CHAPITRE VINGT-DEUXIEME
tion est toujours passée, et l'Eglise immortelle a toujours triomphé. Les barbares empereurs qui teignirent de tant de sang les arènes sont passés, et l'Eglise immortelle a triomphé. Les incrédules et les impies l'ont dépouillée, insultée, maltraitée en mille manières, ils sont passés aussi, defuncti sunt, et l'Eglise demeure et demeurera toujours, parce qu'il n'y a ni force ni sagesse au-dessus du Seigneur.
» Que telle soit la réponse à votre demande : a Quand cela fînirat-il? » Ce quand, nous ne le savons pas, mais nous savons que nous le hâterons par nos prières et par une plus scrupuleuse observation de la loi de Dieu.
» Mères, ayez soin avant tout de vos enfants. Que la sœur aînée s'occupe delà sœur plus jeune, le frère du frère, le père et la mère de tous.
» Recourez aux pieuses dames qui s'emploient avec tant de zèle au bien de la jeunesse; recouï-ez à vos guides spirituels, à vos curés. Unissez-vous toutes aux pieds de Jésus-Christ, et, avec une constante et ferme confiance en lui, attendez le moment de la divine miséricorde. La Providence vous assistera.
» Fasse le Seigneur que ce dur état de choses cesse enfin, pour que vous puissiez me revoir dans vos rues sans que ce que l'on voit et ce que l'on entend à cette heure afflige mon cœur.
» Que la bénédiction du Dieu tout-puissant. Père, Fils et Saint- Esprit, descende sur vous et demeure comme imprimée en vos cœurs.
» Benedictio Dei, etc. »
Le discours du 1" août 1875 aux mêmes habitants du Transtevère est vraiment d'un père à ses enfants :
« Mes amis, vous avez bien fait de venir, vous aussi, chez le Pape; tous les catholiques sont ici chez eux; mais vous plus encore, puisque, selon l'expression du père curé de Saint-Pierre, vous êtes les plus proches voisins du Vatican. De la sorte vous voyez de vos yeux si le Pape est vivant ou mort, s'il marche à l'aide de béquilles ou s'il se sert d'une canne, s'il est bien ou s'il est mal. Enfin vous pourrez rendre témoignage à ceux qui vous demandent des nou-
velles de là santé de votre vieux voisin. Or, pour le moment, il ne va pas mal, le vieux voisin, votre Père qui vous porte tous dans son cœur, mes chers enfants ; le bon Dieu lui laisse encore un peu de force pour accomplir sa mission... »
Au mois de mars iSlA, les dames de la Pieuse union des femmes catholiques de Rome, étant venues rendre compte à Pie IX des actes de leur association pendant l'année précédente, et lui apporter l'obole de leur amour filial. Pie IX attendri lui-même, les émut jusqu'aux sanglots par la comparaison suivante, entre le Quirinal et le Vatican :
« Votre présence ici me rappelle une sentence de l'Esprit saint, qui déclare ouvertement qu'il vaut mieux entrer dans une maison où l'on soupire, où règne la tristesse et dont les murs sont baignés de pleurs, que de pénétrer dans une habitation où l'on se livre à la joie et aux festins, où se succèdent tous les genres de plaisirs : Melius est ire ad domum luctûs, quam ad domum convivii.
» Vous avez voulu , mes très -chères filles, mettre en pratique cette divine sentence : vous avez mieux aimé franchir le seuil du Vatican que de vous rendre dans les centres de divertissements.
» Vous ne vous êtes pas laissé arrêter par le respect humain. On a bien pu vous dire d'un ton cynique : Qu'allez-vous voir au Vatican? Vous avez répondu avec assurance : Nous allons voir et vénérer le Vicaire de Jésus-Christ, le souverain Pontife.
» Vous aurez ajouté : Aujourd'hui que le Vatican est devenu la maison de l'affliction et des larmes, nous y allons dans le but de soulager les tristesses du souverain Pontife, par le récit de ce que nous faisons pour essuyer les larmes de la veuve, pour soulager le pauvre dans ses besoins et le malade dans ses soufirances, pour retirer de la voie du péché certaines âmes égarées et en préserver d'autres de la corruption vers laquelle on les pousse. Nous voulons , en un mot, consoler son cœur affligé, par le récit du bien que nous avons opéré.
» A propos du bien que vous accomplissez , je dois suggérer à votre charité une autre œuvre pieuse, toute spirituelle, toute de miséricorde.