‹ Pièces de théâtreChapitre 356 sur 1241 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

AIJAI.W, LADISLAS.

LADISLAS, tombant dans le fauteuil. Oh !

Dieu!

albxina , l'apercevant. C'est vous, mon cousin... Dieu soit loin'-... je vous cherchais.

LADISLAS, restant toujours dans lr fauteuil. Vous êtes bien bonne, |e roui remercie. ( Lui tendant la main sans In r, (1er.) Ma cousine... ( A pari. I il , .ipies

tout , ce n'est pas à elle que je «lois en \ <>u-

loii . . . au contraire.

ALSXIlf A , qui , pendant Ci teUll, a remonté le théâtre pour POtr SI personne ne menait. Je ci lignais tant de ne pas voua retrouver... EcOUteZ-moi : [LÔdisIas l<i regarde en silence .) Eh bien! qu'avex-vous donc à me regarder nuis; '

LADMAS , a ptirt j et la regardant douloureusement. C'était elle... (Après un soupir.) Elle est très-bien , très-gentillet, et

si ce n'étaient d'autres idées que j'avais... il n'y aurait pas de quoi se désespérer.

ALEXIIfA. Won cousin , voulez-vous m'écouter? car c'est de vous qu'il s'agit...

ladislas , froidement. Je vous écoute...

( A part , et la regardant toujours. ) C'est inconcevable qu'on se trompe à ce point là !

ALFAiw. Je viens du palais impérial, du salon de Catherine où Potemkin est entré avec une figure sombre et soucieuse. .. il a fait si;;ne à un officier des gardes qui causait avec moi , le comte lîestulehef , d'aller à lui, et il lui a parlé quelque teins à l'oreille vivement et d'un air agité , ce qui m'a donné sur-le-champ le désir de savoir ce dont il s'agissait, et je l'ai demandé à M. de Bestutchef, un charmant jeune homme, un de mes adorateurs, qui n'oserait rien me refuser. . . et , après s'être un peu fait prier... « Soyez discrète , m'a- » t-il dit, c'est l'ordre d'arrêter un jeune » Polonais... Ladislas , qui , dans ce m.) » ment , est dans le palais de Potemkin... » je dois veiller à ce qu'il ne puisse etl » sortir; puis, dans une heure, jeté Stli » un kihilehc... de là en Sibérie, sans au- >» tre explication... et demain, il ne sera » plus question de lui.'... «Tous entendez.

ladislas. Très-bien.

alf.xiw. Va je suis alors accourue pour vous prévenir, et vous engager à fuir au plus vite.. .

ladislas, se levant. Je vous remercie bien , ma cousine, de cette preuve de dévouement qui ne m'étonne pas après toutes celles que vous m'avez données déjà.. . mais je n'en profiterai pas...

alf.xiw. Et pourquoi?

LADISLAS. Parce qu'il y a sans doute erreur, attendu que, malheureusement pour moi , Potemkin n'a aucune raison de m'en vouloir ni d'être mon ennemi... Si c'était M. de EUelof, votre mari, je ne

dis pas. ..

m i.xiw. Pourquoi cela ?

LADMLAS. Pour <les raisons-... «pie vous

savez... et que maintenant je sus aussi .. Oui , ma cousine . ne vous effraye! p

VOUS pOUVel être -lire «le mi discrétion...

M i:\ix \. Sur quoi .'

LADISLAS. Mon Dieu ! je sais tout, vous dis-je , Aœi un peu d'embù et je ne

puis vous expi mit r ( onilii.n j'ai été 1 lisible, 01. 1 cousine... Pourvu maintenant, et ( 'est ma seule < rainte , que » mu « le' ne \ -M. ( ompromette pa .

LE MAGASIN ÎULAIUAL,

ALi-:vi\A. l'de compromettre, mon cousin ? de quoi donc parlez-vous l

LADISLAS. £iij! mais... de notre entrevue de celte nuit.

ALEVIXA. Une entrevue avec moi!

LADISLAS , étonné. Llle aussi!

ALEVINA. Et où donc?

LADISLAS, avec impatience. S'il faut vous rappeler encore ce pavillon vitré en rotonde... au milieu des jardins.

alevina. AU ! mon Dieu!... une lampe d'albâtre?...

LADISLAS. Précisément.

alevina. Une esclave grecque...

LADISLAS. C'est cela !

alevina. Qui , pour mot d'ordre, a dit à vos conducteurs : Annid-. et Renaud.

iadîSLVS. C'est cela même.

ALtïVivv. Ut qui ensuite, au bout d'un corridor en marbre, vous a conduit...

LADISLAS. Vous voyez bien que c'est vous. ALLvlNA, poussant un ni et vivement.

Ah ! plus de doute !... et maintenant que je me rappelle... c'est bien cela. ( A part.) [a- billet de bal qu'on m'a dit de lui envoyer... la colère de Potemkin... l'ordre du loul-A-l'lieure... touls'explique... ( Haut <i se. rapprochant de Ladislas. ) Ah! mon cousin ! quel bonheur pour nous!... {Geste dr. L idislas. ) Mais , silence !... il y va de no; jours.

LADISLAS , étonne. Comment cela?

\levina. C'est mon mari!

lvdislas. C'est juste ! il faut qu'il ne soupçonne rien !

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