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M LB PÈRE DU PEUPLE, LE PRINCE JUSTE ET MAGNANIÀE

» IL NE SE FIE qu'en LUI, EN LUI SEUL.

« Très-Saint Père, s'il en est qui mettent en doute notre fi- » délité et l'attachement qui nous anime tous pour votre per- » sonne, s'il en est qui osent nous désigner comme difficiles, » inquiets, irréligieux, en un mot comme indignes de vous, » défiez-vous de ces gens, Très-Saint Père. Ils sont plus vos » ennemis que les nôtres propres! Ds tendent à vous précî- » piter, ainsi que nous, dans un ahîme. Mais Dieu veille, ce 0 Dieu que ces gens ont toujours sur les lèvres, mais jamais » dans le cœur.... ce Dieu qui vous a élu pour régénérateur » du peuple, Très- Saint Père. Les autres Princes ne sont , en » présence de Dieu, responsables que du présent : vous l'êtes, » vous, du présent et de l'avenir I

» Vive Pie IX! »

(2) l" janvier 1848.

qui maudissant dans leur cœur les boun*eaux et s'honorent d'être les enfants fidèles de l'auguste Victime, n'ont pas craint cependant de s'associer àce reproche. Ds auraiejt dû se souvenir que Notre- Seigneur Jésus-Christ lui-même, au Jardin des Oliviers, s^tit son cœur faiblir à la pensée du crime qui allait s'accomplir, et, tombant la face • contre terre, dit à son Père : « Mon Père, s'il est t possible, éloignez de moi ce calice (l). ^ Pour les autres, qu'ils connaissent la grandeur de leui* crime par l'horreur qu'il inspira au Vicaire de Jésus-Christ, et qui mppellè l'horreur inspirée à Jésus-Christ par le crime de Judas.

Un jour (2), le peuple se portera, comme il fait .souvent, au Quirinal pour demander la bénédiction du Pape, mais un cri sinistre retentira au milteu de ce peuple fidèle et arrêtera les paroles de bénédiction sur les lèvres du Saint-Père : Plus de prêtres aux affaires! Pie IX, laissant retomber .sa main déjà levée pour bénîr, tlira plein de douleur : '* A\'ant que la bénédictiork du Ciel descende ^ SUT vous , sur les Ktats Romains , sur toute l'Ita- " li€, je vous recoimiiande T union, la concorde, « et je désire que vos demandes ne soient point « contraires à la sainteté du Saint-Siège. Cer- * tains cris, qui ne partent pas du sein de mou

{1)Matth., XXVI,3î).

(2) Il février 1848.

»♦ peuple, sont proféréspar un petit nombre de gens n inconnus. Je ne puis, je ne dois, je ne veux les " entendre (1). Ainsi donc, à la cpndition expresse » que vous serez fidèles au Pontife et à TÉgli- " se... " — M Oui, oui, nous le jurons, Très^Saint « Père ! « criem, en se jetant à genoux, ce peuplé demeuré pieux et fidèle malgré toutes les séductions de la démagogie. — « A cette condition, reprendra " le Saint^ère, je prie Dieu qu'il daigne vous bénir » comme je vous bénis moi-même de toute mon « âme. Rappelez-Vous votre promesse , soyez fi- « dèles à ï'Église el au Pontife. «

Les méchants se trompent quand ils croient que la candeur de la vertu la lassera désarmée contre leurs entreprises. Us ne parlent que pour mentir, et ils simaginent qiw les âmes pures sewntempêchées, parl6*r pureté même, de mettipe en doute la vérité de ce qu'ils disent. Comme toutes les qualités de Tesprit, la finesse peut être tcmmée au mal ou employée au bien. Parce qu^s s*en servent po»r ensaj^erd^ tromper les honnêtes gens, les méchants ne supposent pas que les Saints euxmêmes puissent s'en servir pour éviter d'être trojiipéB. Pia IX a entrevu dès le premier jour le piège caehé sous les fleurs , il a pénétré les pensées critninelles de- ces perfides artisans d'ovations popu-

(1) « Non fosso, non debbo, non vogUo. »

laires. II n'y a pas , pour la finesse d'esprit, d'Italien pins italien que le Pape. Si une habileté infernale ourdit la trame, il la démêle avec une sagesse toute divine.

