‹ Pie IXChapitre 14 sur 288 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La vie de Grégoire XVI touchait à son terme. Depuis quinze ans le vénérable Pontife luttait péniblement avec la Révolution , dont il voyait chaque jour grandir les prétentions et les espérances, et qui, aidée par les feuilles publiques, aidée même parles souverains menacés comme lui mais aveugles , avait amassé peu à peu contre lui une impopularité universelle. C'était déjà comme aujourd'hui. Les politiqueurs ignorants, c'est-à-dire la masse des liseurs de journaux , ne parlaient que de l'esprit rétrograde de la cour de Rome , et les organes des gouvernements n'avaient garde d'y contredire. Aussi, quand fut annoncée la mort de Grégoire XVI , qui eut lieu le 1^' juin 4846 , les cardinaux italiens s'empressèrent-ils de se réunir en conclave, sans attendre leurs collègues étrangers. Il n'y avait pas d'autre moyen d'échapper, dans l'élection du nouveau Pape, à la pression des ambassadeurs et aux influences rivales de gouvernements qui affectent de ne plus croire en Dieu , au moins officiellement , et qui cependant voudraient régenter l'Eghse.

Le cardinal Mastaï Ferretti se hâta de partir d'Imola pour Rome.

Il n'y avait pas alors de chemins de fer. Les voyages étaient moins rapides et donnaient lieu à plus d'incidents. En traversant Fossombrone, petite ville des Marches, la voiture, arrêtée pendant quelques instants, fut naturellement environnée par la foule. Un prince de l'Eglise est toujours un spectacle , et surtout en un moment de vacance du Saint-Siège, où tout cardinal peut être élu Pape. Tout d'un coup , descendant du haut des airs , une colombe blanche vient se

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