‹ Pie IX devant l'histoireChapitre 16 sur 18 · CHANT DU CYGNE · texte numérisé non relu

CHANT DU CYGNE

Jusque vers la fin de 1875, malgré les légitimes protestations de l'Italie, le gouvernement français avait persisté à maintenir en station dans les eaux de Civita-Vecchia le bâtiment YOrénoque, mis à la disposition du pape. Mais, devant l'indignation publique, il fallut enfin que le duc Decazes, ministre des affaires étrangères, se résignât à rappeler ce navire, en dépit des clameurs cléricales. Ce qui fut fait dans le courant d'oclobre. Mastaï vit ainsi disparaître la dernière protestation de la France contre l'occupation de Rome par les Italiens.

Pie, qui ne goûtait plus de jouissance qu'à semer partout la baine et la discorde, s'acharnait à aiguillonner l'Allemagne. En janvier 1875, il avait lancé une encyclique déclarant nulles de plein droit les lois constitutionnelles de l'empire germanique, et frappant ipso facto d'excommunication tout catholique qui en favoriserait l'exécution.

Cet anathème mit le comble à l'exaspération de M. de Bismarck. « Il est presque à regretter, écrivait l'officieuse Gazette de Cologne, que le pape ne soit plus un souverain temporel. On eût pu, dans ce cas, lui répondre par le débarquemenl à Civita-Vecchia d'une poignée de soldats qui se seraient emparés de cet ennemi et l'auraient amené prisonnier de guerre à Wilhemshœhe ou à Stettin. Là, Pie IX aurait eu le temps et l'occasion de réfléchir sur la validité des lois prussiennes et allemandes. »

A la nouvelle provocation du Vatican, le chancelier répondit en faisant abroger dans la Constitution les articles en opposition avec les récentes lois de réforme politico-religieuse. De plus, le Parlement vota la suppression en Prusse de tous les ordres et congrégations monastiques.

Pic s'entêta à celte guerre, où, comme en Italie, comme partout, il devait rester nécessairement le perdant. 11 éleva

SA VIE POLITIQUE ET l'ON'TIFICALE 179

au cardinalat l'archevêque Tediochowski, détenu depuis quinze mois dans une forteresse prussienne.

En même temps, il s'ingéniait à harceler l'Italie par toute sorte de mauvais procédés. Sur son ordre, les évêques nouveaux refusaient de notifier officiellement au gouvernement leur nomination. A ce sujet, plusieurs députés, entre autres Petrucelli délia Gattina, reprochèrent durement au ministère son excessive faiblesse. Us allèrent jusqu'à proposer l'abrogation complète de la loi des garanties. Tel était du reste le désir formel de la majorité de la nation, et Garibaldi le constatait dans une lettre du 28 mars à Carlo Blind.

« Je crois, disait-il, qu'il n'y a pas dans le monde entier une nation aussi peu catholique que l'Italie. La masse du peuple ne croit nullement au catholicisme, et dans les églises papales on ne voit que de vieilles bigotes. Cependant il serait bien difficile pour le moment d'obtenir du gouvernement et de la majorité de la Chambre un décret qui nous délivrât de la papauté. Toutefois, soyez intimement convaincu que la grande majorité de la nation sympathise avec l'Allemagne dans la guerre à outrance qu'elle fait au jésuitisme sous toutes ses formes. »

Néanmoins le Parlement vota une loi qui imposait aux élèves des séminaires l'obligation du service militaire. Mastaï, furieux, en répondant à une adresse de ses ex-employés, épancha sa bile contre cette « loi inique, qui aggrave le poids des censures sur tous ceux qui la promulguent ou la sanctionnent, hommes agités d'idées infernale*. » Et dans un discours aux députations catholiques étran: 'Tes, apostrophant Victor-Emmanuel, il s'écria : «Moi-m,ne, en ce moment, pour donner l'exemple, tout en renouvelant la condamnation "de tous les sacrilèges accomplis jusqu'ici, je me tourne vers ce roi qui compte des saints dans son auguste famille, et avec le zèle que m'inspire mon sacré caractère, je lui dis : — Majesté, je vous prie, je vous conjure, au nom de vos augustes ancêtres, au nom de la Vierge Marie que j'invoquerai sous le titre de Consolida, au nom de Dieu même, bien plus, dans votre propre intérêt, ne laissez pas votre main signer ce décret qui, sous prétexte de recrulement militaire, tend à la destruction du clergé et à celle de l'Eglise catholique. Ah! par pitié, Majesté, pour votre bien, pour celui de vos sujets et de la société, n'augmentez pas les dettes contractées avec Dieu en chargeant votre conscience de nouveaux martyrs de l'Eglise. Ce que je dis à Votre Majesté, je le dis à tous les princes de la terre. Arrêtez vos pas,

