‹ Pièces de théâtreChapitre 289 sur 1241 · EUGÉNIE, CHARLES, NANON · texte numérisé non relu

EUGÉNIE, CHARLES, NANON

CHARLES. Il est furieux contre, moi...

(Goûtant ion ihocolal.) Eh! mais, il est délicieux.

EUGÉME. P.ai ISSeï SUCTe peut-être.

CHARLES, prenant du sucre. Vouscroycz...

LA FILLi. DE L AVAUL ,

c'est égal, je n'en ai jamais pris de si bon à Paris.

NANON. Je crois bien... c'est mamzellc qui l'a fait soi-même.

CHARLES. En vérité! je suis bien aise d'en être prévenu... 11 va m'en paraître encore meilleur... Gomme vous me regardez , ma cousine !

EUGÉNIE. Pardon... c'est que j'aimais tant ma mère.

CHARLES. Oui... mon père m'a parlé souvent de sa bonté.

EUGÉNIE. Et lui aussi, il est bien bon, n est-cepas? (Elle s'asseoit auprès de Charles.)

CHARLES. Lui!., le meilleur, le plugénéreux des hommes... et avec moi , quelle indulgence! mes moindres déairs , mes caprices même, car j'en ai quelquefois... il tes devint;, il Les prévient... et quand il me voit entrera la maison, tout joyeux d'une journée aussi frivole que la me a été laborieuse, il a presque l'air de me remercier. « Charles, mon garçon, me dit-il, c'est bien; dans mon tems, je n'ai pu jouir de ma jeunesse... qu'au moins j'en aie une en toi... mon tems est passé... Il faut bien que tu m'en dédommage... que tu prennes du plaisir pour nous deux...» Aussi, par obéissance, je ne néglige rien pour que le compte s'y trouve... tous les jours de nouvelles parties... spectacles, fêtes, bals! mon pauvre père... je lui dois bien ça.

\\XON. Bonté divine!., ah! mamzellc , que je voudrais avoir ce père-là... pour changer avec vous !

EUGÉNIE. Nanon.

CHARLES. Que veut-elle dire?

EUGÉNIE. Est-ce que von- l 'écoutez, mon cousin?., elle est folle!., moi désirer un autre père que le mien , dont je >uis toute la joie, tout le bonheur !.. lui aussi, il est généreux avec moi.

NAXOx. Mais quand vous iriez bien un brin dans ces bals, ces spectacles dont parle votre < ■ou-in.

CHARLES. Serait-il vrai! TOUS n'y allez i la ville v oisine?

\ \\o\. .1 imais... Dam ! ne.

EUGÉH1B. .Mon Dieu ! mon COUlin, j n \

e pas... élevée dans celte maison [•aima mère qui s' j trouvait heureuse, mes regards et mes vœux n< sont jamais

portes plus loin... j'ai appris d'elle à complaire en tout ;'i mou pi |OU-

naiter d'autre bonheur... en ce momenl peut-être, voui me doueriez presque Penï ie <le me trouver au milieu de i nions brillantes. .. mais une fois, nue seule fois, pour y jetter un coup d'œil... pour I

vous y voir, et m'en souvenir toujours après.

NANON, t coûtant. Ciel!

EUGÉXIE, se levant. Quoi donc?

NANON. Hien... je crevais entendre...

CHARLES. Eh bien! ma cousine, vous y viendrez dans ce monde que vous ne connaissez pas... je le veux, j'y tiens, par amour-propre de cousin.

EUGÉNIE. Que dites-vous?

CHARLES. Cela regarde mon père... et je suis sur qu'il en parle au vôtre, dans cette lettre que je lui ai remise.

NANON, passant entre Eugénie et Charles. Ah! cette lettre qu'il lisait encore ce matin... il avait un air tout drôle... C'est quelque secret.

Charles. Oui, un secret de famille...

que vous saurez bientôt... Vous viendrez à Paris ma cousine.

EUGÉXIE. Moi !

NANON, bas d Eugénie. Je crois que M. Isidore avait raison.

EUGÉXIE, toute tremblante. J'en ai peur.

CHARLES. Et peut-être que, dès à présent, je puis vous confier entre nous...

EUGÉXIE. Non, mon cousin, non, non...

puisque c'est un secret, attendez, ne m'en parlez pas encore.

xvxox. Pourquoi donc ça?., moi je suis curieuse... voyons donc... ce mariage...

eugéxie. Nanon!

CHARLES. Tiens! elle a deviné.

EUGÉXIE, vivement. Mon cousin, encore, un peu de chocolat pour réchauffer le vôtre... {Sa main tremble.) Tiens, tien- , verse, Nanon.

CHARLES, à Nanon qui lui verse du chocolat. Merci, merci.

EUGÉXIE. Voici le sucre.

POOCCeOO»8COCOOOOOOOOOCCOOOOCOOCQ»COOOOOOOQ

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