CHAMBÉRY. - CASTELFIDARDO. - ANCONE
Pie IX sentait grandir l'orage et lui tenait tête sans trouble ni faiblesse, mais sans forfanterie, satisfait, de n'avoir aucun tort de son côté , et s'en remettant pour le reste à la divine Providence. Il disait aux prédicateurs de Carême, le 16 février 1860 : « Nous ne sommes encore qu'au commencement des maux qui vont fondre sur nous; mais nous avons devant les yeux cette consolante perspective, qu'au fur et à mesure que les calamités se suivront , l'esprit de foi et de sacrifice se développera davantage. »
Vers la même époque, un sculpteur illustre préparait son buste et s'arrêtait pour admirer la largeur et la hauteur de son front. Pie IX saisit l'ébauclioir et traça lui-même ces mots sur l'argile : Ecce dedi frontem tuam duriorem frontibus eorum : « Voici que j'ai rendu ton front plus dur que le leur. » Il marquait par là que ses ennemis avaient beau être obstinés , il le serait plus qu'eux.
Un autre jour, un personnage fort instruit des tendances des divers gouvernements de l'Europe, l'entretenait des difficultés de la situation : « Si les cabinets ont leur politique, moi aussi, dit le Pape, j'ai la mienne. — Pourriez-vous m'en faire 'part? demanda son interlocuteur. — Volontiers, mon fils; écoutez bien. » Alors élevant au ciel un regard transfiguré par la foi , le Vicaire de Jésus-Christ dit lentement : « Notre Père qui êtes aux cieux , que votre règne arrive, que votre volonté se fasse sur la terre comme au ciel! » Puis il ajouta : « Vous connaissez maintenant toute ma politique, mon fils, je vous autorise à la divulguer. »