Le 8 septembre 1847 , Mazzini lui écrimxl : « J'étudie vos démarches avec une espérance im- » mense, et je vous écris avec tant d'amour, avec »• un tel ébranlement de toute mon âme et., per- ** mettez-moi de vous adresser une parole profon- . n dément sincère... Soyez confiant... Fiez-vous à » nous... Nqus fonderons pour vous un gouverne- » ment unique en Europe; nous saurons traduire » en un fait puissant l'instinct qui frémit d'un » bout à l'autre delà terre italienne; nous vous « susciterons d'actifs appuis au milieu des peuples n de l'Europe; nous vous trouverons des amis *f même dans les rangs autrîehiens; nous seuls, « parce que seuls nous avons une unité de but, et " que nous croyons à la vérité de notre principe... " Je vous écris, parce que je vous crois digne d'être " l'içitiateur de cette vaste entreprise. Si j'étais » auprès de vous, je prierais Dieu de me donner la » puissance de vous convaincre par le geste, par » l'accent et par les larmes (1).., -

(f) Neuf ans plus tard, le 10 octobre 1856, Mazzini écrivait au directei» de Vltûlia dtl Pûpolo de Gênes : « ... Quant à 1» » lettre adressée par moi à Pie IX, je n*ai pat beseîn d'en » expliquer la pensée. Celui çiui y voit une invitation faite -Hu .

Ne croit-on pas entendre le Prince des ténèbres dire à Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie : •• Contemplez tous les royaumes du monde et la " gloire qui les accompagne. Je vous donnerai » toutes ces choses si, en vous prosternant devant « thoi, vous m'adorez ! (1) « Comme Jésus, Pie IX repousse le tentateur : « Retire-toi, Satan, car il « est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu » etvousîie servirez que lui. «Le Vicaire de Jésus- Clan^ oppose aussi aux paroles de l'Esprit du mal Ik parole de Dieu :

•' Nous déclarons clairement et hautement que. . .

" tous Nos soins, toutes Nos pensées et tous

« Nos efforts, complètement étrangers à toutes " vues d'une politique humaine, ne tendent qu'à . " une seule chose, la diffusion de la très-sainte

» Pape et non à l'hommej ou ne l'a pas lue, ou n'a pas su, ou » n'a pas voulu l'entendre. Je croyais fermement, alors comme » aujourd'hui, que la Papauté est irrévocablement finie, et la n formule Vieu et le Peuple , n'admettant aucun monopole d'in- » terprète privilégié entre Dieu législateur et la créature, » la met compléten^t de côté. Cette conviction, qui est la » mienne, découle incontestablement de ma lettre. Mais Pie IX » avait alors une immense puissance en Italie, et je lui écrivis » pour lui dire qu'il en résultait pour lui d'immenses devoirs. » ^Italia del Popolo.) Et Mazzini laissait entrevoir le fond de son âme dans les deux lignes ajoutées en note : « Cette lettre « avait un autre but qui fut atteint, mais U n'est pas opportun M d'en parler. >

(1) Matth., ÎV, 8, 9.

