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CHAPITRE NEUVIÈME

nistre le cardinal Antonelli, qui, depuis lors, ne cessa plus de remplir auprès de lui ces importantes fonctions. Ensuite il recommença paisiblement, comme si elle n'eût jamais été interrompue, sa vie de travail et de dévouement. Les hôpitaux le revirent au chevet des malades ; les pauvres retrouvèrent sa main libérale ; les sciences , les arts et l'industrie se relevèrent , et les étrangers reprirent le chemin de Rome, oublié depuis deux ans. La capitale du monde catholique avait perdu vingt mille habitants durant la Révolution ; elle les retrouva prompteraent, et même au delà, car la population totale de la ville , qui n'était que de 175 à 180,000 âmes à l'avènement de Pie IX, dépassait 220,000 en 1870, au moment de l'invasion piémontaise. Bref, Rome reprit cette physionomie joyeuse et animée, en même temps que tranquille , pieuse et harmonieuse , qui donne tant de charme au séjour de cette incomparable cité.

Après le retour de Pie IX à Rome, la Vierge immaculée, sous la protection de laquelle il avait placé sa personne et l'Eglise tout entière durant son exil, lui donna quelques années que l'on peut appeler calmes et paisibles , surtout si on les compare à la période orageuse qui les avait précédées et à celle qui les suivit. Il convenait que la famille chrétienne jouît de ce repos pour se livrer à la joie de déposer sur le front de sa Mère et de sa Reine une nouvelle couronne (1). Cette période heureuse dura neuf années, de 1850 à 1859, et elle peut être divisée elle-même en deux moitiés à peu près égales, l'une avant et l'autre après la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.

Parmi les actes pontificaux de Pie IX qui se rapportent à la première moitié, nous rappellerons, dans le domaine de la liturgie et de la disciphne, un bref du 31 mai 1850 déclarant double de seconde classe la fête de la Visitation de la Sainte-Vierge ; un autre du 4 avril 1851 élevant saint Hilaire, évêque de Poitiers , au rang des docteurs de l'Eglise ; un autre du 18 mai 1854 déclarant doubles mineures les fêtes de saint Timothée, de saint Tite et de saint Ignace d'Antioche ;

(1) L'abbé Guillaume, Continuation de l'Histoire universelle de l'Eglise, de Rohrbacher,

im autre, du 9 février 1853 organisant le collège des protonotaires apostoliques, et déterminant que les protonotaires participants seront au nombre de sept, continueront d'être soumis immédiatement au Saint-Siège et garderont le privilège de l'autel portatif : un autre du 28 juillet 1854 modifiant, pour les adapter à la situation actuelle, les statuts de l'ordre de Malte ou de Saint-Jean de Jérusalem ; un ■autre du 9 juillet 1854, approuvant l'admirable congrégation des Petites sœurs des pauvres , fondée à Saint-Servan en 1840, par de pauvres ouvrières ou domestiques.

Plusieurs lois attentatoires aux libertés et aux propriétés de l'Eglise ayant été votées par le congrès de la république américaine .de la Nouvelle-Grenade, le Pape avait écrit, en 1847, au président de cette république. Mais sa lettre semblait n'avoir servi qu'à précipiter la persécution. En 1850, le séminaire de Bogota avait été confisqué ; en 1851 , on interdit aux évêques la visite des couvents, on transféra -au peuple la nomination des curés, et aux conseils provinciaux celle des chanoines ; on dépouilla le clergé, et le congrès ^e déclara maître de fixer selon son bon plaisir les traitements ainsi que les droits et les devoirs sacerdotaux. Prêtres et évêques protestèrent unanimement. Le gouvernement leur répondit par l'emprisonnement et l'expulsion. Le ^àcaire capitulaire d'Antioquia ayant eu la faiblesse de céder sur quelques points à ces exigences injustes, Pie IX Fen reprit avec sévérité et lui ordonna de revenir sur sa décision. L'archevêque de Bogota, au contraire, M^''-Mosquera, étant demeuré ferme et inébranlable, reçut du Pasteur suprême tout l'appui qu'il en pouvait espérer. Il fut exilé, et après lui plusieurs de ses suflragants. Les glorieux proscrits rencontrèrent partout, en Espagne , en France, au Chih, l'accueil le plus sympathique ; le Pérou assigna une pension à l'évêque de Carthagène ; mais on arrivait au moment où il n'y aurait plus d'évêques dans la Nouvelle -Grenade. Enfin la majorité des députés et des sénateurs comprirent que ce n'était pas en détruisant la religion qu'on parviendrait à arrêter les incessantes révolutions si fatales au développement de l'Amérique espagnole, et la persécution se ralentit peu à peu.

Pie IX eut à louer et à soutenir, plus près de lui, un autre confes-

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