‹ Pie IXChapitre 28 sur 288 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

VOUS trahir. » Pie IX lui répondit en souriant qu'il avait déjà bien assez de gardes. Il lui fit toutefois donner dans le palais un emploi dont le villageois ne voulut plus au bout de quelques jours. « Que m'importent, disait-il, les gros gages et l'habit galonné? il me faut un poste où je puisse avoir la facilité de voir le Pape tous les jours. » On le mit à bêcher dans les jardins.

Courage, Saint-Pere! s'écriait du haut de la tribune française M. Thiers, alors chef de l'opposition. Et M. Guizot, chef du ministère, faisait insérer dans les discours du trône et dans les adresses à la couronne des paragraphes à la louange de Pie IX, paragraphes que les deux Chambres votaient à l'unanimité. Seulement, ni M. Guizot, ni M. Thiers ne comprenaient Pie IX; mais, d'accord en cela avec la Révolution et révolutionnaires eux-mêmes au fond du cœur, ils avaient l'air de voir en lui un Pontife isolé sur le siège apostolique, un pontife séparé de ses prédécesseurs, et condamné probablement à n'avoir pas de successeur. En Autriche^, M. de Metternich, en Angleterre, lord John Russel, enfin tous les gouvernements d'Europe et d'Amérique comblaient Pie IX d'encouragements publics et de féhcitations diplomatiques, et, chose rare, ils trouvaient sur ce point les oppositions dociles , quand elles ne rivalisaient pas avec eux pour augmenter l'éclat de semblables manifestations.

Mais d'où venait donc cette unanimité, et comment se faisait-il qu'amis et ennemis de la papauté s'entendissent ainsi pour exalter un Pape? C'est ce qu'il importe maintenant d'éclaircir.

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