« Religion de Jésus-Christ et de sa doctrine, pour « qu'elles brillent de plus en plus par toute la « terre aux yeux de tous les peuples. Car si Nous " désirons que les Prinœs à qui le Seigneur a ** donné la puissance, fermant leurs oreilles aux

- conseils trompeurs et pernicieux, gardant la loi » de la justice, marchant selon la volonté de Dieu, ** défendant les droits et la liberté de sa sainte « Église, ne cessent jamais, par devoir de religion n comme par humanité , de travailler au bonheur " et à la prospérité de leurs peuples. Nous Nous " affligeons vivement de ce qu'en divers endroits " il se rencontre des hommes parmi le peuple, qui, « abusant témérairement de Notre nom, et faisant

- la plus grande injure à Notre Personne et à Notre » dignité suprême, osent dénier aux Princes la »» soumission qui leur est due» soulever contre eux « les multitudes, et exciter des mouvements cri- ^ minels. Ce qui est tellement contraire à toul^s

" « Nos pensées que, dans Notre Lettre Encyclique « du 9 novembre de Tannée dernière (1), adressée

- à tous Nos Vénérables Frères les Évêques, N«is " n'avons pas manqué d'inculquer l'obéissance

(1) Bans la lettre Eucycliqiio, par laquelle il annonçait à tous les Pasteurs ^e TÊglise son avènement, Pie IX disait en effet:

« Vous connaissez encore aussi bien, Vénérables Frè-

» res, les antres monstruosités de fraudes et d'erreurs par les-

*- due aux Princes et aux pouvoirs, et de laquelle, » suivant le précepte de la loi chrétienne, personne '• ne peut jamais s'écarter sans crime, si ce n'est " dans le cas où il serait peut-être ordonné quel-

*' quelles les enfants de ce siècle s^efForcent chaque jour de n combattre avec acharnement la Religion Catholique et la »' divine autorité de l^Église, ses lois noâi moins vénérables; « comment ils voudraient fouler également aux pieds les droit» » de la puissance sacrée et Âe l'autorité civile. C'est à ce but » que tendent ces criminels complots contre cette Église fU>^ n maine, siège du bienheureux Pierre, et dans laquelle Jésus- » Christ a placé l'indestructible fondement de toute son Église, n Là tendent toutes les manœuvres de toutes ces sociétés f* secrètes, sorties du fond des ténèbres pour ne faire régner rt partout, dans l'ordre sacré et profane de la société, que le» » ravages et la mort; sociétés clandestines «i souvent fouw drojées par l'an'athème des Pontifes Romains, NosPrédécesry seurs, dans leurs Lettres Apostoliques, lesquelles Nous voulon» n en ce moment mênie confirmer et très-exactement recom— n mander à l'observation, par la plénitude de Notre puissance r* apostolique ; c'est encore le but que se proposent ces perfides » fftàétéa bibliques, lesquelles, -renouvelant les artifices odieux n des anciens hérétiques, ne cessent de produire contre lôa n règles si sages de l'Église, et de répandre parmi les fidèle» n les moins instruits , les livres des saintes Écritures traduites r> en' toute espèce de langues vulgaires, avec des interprétan tions le plus souvent très-perverses, consacrant à la dîstri» n bution de ces milliers d'exemplaires des sommes incalcula— M blés, les répandant partout gratuitement, afin, qu'après avoir » rejeté la tradition, la doctrine des Pères et l'autoriié de ^ l'Église Catholique, chacun interprète les oracles divins selon yy son jugement propre et particulier, et tombe ainsi dans » l'abîme des plus effroyables erreurs. Animé d'une juste » émulation du zèle et des'saints exemples de ses Prédéces-

» que €hose de contraire aux lois de Dieu et de - l'Église (1).

" Il y a... un sujet qui presse et dësole

" vivement Notre âme. Vous ne pouvez ignorer, " Vénérables Frères, qu'un grand nombre des en- » nemis de ht vérité catholique dirigent, surtout

n senrs, Grégoire XVI, de sainte mémoire, et dont Nous avon»^ " été constitué le Successeur, malgré rinfériorîté de Notre >* ngiérite, a condamna par Lettres Apostoliques les mêmes fto* ^ ciétés secrètes que Nous entendons aussi déclarer condamnées n et flétries par Nous.

