CHAPITRE VINGTIÈME
violé , un cardinal de la sainte Eglise romaine violemment chassé des appartements qu'il occupait; d'autres ecclésiastiques appartenant à Notre maison , exclus de cette demeure et accablés de vexations; des lois et des décrets portés, qui blessent manifestement et suppriment la liberté , l'immunité de la propriété et les droits de l'Eglise de Dieu ; et tous ces maux déjà si graves, si Dieu n'y met obstacle, s'aggraveront encore, nous le craignons. Et cependant Notre condition présente nous empêche d'y apporter aucun remède, et nous avertit ainsi de la captivité où Nous sommes et de l'absence de cette pleine liberté que le gouvernement intrus, dans ses mensongers rapports, dit au monde qu'il nous laisse dans l'exercice de Notre ministère apostolique.
» Quant à Nous, chargé par Dieu de régir et de gouverner toute la maison d'Israël, et établi défenseur suprême de la rehgion, de la justice et des droits de l'Eglise, pour qu'on ne Nous reproche pas, devant Dieu et devant l'Eglise, de Nous être tu et d'avoir par Notre silence consenti à cette injuste révolution, renouvelant et confirmant ce que Nous avons déjà déclaré dans les allocutions, encycliques et brefs rappelés plus haut, et tout récemment dans la protestation que, par Notre ordre et en Notre nom, le cardinal secrétaire d'Etat communiqua le 20 septembre aux ambassadeurs, ministres et chargés d'afi'aires des nations étrangères accrédités près de Nous et de ce Saint-Siège, Nous déclarons de nouveau devant vous. Vénérables Frères, avec toute la solennité possible, que Notre intention, résolution et volonté, est de retenir dans leur intégrité, intacts et inviolables, tous les domaines et les droits de ce Saint-Siège, et de les transmettre à Nos successeurs; que toute usurpation de ces droits, récente ou ancienne, est injuste, violente, nulle et sans valeur; et que tous les actes des rebelles et des envahisseurs, accomplis déjà ou à accomplir pour confirmer d'une manière quelconque cette usurpation, sont par Nous, dès à présent, condamnés, annulés, cassés et abrogés. Nous déclarons en outre, et Nous protestons devant Dieu et devant l'univers catholique, que nous subissons une captivité telle, qu'il nous est tout à fait impossible d'exercer notre autorité pastorale avec sécurité, facilité et
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liberté. Enfin, suivant l'avis de saint Paul : « Quelle participation y a-t-il entre la justice et l'iniquité? Ou quelle société entre la lumière et les ténèbres? Quel contrat avec le Gbrist et Bélial? Qux pai^ticipatio justitise ciim imquitafe? Aut quse soci'etas lucis ad tenebras? Qux autem conventw Christi ad Beliall » Nous énonçons et déclarons publiquement et ouvertement que, fidèle à Notre office et au serment solennel qui Nous lie. Nous ne consentons ni ne consentirons à aucune conciliation qui, d'une manière quelconque, détruise ou diminue Nos droits, qui sont les droits de Dieu et du Saint-Siège; et Nous professons de même que, prêt, grâce au secours divin et malgré Notre grand âge, à boire jusqu'à la lie pour l'Eglise de Jésus- Christ, le calice qu'il a bu le premier pour elle, Nous ne ferons jamais la faute de céder ou d'acquiescer aux injustes demandes qui nous sont adressées. Car, comme disait Notre prédécesseur Pie VII : « Faire violence à cet empire souverain du Siège apostolique, séparer son pouvoir temporel du spirituel, disjoindre les offices de Pasteur et de Prince, arracher, enlever, confisquer, qu'est-ce autre chose que de vouloir détruire l'œuvre de Dieu, que de travailler à la plus grande perte de la religion, que de la priver d'un boulevard très-efficace, afin que son suprême Recteur, Pasteur et Vicaire de Dieu, ne puisse donner aux catholiques qui, répandus sur toute la terre, lui demandent aide et secours, l'assistance qu'ils réclament de sa puissance spirituelle et que nul ne peut empêcher? »
» Mais puisque nos avertissements, demandes et protestations ont été sans eff'et : par l'autorité de Dieu tout-puissant, des saints apôtres Pierre et Paul, et par la Nôtre, Nous déclarons à vous, Vénérables Frères , et par vous à toute l'Eglise, que les envahisseurs occupant un territoire quelconque de Notre domaine, de quelque dignité qu'ils soient revêtus, et quand même il faudrait en faire une mention toute spéciale ; et de même tous leurs mandants , fauteurs , aides , conseillers , adhérents , et tous autres procurant l'exécution de ces choses sous un prétexte et d'une manière quelconque, ou les exécutant par eux-mêmes, ont encouru, suivant la forme et la teneur de Nos lettres apostoliques et pré-