‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 234 sur 453 · ERS EST · texte numérisé non relu

ERS EST

En vérité?... Je veux qu'elle m'en donne uû tantôt.

SAINT-LEGER

Tu fais le brave , à présent ; mais , si elle paraissait

ERNEST

Ne me fais pas peur! je ne suis pas encore asses rassuré.

SAINT-LEGER

Que lui dirais-tu ? Voyons.

ERNEST

Attends. {Il tousse.) Hum ! « Madame,.... boa f» Dieu î je ne sais pas comment cela se fait ; mais , to depuis que je vous ai vue , j'éprouve une agita- » tion.... un trouble.... je ne pense qu'à vous: rien f* n€ peut me distraire de vous: vous, toujours * vous.... jusqnes dans mes songes. »

SAINT- LEGER

Cela ne vaut rien.

E R N j: s f , vïvemen t.

Voilà pourtant ce que j'ai dit à ma petite cou- «ine , et elle m'a aimé tout de suite.

SAINT LEGER

A ta petite cousine oui je lui aurais dit

cela aussi, moi ; mais nous ne sommes pas ici en province.

ERNEST, impatienté.

Puisqu'elle vient de province...

SAINT-LEGER

Fort bien!; mais.... elle est à Paris ; et, à Paris,

vois-tu , il faut du mouvement, de la chaleur, une espèce de brusquerie passionne'e dans sa de'clara^ tion. Les femmes s'attendent à cela , en arrivant de leur département Tu es déjà passablement bien avec elle, ; elle t'a. dit au bal : « M. Ernest, nous nous reverrôns. » Elle a lu une lettre de toi... 11 faut, à la première vue, t'élancer vers elle, et lui dire : « Charmante Agathe...... » ou tout autre

nom: cela fait toujours plaisir aux dames d'être appelées de leur nom de demoiselle. « Cliarmante..» Son nom , enfin ; nous le saurons. << l^n moment ^>. a sufti pour embraser mon cœur de tous » les feux de Famour. Je vous chéris, je vo'us * adore.... Cette grâce, ces yeux, et cœtera...\ous

i> sont garans de ma fidélité... » Des liçux communs ; mais dits avec une chaleur... là... comime si ça s'échappait du cœur, malgré soi.

ERNi SX, s animant.

V) suis, j'y suis. « Charmante Agathe! ...; ou tout autre nom. « un moment a suffi pour embia- » ser.... {A Saint-Léger ., qui va à l uppartein^ni di: sa femme.) Où vas-lu donc., mou ami.^

SAINT-LF.r,ER.

.Bien ! bien ! Continue... De Tame.

( Il frappe à la porte de Madame de Saint Léger. ) ERNEST.

O Ciel ! tu frappes à la porte !

SAIN-LEGER

Oui; te voilà dans un bon moment , il faut...

ERNEST

!Non,non; je ne suis pas préparé. ..Je me sauve!....

SAINT-LEGER, le retenant Allons, reste. Fais-moi un peu d'honneur.

S C E iN E X X 1.

LISETTE ^ sortant de l'appar/i'mrnt de sa maîtresse ; SAINT- LEGER, ERNEST.

ERNKST, à part.

C'est la suivante î Je respire.

SAINT-LEGER, aperceçant Lisette.

Ab !... Il n'y pas de mal; il faut que tu saches comment on séduit ces petites personnes-là.

LISETTE, s approchant.

Messieurs, puis-je savoir....

SAINT LEGER

Oui, mon enfaiit. C'est mon jeune ami, M. Ernest... Une lettre, tu sais bien , que tu as remise à ta maîtresse... Voici des yeux qui disent que tu n'es pas insensible aux peines , aux tourmens de l'amour.

LISETTE

Mes yeux ne parlent pas pour ma maîtresse.

SAINT-LEGER, bas à Emâst.

Donne-lui ta bourse.

38 LEMARI ET L' AMANT,

ERNEST, de même.

Je n'en ai pas ; je n'ai point trouvé mon tan*quicr.

SAINT-LEGER, lui domiaut sa bourse.

Voici la mienne.

(i) ERNEST, /« prenant et la présentant à Lisette.

Mademoiselle, voulez-vous me permettre cl» Vous offrir....

LISETTE, acceptant.

Tout ce qu'il vous plaira, M. Ernest.

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