» Nous aimons à Nous fortifier dans Vespoir que Nos

n très-cbers fils en Jésus-Christ, les Princes, guidés par leur» » principes de piété et de religion, auront toujours présente à f leur mémoire cette vérité : Qim l'autorité suprêfM m hur f a pas seulement été dùtinée pour le gouvernement des affaires /h y* monde , mais ^ue le fH>wsoir placé entre leurs m€tine, doit sertfir n principalement aussi à la défense de l'Église; et Nout^mêœe, >* n'oubliant pas qu'en donnant tous Nos soins à la cause de » rÊglise, Nous devons travailler efficacement au boubeur de M leur règne, à leur propre conservation, et de manière à fie- » curer à ces Princes un pacifique exercice de leurs droits sur n les provinces de leur empire ; Nous pouvons Nous fier, n disons-Nous, à Fespoir que tous les Princes sauront favo- »* riser, par l'appui de leur autorité et le secours de leur puis- » sance, des vœux, des desseins et des dispositions ardentes » au bien de tous, et que Nous avons. en omroun avec eux. n Qu'ils défendent donc et protègent la liberté et l'entière plén nîtnde de vie de cette Église Catholique, afin que Vempire de » Jésus^hrist soit redevable aussi de sa conservation à la force de n leur main puissante, n

(1) Allocution prononcée dans le Consiitoire secret du 4 ocfo- 6r# 1847.

»» de notre temps, leurs efforts vers ce but, d'égaler " à la doctrine du Christ ou de mêler à elle les " monstrueuses inventions des opinions, et depro- 't pager de plus en plus le système impie de Yin- « différence de toute religion. Récemment encore, '» cela est horrible à dire! il s'est rencontré des " hommes qui ont fait au nom et à la dignité apos- " tOliques dont Nous sommes revêtu , 1 -affront " d*oser Nous présenter comme le partisan de « leur folie et le fauteur de ce détestable système.

« Des résolutions certainement non étrangères - à la sainteté de FÉglise Catholique, que, dans " certaines affaires relatives au gouvernement civil « de Nos domaines pontificaux, Nous avons cm '♦ devoir adopter pour le développement du bien M et de la prospérité publics, et du pardon qu'au « commencement de Notre Pontificat Nous avons « généreusement accordé à certaines personnes de '» Nos Etats, ils ont voulu conclure que Nous avions ^ de toute espèce d'hommes cette opinion que, -' non-seulement les fils de l'Église, mais tous les « autres, quelque éloignés qu'ils soient de l'unité »• catholique, étaient également dans la voie du « salut et pourraient parvenir à la vie étemelle.

« Les paroles Nous manquent pour exprimer »» Notre horreur, et flétrir cette nouvelle et si ^ cmelle injure lancée contre Nous. Oui , Nous *» aimons tous les hommes de la plus profonde

— SJ —

•» affection de Notre cûBttr, mais non autrement. " toutefois, que dans l'amour de Dieu et de Notre-

- Seigneur Jésus -Christ, qui est venu chercher " et sauver ce qui était perdu , qui est mort pour " tous , qui veut que tous soient sauvés , et que » tous viennent à la connaissance de la vérité; » qui a envoyé ensuite ses disciples dans le monde " entier prêcher TEvangile à toute créature, dé-

- clarant que ceux qui auraient cru et auraient été « baptisés seraient sauvés, et que ceux qui n'au- " raient point cru seraient condamnés. Que ceux- " là donc qui vefulent être sauvés viennent à cette « colonne , à ce fondement de la vérité, qui est « l'Église; c'est-à-dire qu'ils viennent à la vraie " Église du Christ, qui, dans ses Évêques et dans * le Pontife Romain, le Chef suprême de tous, ^ possède la succession non interrompue de l'au- « torité apostolique, qui n'a jamais rien eu plus

- à cœur que de prêcher, de conserver et de dé- » fendre la doctrine annoncée par les Apôtres sur