180 PIE IX DEVANT l'hISTOIBB

n'allez pas plus loin sur cette pente qui vous conduit au plus profond abîme. »

L'Assemblée versaillaise donnait au pape plus de satisfaction que le Parlement italien. En juillet, elle accorda au clergé par une loi la libellé de l'enseignement supérieur. La faction ullramontaine triomphait. Elle manifestait bruyamment l'espoir de défaire bientôt sur toute la ligne l'œuvre de la Révolution, d'inscrire, dans la Constitution de la France, les principes du Syllabus.

Au mois de novembre 1876 mourut le cardinal Antonelli. Il n'emporta pas même avec lui les regrets du maîlre qu'il avait si docilement servi. Mais qu'est-ce que cela lui faisait? Il avait joui autant qu'un homme peut jouir; le reste lui importait peu.

Au fond, Mastaï ne l'aimait pas. Mais il était rivé à lui par la solidarité du crime, et en réalité le cardinal lui était indispensable. Force donc lui était de le garder, de le ménager, afin qu'il ensevelit dans sa tombe les infâmes secrets de ce long pontificat. Au gré de Pie, Antonelli était trop froid, trop sceptique. Il n'ignorait pas que son ministre travaillait uniquement pour lui-mfane, qu il faisait bon marché des enthousiasmes mystiques et des ambitions religieuses du pontife. Au moment du Concile, Antonelli disait du pape et des sectaires qui l'entouraient : « A force de voir le doigt de Dieu partout, ils se le sont fourré dans l'œil. »

Loin de stimuler comme Mastaï les fureurs de la presse ultramontaine, il blâmait sévèrement ces excès. Il ne cachait même pas son mépris pour les journalistes de cette école forcenée, y compris ceux de la Civiltà catholica et de Y Univers. Bien souvent M. Louis Veuillot dut compter avec lui; mais il ne lui pardonna ni ses dédains ni ses remontrances. Aussi, dans la très discrète oraison funèbre qu'il consacra à Antonelli, il lâcha ces paroles significatives : « L'Univers était forcé de plaider en cour romaine contre un grand prélat, qui s'était trompé sur notre droit et sur l'étendue de son autorité. »

Antonelli avait surtout visé au solide. Sans doute, il avait organisé puissamment le denier de Saint-Pierre; mais il s'était encore plus enrichi qu'il n'avait enrichi l'Eglise. « 11 avait plus pensé à lui et à sa famille qu'à son maître et à la papauté, pour lesquels il ne laissa pas un legs. » (Zeller, Pie IX et Victor- Emmanuel.) En revanche, ses parents recueillirent une fortune colossale. Toutefois, la comtesse Lamberlini, sa tille naturelle, dut réclamer devant les tribunaux la part d'héritage qui lui revenait à ce titre.

Durant cette année 1876, avait fonctionné en France la Constitution bâtarde votée par l'Assemblée versai llaise : M. de Mac-Mahon restait pour sept ans président de la République. Le Sénat avait une majorité monarchique. Mais la Chambre des députés était républicaine et dans une certaine mesure anti-cléricale.

L'agitation catholique redoubla dans l'Europe entière, sans cesse excitée par le Vatican. Au commencement de mai 1877, elle obtint un premier triomphe en Italie : le Sénat rejeta le projet de loi contre les abus du clergé. Quelques jours plus tard, au 16 mai, elle triomphait en France avec bien plu-; d'éclat encore : sur la proposition du sieur de Mac-Mahon, l'homme de paille dos conspirateurs royalistes, le Sénat volait la dissolution de la Chambre populaire. Une fois de plus, grâce à ce coup d'Etal parlementaire el criminel, la nation tombait aux mains de ses pires ennemis. La formation du ministère clérical du 17 mai disait assez ce que promellait l'attentat : ieslauration monarchique à l'intérieur, guerre à l'extérieur.

