IV PREFACE
à la critique. Si je voulais encore m'appuyer de Molière , je pourrais trouver une réponse dans son chef-d'œuvre. Tout le monde sait que le Tartuffe ne paraît qu'au 3^ acte, et qu'un dépit d'amour remplit le second. Mais comme la route de ce grand homme ne peut être celle de tout le monde , dès le pf emier acte , j'ai cru devoir présenter au public mon principal personnage. Il était de mon intérêt , avant de lier fortement mon intrigue , de l'offrir sous toutes les formes qu«i conviennent à sa jeunesse et à son genre d'esprit. En environnant cette jeune fille de personnages qui ne s'occupent que d'elle pour leurs intérêts , j'ai trouvé plus de facilité à développer la mobilité de son caractère. D'abord c'est la naïveté de l'enfance , quelquefois la coquetterie et la malice d'une espiègle, et toujours la candeur de l'innocence. Je la comparerais volontiers à la jeune fille qui court et cueille des fleurs sur les bords d'un ruisseau; sur la rive opposée, des voyageurs admirent sa grâce et sa légèreté; ils l'aiment déjà; mais, quelle est leur terreur quand, au cri d'effroi qu'elle jette, ils découvrent près d'elle un horrible serpent !...
Fri^dus , 6 pueri , f agite hinc , latet anguis in herba.
ViRCiL. Eclog. m.