CHAPITRE VINGT-DEUXIEME
la résolution de . recevoir avec respect et pureté le sacrement de mariage, si la divine Providence vous y appelle, et concevez en outre une salutaire défiance, je devrais presque dire une sainte horreur pour les mariages consanguins rapprochés. Saisissez déplus les occasions opportunes, et parlez-en à vos amis, à vos parents disposés à de semblables unions, afin de les en détourner... »
Il n'y a rien de pire que d'être révolutionnaire. Le révolutionnaire désire d'abord la liberté. Quand il l'a obtenue, il s'en sert pour arriver au pouvoir. Lorsqu'il s'en est emparé et s'y est consolidé, il ne garde plus aucune mesure; si les autres réclament la liberté pour eux-mêmes, il devient un tyran et condamne la liberté. La liberté dégénère en une tyrannie et en une licence qui retombent de tout leur poids sur les provinces et sur les villes.
Malheur à ceux qui s'associent avec les impies et qui jouent avec la révolution en prétendant la dominer ! Tôt ou tard cette révolution les entraînera dans ses gouffres.
La révolution ressemble à ce petit enfant qu'on engraissait par toute sorte de moyens, pour être ensuite immolé, les yeux bandés et les mains liées, aux divinités menteuses du paganisme. La révolution aura la même fin ; elle sera immolée par ses propres fils, ou plutôt elle s'immolera elle-même... Oui, ayez confiance. Pour nous débarrasser de nos oppresseurs nous n'aurons guère à y mettre nous-mêmes la main. La révolution se donnera elle-même la mort. Judith s'est servie de la propre épée du fier Holopherne pour le décapiter; également le jeune David, lorsqu'il eut, d'un simple coup de fronde, renversé le géant Goliath, s'empara tout de suite de sa lourde épée et lui trancha la tête.
« Ils disent que je suis fatigué. Oui, je le suis de tant d'iniquités et de désordres ; je le suis de voir chaque jour la religion outragée;
388 PlË IX, SA VIE, SON HISTOIRE, SON SIÈCLE.
je le suis surtout de voir la jeunesse pervertie dans des écoles sans Dieu. Mais si je suis fatigué, je ne suis pas encore disposé à rendre les armes, à pactiser avec l'injustice, à cesser de remplir mon devoir. Non, grâce à Dieu, pour cela je ne suis pas fatigué et j'espère ne l'être jamais. »
(( On connaît le sort du rebelle Absalon et comment il périt misérablement de trois coups. Je désire et j'appelle sur celui qui m'a si injustement dépouillé et me persécute, ces trois coups, non pas trois coups matériels, mais trois coups de la grâce divine. Que ces trois coups soient la pensée du passé, des injustices et des violences commises ; la pensée du présent qui lui fasse comprendre la condition malheureuse où il a réduit l'Eglise jusque dans son siège principal ; la pensée de l'avenir qui l'avertisse qu'il devra comparaître devant le trône de Dieu et y rendre un compte rigoureux de tout ce qu'il a fait.
» Nous ne désirons ni le mal ni la mort d'aucun ennemi ; mais qu'il se convertisse et qu'il vive. »
«... Les révolutions, parmi leurs grands maux, font aussi de grands biens. Voici la troisième fois, dans ma carrière, que je vois expulser les ordres religieux, et je ne trouve pas que la persécution les ait rendus moins réguliers et moins fervents : au contraire. »
« Les erreurs n'ont entre elles qu'un seul point de contact , c'est de contredire la vérité, et un seul attrait pour s'unir, c'est de haïr toutes également la vérité. »
« Les triomphes pour l'Eglise en ce monde ne sont pas de monter couronnée au Capitole : ce sont la conversion des pécheurs, la diffusion de la foi catholique, la sainteté du clergé, le bon exemple de tous les fidèles. »