L'Allemagne ne s'y trompa point. « Au fond, il nous est indifférent, dirent ses organes officieux, que la France ait tel gouvernement ou tel autre. Mais notre propre sécurité nous force à tourner notre attention, avec une vigilance redoublée, vers un pays où se trouve au gouvernail un parti que l'Allemagne considère comme son plu? dangereux ennemi. »

De leur côté, les journaux italiens n'eurent qu'une voix pour dénoncer la conjuration clérico-monarchisle qui menaçait la constitution actuelle de la Péninsule.

Pie IX était arrivé à ses fins : il avait révolutionné la France en sa faveur; il achèverait son œuvre en révolutionnant l'Europe, en la forçant à lui rendre son trône. Pour le pontife, cette entreprise qui coûterait des flots de sang, ce serait le chant du cygne!

Toute la canaille ultramontaine battit des mains et se «rut assurée de la victoire définitive. Il s'agissait de substituer une assemblée cléricale à cette assemblée impie qui avait eu celte audace de ne point estimer que le Syllabus fût le dernier mot de la civilisation.

Mastaï se mit à la tôle du mouvement. Dès le mois de juin, devant une troupe de pèlerins français accourus à Rome pour recevoir la consigne du Vatican, il formula le vœu que les nouveaux élus pussent former un parti compact et s'unir au gouvernement du maréchal pour « comprimer les ennemis intérieurs. « Je prie Dieu, ajoula-t-il, qu'il donne aux

Français la force de choisir pour leurs représentants des hommes qui aient en vue Dieu et l'Eglise, avec la volonté d'en défendre les droits. » 11 accorda des indulgences spéciales aux électeurs qui voteraient pour les candidats du maréchal.

A la voix de leur chef, tous les archevêques et évoques de France ordonnèrent des prières à propos des élections; dans leurs mandements, ils enjoignirent aux curés de mettre toute leur influence au service du nouveau gouvernement.

Voici les articles du programme imposé aux candidats catholiques à la députation : indépendance absolue de l'Eglise vis-à-vis de l'Etat, interdiction du travail le dimanche, défense des corporations religieuses reconnues ou non; en outre, ce pieux document déclarait qu'on tiendrait pour adversaire quiconque répugnerait au nom de clérical, et rougirait du Syllabus plus que de son credo. Les journaux vaticanards allèrent jusqu'à dire que « si les libéraux usaient de la force brutale du nombre, le maréchal aurait le droit de répondre avec son sabre, et de faire un autre Deux-Décembre, aux grands applaudissements du peuple français et de l'Europe. »

Les nouveaux ministres ne se dissimulaient pas les périls que leur présence au pouvoir créait à la nation de la part de 1 étranger. Ils tentèrent, mais en vain, de séparer, au moins en apparence, la cause du gouvernement de celle du parti clérical. M. Louis Veuillot et les gens du pape étaient là, prêts à les ramener par l'oreille dans la bonne voie. D'ailleurs il était impossible que l'Italie vît sans alarmes les Bioglie et les Fourtou proclamer candidats officiels ses ennemis les plus acharnés. 11 n'y avait pas à s'y méprendre : une alliance oilensive et défensive était conclue avec le Vatican; les lettres pastorales des évêques, les indulgences accordées par le pape aux électeurs catholiques ne laissaient aucun doute égard. Aussi n'y eut-il pas lieu de s'étonner de l'altitude à Berlin de M. Cr'ispi, président de la Chambre italienne. Dans un banquet, M. de Ceu' igsen ayant porté un toast contre les ennemis communs de l'Allemagne et de l'Italie, M. Crispi répondit : « L'Italie veut être libre et indépendante, et elle défendra celte indépendance de toutes ses forces. Malheur à qui la touche ! » (Maure Macchi, Aimunacco slorico.)

