‹ Pie IXChapitre 29 sur 288 · PRÉLUDES DU CRUCIFIGE · texte numérisé non relu

PRÉLUDES DU CRUCIFIGE

(( La Révolution française est satanique, écrivait Joseph de Maistre dès 1815, et si la contre-révolution n'est pas divine, elle est nulle. » En effet, le dernier mot de Satan : Non serviam ! est aussi celui de la Révolution. Pour qui la suit jusqu'au bout, sans s'arrêter à michemin dans des compromis que réprouve la logique elle-même, elle aboutit à la négation absolue du droit de commander et du devoir d'obéir. Plus de gouvernement parlant au nom des lois éternelles de la justice : la volonté individuelle de l'homme devient la loi suprême ; plus de Dieu , ou du moins plus de Dieu personnel et contrôlant les actes de l'homme : chaque individu devient à luimême son propre Dieu.

Pie IX fut le pontife providentiel choisi pour opposer à ce délire de l'esprit moderne les affirmations immuables du christianisme. C'était lui qui devait démasquer le monstre, le traîner en pleine lumière, et faire lire aux peuples étonnés le signe de la bête sur son front. Or, faire connaître la bête, c'est la vaincre. Non certes que la lutte soit finie. Satan, sous son masque libéral, a presque fasciné l'humanité, et l'Eghse n'a rien moins à faire qu'à reconquérir le monde comme aux siècles païens.

Est-il vraisemblable, qu'avant de recevoir le coup mortel, la Révolution ait pu espérer séduire aussi la main qui devait le lui porter, et gagner à ses doctrines jusqu'au futur signataire du Syllabus? N'a-t-elle pas au moins nourri le dessein de le lier avec des fleurs, de l'enivrer d'encens populaire, et, peut-être, de l'entraîner dans

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