ACTE IV, SCÈNE IV
La candeur de votre ame et sa simplicité,
Présents de la nature et d(^ la vérité,
N'ont pu vous découvrir cette trame odieuse :
Mais jugez avec moi cette tante orgueilleuse
Qui par 1^ chevalier apprend qu'un vrai trésor
Est caché dans ses murs : que fait-elle d'abord ?
Jadis on dédaignait une petite fille
Qui devient dans Tinstant l'appui de la famille.
Tout change en un clin-d'œilj aux mauvais traitements
On a fait succéder les plus doux compliments,
La baronne à l'instant s'empare de l'idole;
Pour Forner, l'embellir, rien ne paraît frivole.
Elle fait la malade , et l'on parle des eaux.
Le prince, qu'on y sait, s'y rencontre à propos.
Là, ce sont les hochets de la magnificence,
Des présents corrupteurs offerts à l'innocence .
Des fêtes et des jeux donnés avec éclat ;
Et de tous ces plaisirs quel est le résultat ? »
C'est d'apprendre à Tceplitz , au peuple , à la noblesse,
Qu'Emma, riche en attraits et non moins en sagesse,
Dont le cœur confiant en sa douce vertu
Ne voit jamais le mal , ne l'a jamais conçu ,
Que cette noble Emma , d'un prince trop aimée ,
Du nom de sa maîtresse est déjà diffamée.
EMMA, prête à s^ évanouir.
Mon cœur
EDMOND, la soutenant.
Pour vous sauver je devais le blesser. '