ERS EST
En vérité?... Je veux qu'elle m'en donne uû tantôt.
SAINT-LEGER
Tu fais le brave , à présent ; mais , si elle paraissait
ERNEST
Ne me fais pas peur! je ne suis pas encore asses rassuré.
SAINT-LEGER
Que lui dirais-tu ? Voyons.
ERNEST
Attends. {Il tousse.) Hum ! « Madame,.... boa f» Dieu î je ne sais pas comment cela se fait ; mais , to depuis que je vous ai vue , j'éprouve une agita- » tion.... un trouble.... je ne pense qu'à vous: rien f* n€ peut me distraire de vous: vous, toujours * vous.... jusqnes dans mes songes. »
SAINT- LEGER
Cela ne vaut rien.
E R N j: s f , vïvemen t.
Voilà pourtant ce que j'ai dit à ma petite cou- «ine , et elle m'a aimé tout de suite.
SAINT LEGER
A ta petite cousine oui je lui aurais dit
cela aussi, moi ; mais nous ne sommes pas ici en province.
ERNEST, impatienté.
Puisqu'elle vient de province...
SAINT-LEGER
Fort bien!; mais.... elle est à Paris ; et, à Paris,
vois-tu , il faut du mouvement, de la chaleur, une espèce de brusquerie passionne'e dans sa de'clara^ tion. Les femmes s'attendent à cela , en arrivant de leur département Tu es déjà passablement bien avec elle, ; elle t'a. dit au bal : « M. Ernest, nous nous reverrôns. » Elle a lu une lettre de toi... 11 faut, à la première vue, t'élancer vers elle, et lui dire : « Charmante Agathe...... » ou tout autre
nom: cela fait toujours plaisir aux dames d'être appelées de leur nom de demoiselle. « Cliarmante..» Son nom , enfin ; nous le saurons. << l^n moment ^>. a sufti pour embraser mon cœur de tous » les feux de Famour. Je vous chéris, je vo'us * adore.... Cette grâce, ces yeux, et cœtera...\ous
i> sont garans de ma fidélité... » Des liçux communs ; mais dits avec une chaleur... là... comime si ça s'échappait du cœur, malgré soi.
ERNi SX, s animant.
V) suis, j'y suis. « Charmante Agathe! ...; ou tout autre nom. « un moment a suffi pour embia- » ser.... {A Saint-Léger ., qui va à l uppartein^ni di: sa femme.) Où vas-lu donc., mou ami.^
SAINT-LF.r,ER.
.Bien ! bien ! Continue... De Tame.
( Il frappe à la porte de Madame de Saint Léger. ) ERNEST.
O Ciel ! tu frappes à la porte !
SAIN-LEGER
Oui; te voilà dans un bon moment , il faut...
ERNEST
!Non,non; je ne suis pas préparé. ..Je me sauve!....
SAINT-LEGER, le retenant Allons, reste. Fais-moi un peu d'honneur.
S C E iN E X X 1.
LISETTE ^ sortant de l'appar/i'mrnt de sa maîtresse ; SAINT- LEGER, ERNEST.
ERNKST, à part.
C'est la suivante î Je respire.
SAINT-LEGER, aperceçant Lisette.
Ab !... Il n'y pas de mal; il faut que tu saches comment on séduit ces petites personnes-là.
LISETTE, s approchant.
Messieurs, puis-je savoir....
SAINT LEGER
Oui, mon enfaiit. C'est mon jeune ami, M. Ernest... Une lettre, tu sais bien , que tu as remise à ta maîtresse... Voici des yeux qui disent que tu n'es pas insensible aux peines , aux tourmens de l'amour.
LISETTE
Mes yeux ne parlent pas pour ma maîtresse.
SAINT-LEGER, bas à Emâst.
Donne-lui ta bourse.
38 LEMARI ET L' AMANT,
ERNEST, de même.
Je n'en ai pas ; je n'ai point trouvé mon tan*quicr.
SAINT-LEGER, lui domiaut sa bourse.
Voici la mienne.
(i) ERNEST, /« prenant et la présentant à Lisette.
Mademoiselle, voulez-vous me permettre cl» Vous offrir....
LISETTE, acceptant.
Tout ce qu'il vous plaira, M. Ernest.