‹ Pièces de théâtreChapitre 1195 sur 1241 · LA DUCHESSE, CHALAIS · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE, CHALAIS

OBAI.AIS.

.l'ai eiu que nous mourrions ici Ions trois. (Il va fermer !<• verrou a la porte du fond eteourt ;'i celle du cabinet. ) Venez, Marie, vinc/. Ililnm, ne in'entcnde/.-vous pas? Marie! (Il la confiait prea d'un t'.uiiciiil ei ta Fait aMeoir.) Remettez-vous, nous n'avez, plus rien à craindre.

* (".balais . CIuviciim

LA DUCHESSE

Non, plus rien, n'est-ce pas? Encore un coup pareil et je tomberai morte; mais je suis sauvée, maintenant? sauvée... ah! mon Dieu!

( Elle pleure. )

Calmez-vous, au nom du ciel !

LA DUCHESSE

Oui , il faut que je parte à l'instant.

CHALAIS

Eh! le pouvez-vous, accablée comme vous l'êtes? Attendez quelques minutes encore.

LA DUCHESSE

Attendre? et s'il revenait?... je ne me cacherais plus, savez- vous? Je ile le livrerais pas une seconde fois au ridicule et au mépris : j'aimerais mieux qu'il me tuât. Lui ! cet homme si noble, si plein d'honneur, il plaisantait de sa propre infamie! il s'est retiré en riant devant cette femme qu'il savait ici ; et cette femme, c'est la sienne! elle entendait tout, et elle n'est pas morte de honte et de désespoir!

CHALAIS

Marie !

LA DUCHESSE

J'ai tout entendu, vous dis-je, le motif de sa visite et celui qui l'a fait sortir.

CHALAIS

Eh bien! maudissez-moi, car je vous ai flétri.' à vos propres yeux, et pourtant vous étiez pure et n'avez pas cessé de l'être; mais mon amour est fatal, il porte avec lui la douleur et !:• remords. Oh! je >ui-> malheureux, moi, qui auraifl donné ma vie pour vous éviter un char grin, et qui vous lé;;ue le désespoir! moi, pour qui vous avez tout bravé, et qui ne peux même pas vous laisser la consolation de m'avoirsauvé!

El pourquoi me refuser jusqu'à celle-là?

cim.Ais.

Scra-t-ell.- en mon pouvoir dans une heure?

LA DUCHESSE, te levant.

Ah ! oui , ce duel , c'est cela , il faut vous y trouver ; el si vous échappez à votre adversaire, vous n'échapperez pas au bourreau ; mais que vous importe? vous ne laissez aucun regret après vous.

Cil U.AIS.

M. nie! assez, je vous en supplie... j'ai besoin de tout mon courage.

LA DUCHESSE

Et ne m'en faut -il pas , à moi ?

CHALAIS, regardant la pendule.

Ah ! l'heure est déjà passée.

la m CHESSE | l'arrêtant Encore un instant, mon Dieu! un instant, i ien de plus.

CHALAIS

Non, non., je ne le puis... ne me reU nez pas.

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