‹ Pie IXChapitre 175 sur 288 · CHAPITRE VINGTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIEME

priiicipat civil accordé par une providence particulière de Dieu à ce Siège apostolique, afin de donner aux successeurs de saint Pierre la sécurité et la liberté qui leur est nécessaire pour l'exercice de leur juridiction spirituelle, il nous est impossible. Vénérables Frères, de contenir l'intime douleur de Notre cœur dans une si vaste conspiration contre l'Eglise de Dieu et contre le Saint-Siège; et dans ces jours funestes où ce même gouvernement, suivant les conseils des sectes de perdition , vient , contre tout droit , d'accomplir par la violence et les armes, l'invasion sacrilège qu'il méditait déjà depuis longtemps, de Notre capitale et des autres villes qui Nous restaient depuis la précédente usurpation, Nous devons, tout en adorant humblement les secrets desseins de sa Providence, emprunter au Prophète ces paroles : « Je pleure et mon œil verse des larmes, parce que le consolateur qui relèverait mon âme s'est éloigné : mes fils ont été tous perdus, parce que l'ennemi s'est emporté. (Jérémie, Thren., 16.)

» L'histoire de cette guerre infâme a été assez exposée par Nous , Vénérables Frères ; elle est mise depuis longtemps sous les yeux du monde catholique, grâce à plusieurs allocutions, encycliques et brefs , donnés par Nous à diverses époques : le l^" novembre 1850; le 22 janvier et le 26 juin 1855 ; le 18, le 28 juin et le 26 septembre 1859; le 19 janvier 1860; grâce à Nos lettres apostoliques du 26 mars 1860, et enfin à nos allocutions du 28 septembre 1860; du 18 mars et du 30 septembre 1861; du 20 septembre, du 17 octobre et du 14 novembre 1867. Cette série de documents démontre et expose les graves injures que le gouvernement subalpin, même avant d'entreprendre, dans ces dernières années, l'occupation du domaine de l'Eglise, a infligées à Notre suprême autorité et à celle du Saint-Siège, soit en proposant des lois contraires au droit naturel, divin et ecclésiastique, soit en soumettant à d'indignes vexations les ministres sacrés , les ordres religieux et les évêques eux-mêmes, soit en manquant à la foi jurée, à des contrats solennels passés avec le Siège apostohque, et en niant audacieusement leur force inviolable, au moment même où il se déclarait prêt à ouvrir avec Nous de nouvelles négociations. Ces mêmes documents,

Vénérables Frères, mettent en pleine lumière, et feront voir à la postérité les ruses, les indignes et habiles manœuvres qui ont aidé ce gouvernement à écraser la justice; ils établiront aussi la sainteté des devoirs de ce Siège apostolique, et en même temps les peines que Nous avons prises pour briser, autant qu'il était en Nous, une ambition chaque jour plus audacieuse, et pour défendre la cause de l'Eglise.

» Vons savez comment, en 1859, cette puissance subalpine excita à la révolte les principales villes de l'Emilie, en y envoyant des écrits , des conspirateurs , des armes et de l'argent ; et , bientôt après, convoquant des 'comices populaires, fabriqua un plébiscite de votes achetés, pour enlever par ce titre mensonger et malgré l'opposition des bons. Nos provinces dans cette contrée à Notre pouvoir paternel. On sait également que l'année suivante , ce même gouvernement , pour s'emparer d'autres provinces du Saint- Siège dans les Marches, l'Ombrie et le Patrimoine, lança à l'improviste, et sous de faux prétextes, une nombreuse armée contre Nos soldats et contre une poignée déjeunes volontaires catholiques, qui, poussés par leur esprit religieux et leur amour pour le Père commun , étaient accourus du monde entier pour Nous défendre ; et qui, ne s'attendant pas à cette subite irruption, furent, malgré leur intrépidité, immolés pour la religion dans cette lutte sanglante.

» Personne n'ignore la singulière impudence et l'hypocrisie avec laquelle ce même gouvernement, pour diminuer l'odieux de cette sacrilège usurpation, n'hésita pas à se vanter d'avoir envahi ces provinces pour y rétablir les principes de l'ordre moral, tandis qu'en réalité il répandait et consacrait partout toutes les fausses doctrines, lâchait partout la bride aux passions et à l'impiété , frappait même de peines injustes les prélats et les ecclésiastiques de tout grade , qu'il jeta en prison ou permit d'insulter publiquement alors que les persécuteurs et ceux qui n'épargnaient pas même la dignité du pontificat suprême dans la personne de Notre humihté, jouissaient de l'impunité. On sait encore que, toujours suivant le devoir de Notre office. Nous Nous sommes opposé aux conseils réitérés et aux demandes qui Nous furent présentées, dans le but de Nous faire trahir

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