- l'ordre de Jésus-Christ ; qui ensuite , à partir " des temps des Apôtres, a grandi au milieu des ♦» difficultés de toutes sortes, et qui, brillante de « rsàat des miracles, multipliée par le sang des " Martyrs, ennoblie par les vertus des Confes- 1 seurs et des Vierges , fortifiée par les témoi- " gnages et les sages écrits des Pères , s'est ré- '' pandue dans le monde entier, vit encore sur

" tous les points de la terre, et brille par la par- " faite unité de foi aux mêmes sacrements et par « sa sainte discipline. Pour Nous qui, malgré »» Notre indignité, siégeons sur cette Chaire su- ^ prême de TApôtre Pierre, sur laquelle Jésus- " Christ, Notre-Seigneur, a posé le fondement de « son Église, Nous n'épargnerons jamais ni soins " ni labeurs pour ramener, par la grâce du même »» Jésus-Christ, à cette voie unique de vérité et »» de salut ceux qui sont dans l'ignorance et dans " Terreur. Que tous ceiîx qui sont Nos adversaires » se souviennent que le ciel et la terre passeront, t mais qu'aucune des paroles du Christ ne peut »» jamais pas^r, que rien ne peut être changé f dans la doctrine que TÉglise Catholique a reçue *» de Jésus-Christ pour la conserver, la défendre " et la prêcher (1). «

Les saintes paroles du Pontife ne laissaient aucune espérance aux révolutionnaires. Mais s'assurant-dans leur audace, ils continuèrent de crier : Vive Pie IX l Vive la liberté! Plus de prêtres! Mort aux rétrogrades! La voix du Pape fut étouffée sous ces vociférations, suivant la tactique recoinm^idée par Mazzini Aux amis de V Italie :

»» Profitez de la moindre concession pour réunir « les masse$, ne fût-ce que pour témoigner de la

(1) Allocution prononcée dans le Consistoire du 17 décembrelBM,

» reconnaissajiee : des fêtes , des chants , des 1* rassemblements , des rapports nombreux établis ^ entre les hommes de toute opinion , suffisent ^ pour faire jaillir les idées , donner au peuple le « sentiment de sa force elle rendre exigeant.

y> Le concours des grands est d'une indispensa- " ble nécessité pour faire naître le réformisme " dans un pays de féodalité. Si vous n'avez que ^ le peuple, la défiance naîtra du premier coup : •» on l'écrasera . S'il est conduit par quelques •» grands, les grands serviront de passe-port au « peuple. L'Italie est encore ce qu'était la France " avant la Révolution : il lui faut donc ses Mira- " beau» ses Lafayette, et tant d'autres. Un grand " seigneur ne peut être retenu par des intérêts " matériels , mais on peut le prendre par la vani- " té : laissez-lui le premier rôle tant qu'il voudra " marcher avec vous. Il en est peu qui veuillent " aller jusqu'au bout ; l'essentiel est que le terme « de la grande révolution leur soit inconnu. Ne « laissons jamais voir que le premier pa^ à faire,

n En Italie , le clergé est riche de l'argent et de " la foi du peuple. Il faut le ménager dans ces »» deux intérêts , et , autant que possible, utiliser " son influence. Si vous pouviez, dans chaque ca- " pitale, créer un Savonarole, nous ferions des »» pas de géants. Le clergé n'est pas ennemi des »• institutions libérales : cherchez donc à l'assoder

*» àce premier travail , que l'on doit considérer « comme le vestibule obligé du tçmple de Tégalité, « Sans le vestibule, le sanctuaire reste fermé. ^ N'attaquez le clergé ni dans sa fortune ni dans » son«rtl\adoxie ; promettez-lui la liberté, et vous •' le verrez marcher avec vous.

