‹ Pie IXChapitre 230 sur 288 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

elle les excite, dis-je, à poursuivre plus hardiment dans la voie des persécutions, et ces gouvernements obéissent. Dieu se lèvera un jour, et, se tournant vers l'oppresseur protestant, il lui dira : Tu as péché et gravement péché; mais ces gouvernements catholiques, sur quelque continent qu'ils se trouvent, ont plus gravement péché encore : Majus peccatum habent. ))

Nous avons raconté la confiscation à Rome de plus de cent monastères, couvents ou établissements d'instruction publique, avant la fin de 1873. Celle du collège romain et l'expulsion des PP. jésuites, ses propriétaires, fut consommée en 1874. On établit à leur place un lycée, et l'on abattit la belle sculpture de marbre où était gravé le saint nom de Jésus, et qui ornait la porte, pour y mettre l'écusson en bois de Victor-Emmanuel. Le général La Marmora prit devant Dieu et devant l'Europe la responsabilité de cet acte que tous les honnêtes gens qualifièrent.

Pour assaisonner le vol, on y ajouta une pointe d'ironie que les Piémontais seuls trouvèrent plaisante. On proposa aux professeurs du collège romain de continuer leurs leçons, mais comme fonctionnaires du gouvernement italien, et après avoir reçu, au préalable , des diplômes d'une université laïque. Se figure-t-on les PP. Secchi, Franzellin, Tarquini et tant d'autres, qui sont les premiers professeurs du monde, assis sur les bancs, devant des examinateurs piémontais quelconques? La pauvreté de Pie IX donna asile à la science. Les jésuites dispersés se réunirent, quoique fort à l'étroit, dans les salles du séminaire américain et dans celles du collège germanique ; ils y continuèrent ces cours internationaux, les plus étendus qui aient jamais existé (1).

Les nouveaux venus n'osèrent cependant pas chasser le P. Secchi de son observatoire.

Mais ce qu'on n'aurait jamais attendu, c'est que les spoliateurs portassent les mains sur les biens des basiUques de Saint- Pierre et de Latran, réservées par eux expressément au Saint-Siège, et jusque sur les biens de la Propagande.

(1) Rome comptait, en 1870, cent soixante-huit collèges ou écoles publiques,

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Ils ne les annexèrent point comme les autres, purement et simplement, mais ils créèrent une junte ou commission, appelée liquidatrice, qu'ils chargèrent de transformer en titres de la rente nationale toutes les propriétés immobilières ecclésiastiques non confisquées. Les titres de rente n'ont qu'une valeur éphémère, tout le monde en convient; leur taux est variable, et l'Italie, qui a déjà fait une banqueroute partielle en réduisant l'intérêt qu'elle s'était engagée à payer à ses créanciers, arrivera tôt ou tard à une banqueroute complète, personne n'en doute. Les titres de rente substitués par force aux biens immeubleS;, vaudront alors ce que valent les assignats de la première république française.

pour une population de 220,000 âmes. Le nombre des élèves y était de vingt mille enfants : il se décomposait ainsi :

Elèves internes des séminaires et des collèges ...,.., 703 Elèves suivant gratuitement les cours des écoles ..;.<. 5,555 Elèves payant une légère rétribution 1,603

Total 7,941

Jeunes filles internes élevées dans les conservatoires ou refuges. 2,986

Elèves externes gratuites 6,523

Elèves externes payantes 2,871

Total 11,380

Total général 19,321

(Statisque publiée en 1870 parles soins de Son Eminence le cardinal vicaire.)

Mais on remarquera que dans ce chiffre ne sont pas compris les orphelins et orphelines de Saint-Michel, de Termini, et autres hospices pubhcs. Tout compte fait, on arrive à une proportion de un écolier sur 10 habitants, proportion équivalant à celle que l'on obtient à Paris en se basant sur les mêmes éléments.

Depuis l'invasion, les écoles smis Dieu établies par la Révolution n'ont entravé qu'en partie le mouvement d'accroissement imprimé aux écoles par le gouvernement de Pie IX. Si , dans certains quartiers pauvres, quelques malheureux parents ont cédé aux menaces du bureau dit de Charité, ou aux attraits de primes pour eux-mêmes et d'un déjeûner gratuit pour les enfants, la plus grande partie du peuple romain résiste encore, et plusieurs écoles chrétiennes ont même vu s'augmenter considérablement, depuis 1870 , le nombre de leurs élèves.

Tout récemment, des impies étaient venus établir une école près du Vatican, au Borgo ; ils employaient tous les moyens en leur pouvoir pour y attirer les enfants des pauvres. Un ecclésiastique plein de zèle, M. l'abbé Louis Minocchesi, alarmé de voir l'erreur se répandre dans ce quartier, a réussi à arracher quelques-uns de ces malheureux aux périls qui uieuacent leurs âmes, et malgré les menaces des maîtres de perdition, il continue son œvivre sainte.

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