‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 344 sur 453 · ACTE II, SCÈNE X. 5i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X. 5i

Madame; gardez-vous d'en juger autrement. Tenez ! si vous pouviez lire au fond de son âme, Son amitié pour vous vous toucherait, Madame. Ah! daignez-y répondre, et combler notre espoir. Daignez.... *

jviME DORVAL , furieuse.

Retirez-vous! je ne puis plus vous voir.

SOPHIE , a part.

Que vas^tu devenir , malheureuse Sophie!

(Elle sort.)

M**= DORVAL , seule.

J'étouffe de fureur ! je meurs de jalousie ! Il semble qu'apprêtant ses phrases avec art , La perfide , à plaisir , enfonce le poignard ! .... A quel rôle , grand Dieu ! je me vois descendue ! Quand il venait me faire une cour assidue, Quand il m'environnait d'hommages et de soins , Il paraissait m'aimer : je le croyais du moins ! De tant d'empressement je me sentais flattée; J'écoutais ses discours ! glorieuse, enchantée, J'accueillais un amour.... que je n'inspirais pas! Crédule que j'étais! c'est pour d'autres appas Qu'éclatait tout le feu qui dans ses regards brille ; Ses vœux passaient par moi pour aller à ma fille ! Cet air , que j'ai cru tendre, était respectueux;

Et, quand il me flattait j'étais mère à ses yeux ! ....

(Elle sonne.) Ah ! je saurai punir l'ingrat qui m'a trahie.

5ri LA MÈRE RIVALE.

fAu laquais, qui se présente.) (Le valet sort.)

Que l'on mette à linstant les chevaux. Que Sophie , De Paris et de moi s'éloignant sans retour, Soit conduite à ma terre , avant la fin du jour.

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