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CHAPITRE SEIZIEME

Pie IX, appuyé sur la justice et la vérité, dominait cette agitation universelle, et le plus faible et le plus délaissé des souverains se montrait aussi le plus calme dans l'ébranlement de l'Europe. Nous avons remarqué plus d'une fois déjà que jamais les affaires humaines n'eurent le pouvoir de le distraire des choses de Dieu. Nous allons récapituler brièvement les principaux de ses actes comme chef de l'Eglise universelle, durant la période qui nous occupe.

En 1859, il avait prononcé la béatification du vénérable pauvre volontaire Benoît- Joseph Labre, et élevé d'un degré la fête de saint Patrick, patron de l'Irlande. Le 2-4 février 1862, il avait approuvé et recommandé chaudement, par un bref à l'archevêque de Tours, M^"" Guibert, la reconstruction de la basihque de Saint-Martin, le thaumaturge des Gaules.

En 1860, il avait créé le vicariat apostolique de Dahomey, qu'il confia au séminaire des missions africaines de Lyon. Dans la même année et les années suivantes, les églises nouvelles de l'extrême Orient ne cessèrent d'occuper son zèle. Là, des souverains barbares, dignes émules des Druses du Liban et d'Alexandre II de Russie, faisaient des martyrs par milhers. L'empire d'Arinam, le Tonkin, la Chine, l'île de Bornéo fumaient du sang des chrétiens. Napoléon III, mieux inspiré que dans sa politique européenne, prit en main la cause du christianisme et de la civihsation dans ces lointains pays. Il s'unit à l'Angleterre pour réprimer la Chine, à l'Espagne pour châtier la Cochinchine, et la Providence l'en récompensa par un brillant fait d'armes : la prise de Pékin, et par la seule ac-

puissant appui de l'influence catholique dans le monde; elle représente la forme fédérative opposée au principe des nationalités « unitaires. «

» Elle veut faire triompher à Vienne, à Pesth, à Francfort les institutions libérales et parlementaires opposées à la démocratie.

» C'est le repaire du catholicisme et de la féodalité; il faut donc l'abattre et l'écraser. L'œuvre a été commencée en 1839; elle doit être achevée aujourd'hui.

» La France impériale doit donc rester l'ennemie de l'Autriche; elle doit être l'amie et le soutien de la Prusse, la patrie du grand Luther, et qui attaque l'Autriche par ses idées et par ses armes; elle doit soutenir l'Italie, qui est le centre de la Révolution dans le monde, eu attendant que la France le devienne, et qui a la mission de renverser le catholicisme à Rome, comme la Prusse a pour mission de le détruire à Vienne. Nous devons être les alUés de la Prusse et de l'Italie, et nos armées seront engagées dans la lutte avant deux mois... »

quisition utile et durable de son règne : la colonie française de Gochinchine.

En 1861, Pie IX négocia heureusement un concordat pour la restauration de la religion catholique dans la république d'Haïti. L'année d'après, il en conclut un autre avec la république de l'Equateur, que gouvernait depuis peu le plus -saint et peut-être le plus grand homme d'Etat de notre siècle, le président Garcia Moren'o.

Il adressait vers le même temps aux évêques de Belgique une encyclique qui apaisa la dispute entre les rationalistes et les traditionalistes ; une autre à l'évêque de Breslau, pour achever la soumission des partisans des doctrines de Gûnther ; une autre à l'archevêque de Fribourg sur l'éducation populaire ; d'autres à l'archevêque de Munich, soit pour condamner les erreurs de Froschammer, soit pour appeler son attention sur les fâcheuses tendances de certains théologiens bavarois, ivres de vanité et de présomption, non moins que de rationalisme. L'œil vigilant du saint Pontife fut ainsi le premier à signaler les germes du schisme Dôllingérien, qui devait éclater huit ans plus tard, mais qui, démasqué à temps, fit peu de ravages parmi les peuples et ne séduisit guère que ses propres auteurs.

En 1863, il écrivit aux évêques du Piémont pour les confirmer dans leur généreuse constance ; de même à ceux de la Nouvelle- Grenade, que leur gouvernement venait de spolier, d'enchaîner ou de bannir. Il dénonça au monde les attentats de Juarès, au Mexique, où la profanation des saints autels et la suppression de la liberté catholique s'ajoutait au pillage des biens d'église.

Le Japon, cette terre consacrée par tant de martyrs, ayant inopinément laissé tomber la barrière qui, depuis deux siècles, l'isolait du reste du monde. Pie IX eut soin que le zèle apostolique ne s'y laissât point devancer par l'avidité mercantile. Les missionnaires pénétrèrent à Nangazaki, à Yokohama, aussitôt que les trafiquants. Nous dirons plus tard quelles admirables découvertes furent leur récompense.

D'autres fondations de vicariats apostoliques ou évêchés, qu'il serait trop long d'énumérer, at-testèrent la sollicitude de Pie IX pour

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