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CHAPITRE SEIZIÈME

les chrétiens d'Océanie, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Ce furent, au commencement de 1867, sur la demande du gouvernement français, l'institution des évêchés de Constantine et d'Oran, et l'érection d'Alger en métropole; en mars 1868, selon le vœu exprimé par un concile de Baltimore, la création de huit diocèses et de quatre vicariats apostoliques dans diverses contrées des Etats-Unis.

Pie IX préconisa en 1864- un auxiliaire de Genève, sous le titre d'évêque d'Hébron, et voulut le consacrer lui-même. Après la cérémonie, il réunit le nouveau titulaire, M^"^ Mermillod, et avec lui quatre autres prélats de consécration également récente : l'archevêque de Tarragone, l'évêque d'Edimbourg, un évêque de Prusse et un évêque du Mexique, et il leur dit :

« Le monde me dispute ce grain de sable sur lequel je suis assis, mais ses efforts seront vains. La terre est à moi, Jésus-Christ me l'a donnée; à lui seul je la rendrai, et jamais le monde ne pourra me l'arracher.

» Vous, archevêque de Tarragone, allez porter à l'Espagne en révolution, des paroles de paix et de vérité; je vous l'ordonne, le monde est à moi! Vous, évêque de Mexique, allez aussi pacifier ce pays, et soutenez des droits méconnus; je vous le commande au nom de Jésus-Christ! Evêque d'Edimbourg, allez achever de conquérir l'Ecosse à Jésus-Christ. Evêque de Prusse, allez étonner ce royaume par l'exemple du courage moral et de toutes les vertus.

» Et vous, mon frère et mon fils, puisque je vous ai consacré, allez me gagner cette Genève, qui ose se dire la Rome protestante; bénissez ces peuples qui peuvent être ingrats, mais qui sont mes enfants. Soutenez, consolez la grande famille catholique, et convertissez ceux que l'hérésie retient loin du bercail de Jésus- Christ. »

Telle était la souveraine idée que cet homme si simple et si doux avait de son autorité comme chef de l'Eglise, et tels étaient les accents dominateurs qu'il savait trouver dans sa foi, lorsqu'il en parlait. Il en donna un autre exemple dans son homélie du 6 février 1866. C'était à la cérémonie de la fondation d'une nouvelle église qui devait s'élever en l'honneur de saint Thomas de Cantor-

béry, près du collège des Anglais, à Rome. Après avoir posé la première pierre, il s'écria :

(( La piété anglaise a commencé cet édifice, la piété anglaise saura l'achever... Oui, l'Angleterre se remet aujourd'hui à bâtir des églises non-seulement ici, mais chez elle. Ecoles catholiques, hôpitaux, couvents détruits renaissent de toutes parts... L'église principale de ce pays, je veux dire l'église gouvernementale et protestante, voit ce changement avec stupeur. Abandonnée de ses propres enfants et ne pouvant en avoir d'autres , car elle est épuisée et stérile, elle se demande qui sont ces chrétiens qu'elle n'a point enfantés... Ils naissent de la véritable épouse, de celle qui est restée unie à l'Epoux, de l'Eglise la plus vieille, en même temps que la plus jeune, et la seule qui soit éternellement féconde...

» Je te salue, sainte Eglise catholique, apostohque et romaine, dont je suis l'indigne vicaire et le chef, et je me réjouis de voir tes fils répandus sur toute la surface du monde , malgré les puissances ennemies.

» 0 Eglise sainte, que sous ton ombre accourent ceux qui ne te connaissent pas! Et toi, Christ, fais que ton esprit les unisse les uns aux autres.

» Vous, mes enfants, vous devez être comme les pierres de ce sanctuaire que nous allons élever, pierres spirituelles destinées à former ensemble, dans la charité et dans la foi, l'Eglise du Christ.

» Estimez-vous heureux d'être les pierres de cette Eglise militante afin de servir un jour à la construction de l'Eglise triomphante. Supportez donc patiemment les chagrins , les afflictions de tout genre, ces coups de marteau de l'Artiste divin qui sait, dans sa miséricorde, quelle forme, quel poli doivent être donnés aux pierres spirituelles avant qu'elles soient mises en place... »

La voix de Pie IX fut toujours paternelle, mais toujours ferme, soit qu'il s'adressât aux ennemis de l'Eglise, soit qu'il eût à avertir ses enfants soumis, M^'^ Darboy, archevêque de Paris, avait rendu parfois de véritables services en s'entreposant avec adresse, dans les discussions du Sénat, entre le Pape et le gouvernement impérial; mais il poussait l'esprit de concihation aussi loin qu'il a poussé de-

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