MENU, GRANDET
MENU. Mais, enfin , me direz-vous?
GRANDET, pouvant parlera peine. Vous allez courir... vous, Menu... vous allez... car je n'ai plus de force?... je n'ai plus de jambes... et je ne veuxpas quitterma maison... il me prendraient le reste... allez.
MENU. Et où voulez-vous que j'aille?
GRANDET. Malheureux!., au procureur du roi... pour porter plainte... ilfautqu'il vienne... qu'il mette la garde nationale sur pied... qu'il fasse courir les gendarmes... allez vite.
MENU, impatienté. Qu'est-ce qu'il y a?
GRANDET. Je ne vous l'ai pas dit?. . il y a que je suis volé.
MENU. Grand Dieu!
GRANDET, Volé!., il m'a tout pris...
mon or, mes billets, mes fermes! volé!..
MENU. Votre neveu!
GRANDET. L'infâme!., courez donc... je veux qu'on le cherche... qu'on s'empare de lui.
MENU. Revenez à vous.
GRANDET. Hein! qu'est-ce que vous dites!., vous êtes encore là?., vous vous entendez avec lui... ah 1 j'y cours, moi... je cours... je... ah ! je suis mort.
11 fait qu'elques pas pour sortir... il revient... il
veut sortir encore... il chancelle... et tombe sur
sur une chaise auprès de la table.
MENU, allant à lui. Allons, revenez à vous... nous le retrouverons... nous...
GRANDET, d'une voix étouffée. Mais allez donc.
MENU, en s'en allant. J'y vais... j'y vais. .. un vol ! ah ! c'est affreux.
GRANDET, assis. Et surtout, qu'on lui reprenne tout... qu'on le fouille bien... (Se levant précipitamment et courant à la porte d'où il cric à Menu.) Non... non... je le fouillerai moi-même... qu'il soit arrêté.