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CHAPITRE VINGT-DEUXIEME

« Voyez comme, dans sa Providence, Dieu sait bien arranger la vie de ceux qu'il aime, ainsi qu'il l'a fait pour sa Mère et pour son Père nourricier. Ni toujours dans la joie, ni toujours dans la tristesse. Un jour on croit avoir perdu Jésus; mais on le cherche, on retourne au temple, et on le trouve. Demeurons avec Marie et Joseph : c'est le meilleur moyen d'être toujours avec Jésus... »

« La prière se fait mieux dans la solitude et le silence , mais l'on peut aussi prier en tout lieu et en tout temps. L'aveugle priait au milieu des rues et du bruit de Jéricho, et sa prière fut exaucée. Josué priait à cheval dans l'ardeur du combat, et sa prière fut exaucée. La Ghananéenne priait au milieu des contradictions de ceux qui la repoussaient comme importunant le Sauveur, et sa constance lui valut non-seulement d'être exaucée, mais d'être louée par le divin Maître. »

(( On demandait à saint Louis de Gonzague mourant : « Frère Louis, comment allez-vous? » Il répondit : « Nous nous en allons plein de joie. » Je souhaite, mes chers enfants, que, à l'heure de votre mort, vous rappelant vos bons exemples et vos bonnes œuvres, vous puissiez dire aussi: Nous nous en allons pleins de joie, recevoir dans le sein de Dieu notre récompense. »

(( Je me rappelle toujours avec bonheur les moments où je me consacrai d'une manière toute particulière au culte de la trèssainte Vierge , en donnant mon nom à sa Congrégation. Ce fut le 25 mars 1875 (1). La protection de Marie est le plus ferme et le plus

(1) Cette date a été consacrée par une inscription gravée sur le marbre et placée au collège romain, dans la chapelle de la congrégation Prima primaria, à laquelle se rattachent les innombrables congrégations de la sainte Vierge fondées dans les collèges chrétiens, dans les couvents, dans les écoles de religieuses et jusque dans les paroisses.

assuré de tous les appuis. C'est à elle qu'il faut s'attacher, c'est elle qu'il faut choisir pour guide et suivre avec fidélité. Et qu'est-ce que Marie demande de nous? Gela même qu'elle prescrivait aux serviteurs au repas des noces de Cana : Faîtes tout ce que Jésus vous dira. Et Jésus qu'exige-t-il de nous? Que nous observions les commandements de Dieu et de l'Eglise. »

« Le travail! personne n'en est dispensé ici-bas, ni riches, ni pauvres, ni grands, ni petits ; personne, pas même le Pape. Rester les bras croisés, serait-ce une conduite chrétienne? Non, il faut que chacun travaille, et par ce moyen empêche les démons de pénétrer dans la famille, et ensuite dans la société, qui est l'ensemble des familles.

» ... On reproche à l'Eglise de ne pas aimer le progrès. Je proteste contre ce reproche. L'Eglise approuve et bénit tout ce qui contribue au bonheur de ses enfants, tout ce qui améliore les conditions de l'existence, tout ce qui tend au développement intellectuel et moral, tout ce qui ennoblit l'humanité. Que les distances se rapprochent, que les montagnes s'aplanissent, que les vallées se comblent, que des relations s'établissent entre des peuples qui ne se connaissaient pas : l'Eglise applaudit et encourage. A ses yeux tout cela est bon et doit même servir à la prédication de la vérité, à l'extension du règne de Jésus- Christ.

» C'est l'Eglise qui a arraché le monde aux ténèbres de la barbarie; c'est à l'ombre de ses temples que les sciences, les lettres et les arts se sont conservés , pour grandir ensuite , et cela avec son aide, jusqu'à l'état de perfection où nous les voyons maintenant.

» Seulement l'Eglise demande qu'on ne détourne pas l'homme de ses destinées immortelles.

» L'Eglise n'est immuable que dans les règles de la morale et dans les enseignements de la foi. Cette immutabihté, elle ne la nie pas; au contraire, elle la réclame comme son plus grand honneur.

» Nous reconnaissons cependant un progrès en morale : il con-

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