‹ Pièces de théâtreChapitre 120 sur 1241 · LEPIDUS, ANNIUS · texte numérisé non relu

LEPIDUS, ANNIUS

ANNIUS

Écoute, Lcpidus, de nous trôislo moins ivre, Sans contestation, c'est moi.

LEPIDUS

Soit!

ANNIUS

Veux-tu vivre?

Veux-tu mourir? Choisis.

LEPIDUS

Moi!

ANNIUS

Toi!

LETIDUS.

Mauvais plaisant!

ANNIUS

Réponds.

LEPIDUS

J'aime mieux vivre.

ANNICS.

Alors, allons-nous-en.

LEPIDUS

Moi, m'en aller sans voir cette femme divine!

ANNIUS

Insensé! qui demandes à voir la Messaline! 0 trois fois insensé!

LEPIDUS

Voyez comme en tous lieux Le mérite après lui traîne des envieux!

ANNll S.

Mail m ne taii donc pas ce qu'elle esi, cette femme?

LBPim s [flamme,

tu que sort beau corpi enferme un cœur de

Et que l'amour, à qui tous destins sont connus, La donna pour prêtresse à sa mère Vénus.

ANNIUS

Eh bien donc, c'est à moi de te dire le reste: Écoute: mieux pour toi vaudrait, ainsi qu'Oreste, Avoir, par un forfait exécrable, odieux, Amassé sur ton front la colère des Dieux , Qu'avoir guidé sur toi, par quelque vœu profane, Le regard dévorant de cette courtisane.

Crois-moi, n'arrête pas, en étendant la main, Le malhcurqui suivait l'autre bord du chemin; Crainscettefemmeaux yeux sombres, aux lèvres pâ- Et qui naquit, dit-on, dans les ides fatales ; [les, Car ne va pas penser, enfant, que son amour Soit un amour joyeux et qui chante au grand jour, Un amour que le soir, au feu de la résine, Reconduise à ton seuil la flûte tibicine, Etqui, las de bonheur, s'éveille le matin, Sur un lit tout jonché des roses du festin. Non pas, ami, ce sontdes amours taciturnes, Cherchant des voluptés étranges et nocturnes, Qui veulent des plaisirs d'autres plaisirs suivis, Qui, lassés quelquefois , mais jamais assouvis, Vontdans l'ombre, laissant sur leur passage infâme Quelque corps inconnu d'enfant, d'homme ou de CarlcTibrcdéjà,complice aux flotsprudcns,[femrae, Roule à la mer la tète, un bâillon dans les dents. Crois-moi, ne tentons pas les destins qu'elle cuuvc, Nous avons bien assez du tigre sans la louve.

LEPIDUS

Que dis-tuî

ANNIC9.

Je te dis ce que chacun tout bas.

Te dirait... ou plutôt, non, ne te dirait pas. Car nul de nous ne sait, alors qu'à la lumière Il ouvre le matin sa joyeuse paupière, Dans quel cachot mauditou quel tombeau pieux, Le soir, captif ou mort, il fermera les yeux. Aussi celui qui sait le péril, s'il le brave, Affranchissant bientôt son plus fidèle esclave, Lui met sous sa tunique un fer court etdiscret, Afin d'avoir sans cesse un assassin tout prêt, Qui, dans l'occasion, d'une main prompte et sûn-, Bourreau reconnaissant, lui sauve la torture. Oui, c'est qu'incessamment nous sommes épiés,

parle flot qui vient braver nos pies, Épiés par l'oiseau qui sur nos tètes passe, Par le scrpentqui fuitctqui n'a point de trace;, Far l'herbe de la plaine et par l'arbre des bois, Qui trois trouvent un son, un langage, une voix, Tour rediro aussitôt à des maîtres faroue lu s Lecosptot qu'en un rète ont murmuré nos bou- Tu doutes? [< l,.

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