‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 73 sur 453 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

La candeur de votre ame et sa simplicité,

Présents de la nature et d(^ la vérité,

N'ont pu vous découvrir cette trame odieuse :

Mais jugez avec moi cette tante orgueilleuse

Qui par 1^ chevalier apprend qu'un vrai trésor

Est caché dans ses murs : que fait-elle d'abord ?

Jadis on dédaignait une petite fille

Qui devient dans Tinstant l'appui de la famille.

Tout change en un clin-d'œilj aux mauvais traitements

On a fait succéder les plus doux compliments,

La baronne à l'instant s'empare de l'idole;

Pour Forner, l'embellir, rien ne paraît frivole.

Elle fait la malade , et l'on parle des eaux.

Le prince, qu'on y sait, s'y rencontre à propos.

Là, ce sont les hochets de la magnificence,

Des présents corrupteurs offerts à l'innocence .

Des fêtes et des jeux donnés avec éclat ;

Et de tous ces plaisirs quel est le résultat ? »

C'est d'apprendre à Tceplitz , au peuple , à la noblesse,

Qu'Emma, riche en attraits et non moins en sagesse,

Dont le cœur confiant en sa douce vertu

Ne voit jamais le mal , ne l'a jamais conçu ,

Que cette noble Emma , d'un prince trop aimée ,

Du nom de sa maîtresse est déjà diffamée.

EMMA, prête à s^ évanouir.

Mon cœur

EDMOND, la soutenant.

Pour vous sauver je devais le blesser. '

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