L'éclatante défaite des cléricaux français aux élections du \k octobre ne les réduisit point au silence. Tantôt ils manifestaient encore d'insolentes espérances; tantôt ils déclaraient la France une nation finie. Les uns disaient que rien

n'était perdu « lorsque la société et les intérêts catholiques étaient confiés à la croix de Pie IX et à l'épée de Mac-Mahon, à un grand pape el à un valeureux maréchal qui protégeraient les intérêts catholiques bien mieux que les constitutions et les assemblées. » D'autres, plus impudents encore, s'écriaient : « La France doit être cléricale ou ne pas être, et la nation a signé sa condamnation à mort quand elle a élu des députés libéraux. La France est perdue; elle a outragé Dieu qui s'était réservé une cité et une nation : Rome et la France; Rome pour le pape, la France pour la défense du pape; dès lors qu'elles sont infidèles à leurs destinées, elles n'ont plus de raison d'êlre. »

Quant à l'Italie cléricale, Petruccelli délia Gattina résume ainsi son histoire en cette année 1877 :

« Il y eut cette année deux centenaires : celui du retour des papes de la servitude d'Avignon, celui de l'humiliation de l'empereur Henri IV à Canossa. Puis d'autres triomphes des cléricaux : le, jubilé épiscopal de Pie IX; l'arrivée à Rome d'une loule de pèlerinages; l'absolution donnée par nos magistrats aux prêtres rebelles qui firent des processions publiques dans les rues; le congrès catholique de Bergame, dont on peut deviner l'esprit en disant qu'il l'ut présidé par le fameux député d'Ondes-Reggio. Dans le discours d'ouverture, celui-ci demanda que le Congrès déclarât qu'il était pour le pape et le Syllabus, pour les doctrines du saint pontife Pie, et qu'il repoussait toute conciliation. Les frères et les religieuses se multiplièrent sans pudeur, ayant recours même ù la violence pour remplir les couvents; on capta les héritages; on brava la législation italienne avec tant d'insolence, que Nicolera et Mandai durent, dans une circulaire, rappeler les magistrals à leur devoir pour faire respecter les lois.

« Le ministre Conforti insista sur ce point avec plus de sévérité encore.

« 11 y eut à lutter dans beaucoup de villes pour que le cathéchisme ne fût pas enseigné dans les écoles; quelques municipes s'obstinèrent à l'admettre. Les laïques résistèrent; on fit de la propagande pour l'enterrement et le baptême civils, comme on avait déjà fait pour le mariage civil. Dès 1864, Pisanelli avait présenté un projet de loi pour abolir les décimes ecclésiastiques; Mancini réussit à faire voter à la Chambre un ordre du jour qui affranchissait le royaume entier des divers décimes existant encore. » (Storia d'Italia negli ullimi quattordici anni.)

Le 3 juin 1877, le double anniversaire de la 50° année

épiscopale de Mastaï et de sa 32e de pontificat avait attiré à Korae un concours extraordinaire de pèlerins. Toute la bigote'rie catholique de l'univers s'y fit représenter. Pendant plus de deux mois les députations se succédèrent au Vatican. Celle d'Angleterre, stylée par le célèbre Manning, charma Pie par l'entrain de ses génuflexions à tel point qu'il s'écria : « 11 n'y aura bientôt plus de liberté pour l'Eglise que sous le sceptre de la reine Victoria. »

Mais ce qui donna surtout du prix à ces hommages et à ces baisemenls de pieds, ce fut la recelte. Chaque députation apportait son tribut au pontife dépouillé. Le total des offrandes en espèces atteignit près de sept millions de francs; à qui s'ajoutaient par surcroît d'innombrables présents : chasubles, étoles, calices, ostensoirs, etc. Une seule société pieuse de Belgique donna pour les missions 150 autels portatifs. Parmi ces dons on remarquait le calice d'or de la duchesse d'Aoste, une très belle tapisserie des Gobelins envoyée par M. Mac-Mahon, un trône de 50,000 francs expédié par les dévots de Marseille, etc., etc.

