HORTENSE
Que ferais-tu?
CLOTILDE
Je ne sais pas...
Mais, à coup sur , il ne périrait pas , Non , non , ma cbère , il ne périrait pas 1 L'infortuné ne mourrait pas !
Fernand ouvre doucement la fenêtre du balcon , témoigne par son geste qu'il a tout entendu , et s'esquive sur la pointe des pieds.
HORTENSE. Ah ! ça , mais , et ton inconnu de Boulogne?.. J'espère qu'il est plus raisonnable
CLOTILDE. Oh! d'après mon accueil de ce matin, je suis sûre qu'il y a renoncé et qu'il est reparti... dans tous les cas, je ne le ménagerai pas, celui-là!
HORTENSE Tu feras bien... J'aime beaucoup M. Bonnivet, et ça me ferait vraiment de la peine si...
CLOTILDE. Que tu es bonne!.. Mais je te retiens ici pour te parler de moi , et je t'empêche de reposer...
HORTENSE. Je n'en ai pas besoin... Je ne rentre dans ma chambre que pour réparer un peu ma toilette de voyage...
J'attends mon frère, qui ne peut tarder
CLOTILDE. Des frais de toilette pour un frère?
HORTENSE. Et peut-être pour une autre personne... car je ne t'ai pas dit que j'allais au Havre , et il se pourrait bien, quoique je l'aie défendu , qu'on vînt au-devant de moi jusqu'ici.
CLOTILDE. Vingt-quatre lieues pour te voir une heure plutôt!.. C'est là de l'amour!
HORTENSE. C'est de l'impatience, et voilà tout... Avant le mariage on ferait deux cents lieues pour voir sa femme; après, on ne ferait pas vingt pas pour la conduire au bal.
CLOTILDE. Laisse donc! Monsieur Bonnivet m'y mènerait tous les soirs, si je 1<' voulais.
HORTENSE. Et tu te plains!.. (A demiroi.v.) Crois-moi, tu ne trouveras jamais mieux... Adieu, adieu... Retourne près de ton mari, et embrasse-le de ma part
CLOTILDE. Je le veux bien. (Hortense entre dans la chambre à gauche de C acteur.) Allons, j'y vais.
ÊTRE AlilK CU MOURIR !