasta- » tion commune, se sont répandus au loin, au » grand détriment de la Relîgijfn et de la société » civile, et se déchaînent aujourd'hui avecfureur^^ » Ces doctrines perverses et empoîSOTpP','*ïfe " hommes ennemis les sèment sans relftèpè'patmi » les multitudes, soit par la parole, soit par des M écrits, soit par des spectacles publics, afin d'acw croître de jour en jour et de propager une haine « qui s'emporte sans frein à toute espèce d'im- » piété, de passions et de désordre. De là toutes » les calamités, toutes les ruines, toutes les dou- » leurs qui ont ensanglanté et qui ensanglantent " encore le genre humain , et presque toute la " surface de la terre. Vous n'ignorez pas non pluâ « quelle sorte de guerre on fait à notre très-sainte » Religion, même au sein de l'Italie; par quels » artifices, par quelles machinations ces impla-
» cables ennemis de la Rdigion et de la société ci- ♦» vile s'efforcent de détourner les âmes inexpéri- » mentées de la sai{iteté de notre foi et de la n pureté de la doctrine, de les plonger dans le tour- » billon de l'incrédulité, et de les pousser à l'ac- »» complissement des plus exécrables forfaits. Et, n afin de parvenir plus facilement aux fins qu'ils » se proposent, pour exciter plus de séditions et » déchaîner plus de tempêtes, marchant sur les » pas des hérétiques, et aifichant le mépris le plus » absolu pour l'autorité souveraine de TÉglise, ils n ne craignent pas d'invoquer, d'interpréter, de " pervertir et de détourner de leur sens véritable n les paroles, les témoignages et les déclarations »♦ des saintes Écrituree, pour les appliquer à leur « sens privé et criminel ; et dans l'excès de leur " impiété, ils ne reculent pas devant le sacrilège n abus du très-saint nom de Jésus-Christ. Il y a w plus : ils n'oijt pas honte d'aifirmer ouvertement ♦» çt en public gue la violation du serment le plus ", sacré, que l'action la plus criminelle, laplushon- " teuse, et en opposition avec la nature elle-même »♦ de la loi étemelle, non-seulement n'est pas con- » damnable, mais même est entièrement licite, ou » plutôt digne de toute espèce de louanges, lors- » que,, pour parler leiir lp4îgage, elle est entreprise y* pour l'amour de la patrie. Par ce raisonnement »» impie et pervers, ces sortes d'hommes anéan-
n tissent à la fois Thonnêteté, la vertu, la justice; » et le vol du brigand ou l'assassinat du meurtrier »• se trouve défendu et consacré par cet excès inouï »» d'impudence. «
n proteste encore une fois, car il n y a pas d'accusation plus odieuse à son cœur! contre la complicité révolutionnaire que les révolutionnaires veulent faire peser sur le Vicaire de Jésus-Christ, accusation dont aujourd'hui encore, après onze années écoulées, nous entendons quelquefois l'écho :
« Comme Nous sommes le débiteur du sag©
" et de l'insensé, comme Nous devons veiller au ♦' salut de tous, Nous ne pouvons Nous défendre, " surtout pour prévenir la chute des faibles, de »' repousser loin de Nous, en présence de cette »' assemblée, l'imputation la plu^ fausse çt lî^plus •' révoltante de toutes, qu'une feuille publique a »' récemment avancée contre la personne de Notre " Humilité. Sans doute, Nous avons été saisi »♦ d'une incroyable horreur en lisant le libelle par «' lequel ces hommes ennemis essayent de Nous »' porter un coup funeste, à Nous et au Siège Apo- »• stolique. Toutefois, Nous ne pouvons craindre •» que de pareilles infamies puissent atteindre,. »♦ même légèrement, ce Siège suprême de la vérité^ »• et Nous qui y avons été élevé sans le concours »♦ d'aucun mérite. Oui, par une singulière misé*
n ricorde de Dieu, Nous pouvons redire avec Notre » divin Rédempteur : J'ai parle pvhliqvement au w monde; je nai jamais rien dit en secret (1). Et " ici, Vénérables Frères, Nous croyons à propos " d'insister de nouveau sur la déclaration que Nous " avons faite dans l'Allocution que Nous vous " avons adressée le 17 décembre de l'année 1847 : " que les hommes ennemis, pour parvenir plus »» facilement à corrompre la pure et inaltérable " doctrine de la Religion Catholique, pour mieux " tromper les autres et les attirer dans le piège de " l'erreur, n'épargnent aucunes manœuvres et au- « cunes ruses, afin que le Siège Apostolique lui- »♦ même paraisse en quelque sorte le complice et »»'le protecteur de leur démence. Personne n'i- " gnore combien de sociétés secrètes et perni- »» cieuses, combien de sectes créèrent, établirent " et désignèrent , sous différents noms et à des " époques différentes, ces artisans de mensonges »' et ces propagateurs de dogmes perVers, aspirant » par là à glisser plus sûrement dans les esprits « leurs extravagances, leurs systèmes et la fureur " de leurs pensées ; à corrompre les cœurs sans " défense, et à ouvrir à tous les crimes la large •• voie de l'impunité. Ces sectes abominables de H perdition, aussi fatales au salut des âmes qu'au