‹ Pie IXChapitre 68 sur 288 · CHAPITRE NEUVIÈME. lâb · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. lâb

ces lois qui attestent la décadence de la religion et de la moralité dans les Etats qui ont à les subir. »

L'attention de Pie IX était partout. En 1851, il termina heureusement, dans l'Hindoustan , le schisme de Goa occasionné par le droit de patronage que la couronne portugaise prétendait conserver sur les évoques de ce pays. La même année, il conclut avec l'Espagne un concordat réparateur, ratifiant la vente des biens « nationaux » , sauf restitution à l'Eglise de ceux qui n'étaient pas encore vendus, et assurant l'enseignement de la pure doctrine catholique dans tous les séminaires et écoles publiques, sous la surveillance des évêques.

Des conventions presque identiques furent signées avec les répubhques de Guatemala et de Costa- Rica , dans l'Amérique centrale.

Le nombre des sièges épiscopaux étant jugé insuffisant dans la petite communauté des Arméniens catholiques, vu les distances et l'état de dissémination des fidèles. Pie IX en créa de nouveaux.

Les trois îles de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion , débris de la puissance coloniale de l'ancienne France, n'avaient été gouvernées jusque-là que par des vicaires apostoliques, malgré les propositions du Saint-Siège. Pie IX obtint enfin, en 1850, l'accord du gouvernement français pour ériger un évêché dans chacune, à Saint-Denis pour la Réunion, à la Basse-Terre pour la Guadeloupe, et à Fort-de-France pour la Martinique. Ce dernier siège fut transféré, deux ans plus tard, à Saint-Pierre. Mais des créations épiscopales plus importantes encore furent celles qui eurent lieu en Angleterre et en Hollande.

Une lettre apostolique, en date du 24 septembre 1850, rétablit la hiérarchie ecclésiastique dans cette île des saints qui , depuis Henri VIII et Ehsabeth, avait été trop souvent l'île des martyrs. « Nous avons pensé, disait Pie IX, que, vu le progrès du temps et des choses, il n'était plus nécessaire de faire gouverner les catholiques d'Angleterre par des vicaires apostoliques, et que le nombre croissant des fidèles rendait indispensable la forme ordinaire du gouvernement épiscopal. Nous avons été confirmés dans cette pensée par le désir que nous ont exprimé en commun les vicaires aposto-

liques de ce pays, ainsi qu'un grand nombre de membres éminents du clergé et de laïques distingués par leurs vertus et leur rang. »

L'Angleterre forma une seule province ecclésiastique. Le siège métropolitain fut placé à Londres, sous le titre de Westminster, et l'arcliidiocèse comprit toute la partie de l'immense métropole qui est située sur la rive gauche de la Tamise. Il eut sous sa dépendance douze évêchés suffragants : Southwark, ou Londres, rive droite, Beverley, Liverpool , Salford , Shrop , Newport et Menevia , Gliffton , Plymouth, Hagulstald, Nottingham, Birmingham et Northampton.

Afin de ménager le plus possible les susceptibilités des anglicans, on avait évité de prendre les anciens titres des saint Augustin et des saint Wilfrid, des saint Dunstan et des saint Thomas, actuellement portés par des évêques hérétiques ; on avait préféré des titres plus modestes, empruntés à de simples quartiers des grandes villes, comme Westminster et GliflTton , ou à des centres de population considérables mais d'importance récente, tels que Liverpool et Birmingham. Pour surcroît de précautions. Pie IX avait communiqué son projet à lord Minto, ambassadeur officieux de la Grande-Bretagne à Rome; il en avait reçu l'assurance que l'organisation de la hiérarchie catholique ne rencontrerait pas plus d'obstacles en Angleterre qu'elle n'en avait rencontré dans les colonies anglaises.

On a peine à s'expliquer aujourd'hui, après vingt-cinq ans écoulés^ l'accès de vertige furieux dont fut saisi le peuple anglais, ordinairement si calme et si pratique , en présence de ce qu'on appela l'acte d'agression papale, the popish agression. Les évêques anglicans de Londres, de Gantorbéry, d'York et d'ailleurs, s'étaient crus jusqu'alors, ou avaient feint de se croire les successeurs légitimes des premiers fondateurs de leurs églises ; ils prétendaient être acceptés comme membres do la grande famille catholique, au moins tacitement, par les Papes; la création de diocèses catholiques en dehors des leurs, les forçait à renoncer devant le peuple à cette illusion. L'aristocratie anglaise, pour laquelle les évêchés sont un riche apanage, épousa chaudement leur querelle. La presse fut unanime à accuser le Pape d'empiéter sur les droits de la couronne; elle s'indigna de voir, disait-elle, les Etats de la reine Victoria démembrés et

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