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CHAPITRE ONZIEME

pandre ses bénédictions sur l'Empereur, sur son auguste compagne, sur le prince impérial, et sur toute la France. »

Quelques jours plus tard, le Moniteur publiait la lettre suivante de l'Empereur au Pape, en date du 31 décembre 18o9 :

(( La lettre que Votre Sainteté a bien voulu m'écrire le 2 décembre m'a vivement touché, et je répondrai avec une entière franchise à l'appel fait à ma loyauté.

» Une de mes plus vives préoccupations pendant et après la guerre a été la situation des Etats de l'Eghse , et certes , parmi les raisons puissantes qui m'ont engagé à faire si promptement la paix , il faut compter la crainte de voir tous les jours la Révolution faire de nouveaux progrès. Les faits ont uae logique inexorable; malgré la présence de mes troupes à Rome, et malgré mon dévouement au Saint-Siège, je ne pouvais échapper à une certaine solidarité avec les effets du mouvement national provoqué en Italie par la lutte contre l'Autriche.

» La paix une fois conclue, je m'empressai d'écrire à Votre Sainteté, pour lui soumettre les idées les plus propres, selon moi , à amener la pacification des Romagnes, et je crois encore que si, dès cette époque, Votre Sainteté eût consenti à une séparation administrative de ces provinces et à la nomination d'un gouverneur laïque, elles seraient rentrées sous son autorité. Malheureusement, cela n'a pas eu lieu, et je me suis trouvé impuissant à empêcher l'établissement d'un nouveau régime. Mes efforts n'ont abouti qu'à empêcher l'insurrection de s'étendre, et la démission de Garibaldi a préservé les Marches d'Ancône d'une invasion certaine.

» Aujourd'hui, le Congrès va se réunir. Les puissances ne sauraient méconnaître les droits incontestables du Saint-Siège sur les Légations : néanmoins il est probable qu'elles seront d'avis de ne pas recourir à la violence pour les soumettre. Car si cette soumission était obtenue à l'aide de forces étrangères , il faudrait encore occuper les Légations militairement pendant longtemps. Cette occupation entretiendrait les haines et les rancunes du peuple

italien, comme la jalousie des grandes puissances : ce serait donc perpétuer un état d'irritation , de malaise et de crainte.

» Que reste-t-il donc à faire ? car enfin cette incertitude ne peut pas durer toujours. Après un examen sérieux des difficultés et des dangers que présentaient les diverses combinaisons, je le dis avec un regret sincère , et quelque pénible que soit la solution , ce qui me paraîtrait le plus conforme aux véritables intérêts du Saint-Siège, ce serait de faire le sacrifice des provinces révoltées. Si le Saint-Père, pour le repos de l'Europe, renonçait à ces provinces qui , depuis cinquante ans, suscitent tant d'embarras à son gouvernement, et qu'en échange il demandât aux puissances de lui garantir la possession du reste, je ne doute pas du retour immédiat de l'ordre. Alors le Saint-Père assurerait à l'Italie reconnaissante la paix pendant de longues années, et au Saint-Siège la possession paisible de l'Etat de l'Eglise.

» Votre Sainteté, j'aime à le croire, ne se méprendra pas sur les sentiments qui m'animent. Elle comprendra les difficultés de ma situation. Elle interprétera avec bienveillance la franchise de mon langage, en se souvenant de tout ce que j'ai fait pour la religion catholique et pour son auguste Chef.

)) J'ai exprimé sans réserve toute ma pensée, et je l'ai cru indispensable avant le Congrès. Mais je prie Votre Sainteté, quelle que soit sa décision, de croire qu'elle ne changera en rien la ligne de conduite que j'ai toujours tenue à son égard.

» En remerciant Votre Sainteté de la bénédiction apostolique qu'Elle a envoyée à l'Impératrice , au Prince impérial et à moi, je lui renouvelle l'assurance de ma profonde vénération.

» De Votre Sainteté, le dévot fils,

» Napoléoin. »

Cette lettre ne permettait plus de douter que la politique de la brochure : Le Pape et le Congrès, ne fût celle de Napoléon III , et , dès qu'elle fut connue, le Congrès même devint impossible. Ni le Saint-Siège ne pouvait consentir à une délibération qui poserait sa dépossession en principe, ni l'Autriche se prêter à des combinaisons

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