CHAPITRE ONZIEME
la sagesse politique dont ils avaient donné tant de preuves jusquelà , sembla se tourner en folie ! Laissons dire les aveugles volontaires, c'est toujours Dieu qui est le maître.
Voici , du reste, les termes de la sentence :
(( Nous déclarons que tous ceux qui ont pris part à la rébellion, à l'usurpation , à l'occupation et à l'invasion criminelle des provinces susdites de nos Etats, dont Nous Nous sommes plaint dans l'allocution du 20 juin et du 26 septembre de l'année dernière, de même leurs commettants, fauteurs, aides, conseillers, adhérents, ou autres quelconques ayant procuré, sous quelque prétexte et de quelque manière que ce soit, l'exécution des choses susdites, ou les ayant exécutées par eux-mêmes, ont encouru l'excommunication majeure et autres censures et peines ecclésiastiques portées par les saints canons et les constitutions apostoliques , par les décrets des conciles généraux, et notamment du concile de Trente. (Sess. xxii, chap. XI, De la réforme)^ et au besoin. Nous les excommunions et anathématisons de nouveau... »
Napoléon III réussit à empêcher que le vrai texte de la bulle ne fût connu en France. A la place de ce texte, les journaux révolutionnaires et officieux en forgèrent un, aussi odieux qu'extravagant , qu'ils allongèrent de la signature fausse de Pie IX , et livrèrent ainsi aux moqueries d'un public imbécile. Les évêques essayèrent de rétablir la vérité; mais un décret, on s'en souvient, avait interdit à leurs rectifications l'accès des journaux. Il importait, du reste, à la Révolution italienne, dont Napoléon s'était fait le serviteur, de ne pas laisser refroidir les animosités de l'opinion pervertie. A peine maîtresse des Romagnes , elle se préparait déjà à envahir les Marches et l'Ombrie, en attendant de prendre tout le reste.