» En Italie , le peuple est encore à créer, mais

- il est pï'&t.à déchirer l'enveloppe qui le retient. ** Parlez souvent, beaucoup et partout, de ses mi-

- sères et de ses besoins. Le peuple ne s'entend " pas, mais la partie agissante de la société se

- pénètre de ce& sentiments de compassion pour " le peuple , et tôt ou tard elle agit. Les dis- " eussions savantes ne sont ni nécessaires ni « opportunes. Il y a des mots régénérateurs qui » contiennent tout et qu'il faut souvent répéter au « peuple : liberté, droits de l'homme, progrès, « égalité , fraternité , voilà ce que le peuple '' comprendra, surtcJut quand on lui opposera les '» mots de despotisme, privilèges, tyranme, esclor « vage, etc., etc. Le difficile n'est pas de connaître « le peuple, c'est de le réunir ; le jour où il sera " réuni sera le jour de l'ère nouvelle.

" ... Un Roi donne une loi plus libérale, applau- ♦' dissez en demandant celle qui doit suivre (1).

(i) Arrivé à Rome (le 6 avril 1849) , Mazzini jettera tout à fuit le masque, et dira énergiquement :

« Nous avons jusqu'à présent traversé une époque de men*

X Un ministre ne montre que des intentions pro- « gressistes, donnez-le pour modèle. Un grand « seigneur affecte de bouder ses privil^ges^ mettez- « vous sous sa direction ; s'il veut s'aiTeter, vous ^ êtes à temps de le laisser ; il restoisa isolé et

- sans force contre vous , et vous aurez mille " moyens de rendre impopulaires ceux qui seront " opposés à vos projets. Tous les mécontentements -personnels, toutes les déceptions, toutes le» »- ambitions froissées peuvent servir la cause du »• progrès, en leur donnant ime bonne direction.

n L'armée est le plus grand obstacle au progrès « du socialisme : toujours soumise, par son édu- •* cation, par son organisation, sa discipline et

- sa dépendance, elle est un puissant levier pour " le despotisme. Il faut la paralyser par Téduca- •* tion moral0 du peuple. Quand on aura fait " passer dans Topinion générale Tidée que l'ar-

- mée, faite pour défendre îe pays, ne doit, dans ^ aucun Cas, se mêler de sa politique intérieure " et doit respecter le peuple, on pourra marcher

- sans elle, et même contre elle , sans danger. " Le clergé n'a que la moitié de la doctrine so-

»* songea diii«nt laqn^fs^ les uns acclamaient vira h celui qui »• ne leur inspirait aucune sympathie et dont ils espéraient t' pouvoir se servir, une époque de dissimulation durant » laquelle les autret cachaient leurs desseins, parce qu'ils

- pensaient que l'heure de les révéler n'était point encore ♦• venqe. **

» ciale; il veut comme nous la fraternité, qu'il y* appelle la charité ; mais sa hiérarchie et ses » habitudes en font un suppôt d'autorité, c'est-à- « dire de despotisme. Il faut prendre ce qu'il y a » de bon ei couper le mal. Tâchez de faire pénétrçr '• l'égalité dans L'Église, et tout marchera. La » puissance cléricale est personnifiée dans Içs Jé- '» suites. L'odieux de ce nom est déjà une puis- " sancepour les socialistes, servez-voits-en.

« Quand un grand nombre d'associés, re-

« ^YBXii le mot d'ordre pour répandre une idée et 'v ibn faire l'opinion publique, pourront se concer- « ter pour un mouvement, ils trouveront le vieil " édifice percé de toutes parts, et tombant comme " par miracle au moindre souffle du progrès. Ils " s'étonneront eux-mêmes de voir fuir, devant la » seule puissance de l'opinion, les Rois, les sei- " gneurs, les riches, les prêtres, qui formaient la " carcasse du vieil édifice social.

» Courage donc, et persévérance! »

Les conjurés, dociles à cette voix sortie de l'Enfer, se nièrent sur le vieil édifice social aux cris de : Vive Pie IX! Vive Pie IX seul! Et les hommes de peu de foi se demandèrent si le Vicaire de Jésus-Christ n'appartenait pas à la révolution.

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