« Vous payez des milliards aux Prussiens, dit Mastaï aux pèlerins français, et vous m'apportez des millions; grande nation! »

Ceux qui jetaient avec tant de profusion des trésors inutiles aux pieds de ce malfaiteur qui n'en avait que faire, auraient sans doute laissé crever de faim au coin d'une borne, comme un chien galeux, le pauvre qui ne leur eût point semblé suffisamment orthodoxe!

Avec une joie puérile et vaniteuse, Pie, appuyé sur une canne, se promenait au milieu de ces merveilles exposées dans une «alerie du Vatican, disant à ceux qui l'entouraient : ■ Mes enfants me comblent ; ils n'ont oublié qu'une chose : me confectionner de nouvelles jambes. »

En effet, c'est f>ar là qu'il péchait, ne marchant plus que péniblement. Aussi y revenait-il sans cesse. Un peu plus lard, orsqu'on lui apprit la présence de Gambetta à Rome, il Je put retenir un coq-à l'âne sur le nom du tribun, qui signifie petite jambe en italien, et il dit : « Les bons Français ident qu'ils en ont assez ; mais, moi, un peu plus de '/le petite jambe m'accommoderait fort. » Et les courtisans de ce vieillard presque tombé en enfance s'extasiaient platement de tant d'esprit, riant aux éclats à chaque bêtise |UJ échappait à l'infaillible.

La s inté du vice-Dieu s'affaiblissait de jour en jour. Une plaie qu'il avait à la jambe s'était rouverte, et vers la fin

de l'année 1877 il fut obligé de se mettre au lit. Victor- Emmanuel avant fait prendre des nouvelles de sa santé: « Je. le remercie de son intérêt; mai sdites-lui qu'il pense à son âme. » Une insolence pour une politesse.

Le roi était resté à Rome pour les réceptions du jour de. l'an 1878. Dans la nuit du 5 au G janvier, avant ouvert la fenêtre de sa chambre à coucher, il respira l'air humide et malsain du jardin du Quirinal. Une fièvre ardente le saisit, '•i le 9 il expirait au milieu d<s siens.

L'Italie accueillit avec une respectueuse tristesse la nouvelle de la mort de ce prince, qui, en somme, valait mieux que !a plupart de ses pareils. Bovio exprima le sentiment de la démocratie italienne dans les lignes suivantes : « Nous, républicains, adversaires du principe monarchique, nous éprouvons le besoin de déplorer profondément et loyalemenl la disparition inattendue d'un homme qui a eu une si grande pari dans les destinées de l'Italie. »

La faction cléricale n'eut pas la pudeur de cacher sajoie. Immédiatement après avoir annoncé la mort du roi, le Veneto cattolico ajoutait ce mensonge indécent: u. Sa Sainteté s porte bien! » VOsservatore cattolico de Milan commençait son article en parodiant le mot de Victor-Emmanuel : Nous sommes à Rome, nous y resterons! « En effet, il est resté à Home, comme il l'avait prophétisé; mais il y reste à l'état de cadavre, dans un palais papal! »

Le U janvier, M. Louis Veuillot emboucha sa trompe de pitre, dans YUnioers, et écrivit :

« C'était un solide gaillard de cinquante-huit ans; il était bien établi dans un palais du pape. 11 venait d'y recevoir et d'y flatter M. Gambetta; c'était dimanche dernier, jour des Rois. Comme Hérode, il recevait les congratulations de ce mage, qui lui demanda peut-être où était maintenant le roi des Juifs. Tout à coup, ayant congédié le révolutionnaire, il se sentit souffrant; le mercredi, U était mort... Le petit roi de Piémont a pu, sans grand mérite personnel, avec beaucoup de fourberies et quelques sicaires de plume ou d'épée, commettre l'un des plus grands sacrilèges qui soient menlionnés par l'histoire! 11 a demandé pardon et reçu les sacrements. Ils étaient trois, il y a vingt ans, qui complolèrenl de prévaloir contre la pierre où Jésus-Christ a bâti son Lglise : Cavour, Napoléon III et Victor-Fmmanuel. Trois noms de rien ! Ils sont morts, et la pierre est toujours là! >•

Dans cette mort soudaine, l'entourage de Mastaï, et MLaelaï lui-même, affectaient de voir, comme dans celle de

Page 1