CHAPITRE XI
LA GUERRE DE 1859 ET SES SUITES. — LES LEGATIONS ENLEVÉES AU SAINT -SIÈGE.
Le 1" janvier 1859, à la réception diplomatique des Tuileries, où l'on était loin de s'attendre à rien de semblable, Napoléon III dit à l'ambassadeur d'Autriche : <( Je regrette que mes relations avec votre gouvernement ne soient plus aussi bonnes que par le passé. » Cette simple phrase fut comme un coup de foudre dans un ciel serein.
Dix jours après, Victor-Emmanuel en donna le commentaire à l'ouverture du parlement piémontais, lorsqu'il déclara « n'être pas insensible aux cris de douleur qui s'élevaient vers lui, prétendaitil, de tant de parties de l'Italie. » Enfin, le 30 du même mois, le mariage du prince Napoléon, cousin de l'Empereur, avec une fille de Victor- Emmanuel , ne permit plus aucun doute : la France se trouvait avoir épousé, sans être consultée, les rancunes et les ambitions du cabinet de Turin.
Mais une brochure parut , le 4 février, qui redoubla les alarmes des amis de l'ordre et de la paix. Cette brochure, inspirée et dictée, sinon écrite par l'Empereur, avait pour titre : Napoléon III et l'Italie; elle était un programme de remaniement politique de l'Italie. Elle déchargeait Pie IX de toutes les accusations élevées contre lui par la révolution , mais c'était pour les faire retomber sur la papauté elle-même. « Le Pape, disait-elle, placé entre deux devoirs, en est réduit à sacrifier l'un à l'autre; il sacrifie nécessairement le devoir politique au devoir spirituel; condamnation non de Pie IX, mais