SCÈNE II
Les Mêmes , M. BIZOT.
(Amédée va reprendre sa place, et s'occupe du portrait.)
M. bizot, entrant. Joseph est un polisson...
Mmc meunier *. Ah! monsieur Bizot...
M. rizot. Bonjour, mes chers voisins...
car je ne vois ici que des voisins
comment vous portez-vous?., ça ne va pas plus mal... et moi aussi... vous êtes bien bons, je vous remercie...
amédée. Ah ça!... qu'est-ce qui lui parle?
Mme meunier. s Vous n'allez pas à votre bureau du mont-de-piété aujourd'hui.
M. bizot. Ce n'est pas mon jour. .
on ne vend pas... (regardant Amédée.) Ah;
ah! ce portrait. ( // va auprès d Amédée, ex
regarde le portrait.) Ah ! il est fort bien !
A i R De sommeiller encor, ma chère.
On vous voit , je crois , trop en face, Vos yeux me semblent trop ouverts....
Votre bouche fait la grimace, Le nez est un peu de travers.
On vous allonge trop la mine, On vous a fait le teint trop blano.-. Mais à cela près , ma voisine , C'est un portrait fort ressemblant.
Mme meunier. Eh bien! je suis jolie, comme ça... je vous remercie.
AMÉDÉE , se levant. Dites donc ; moi aussi , monsieur le connaisseur.
M. BIZOT. Ce qui m'étonne, c'est que
monsieur ait le tems de vous dessiner
il est si peu dans la maison... on dirait que ce n'est pour lui qu'un pied-à- terre.
AMÉDÉE, passant auprès d' Elisa. Moi!., quelle idée !
élisa. Ce n'est pas moi qui lui fais dire.
* Amédée . Mf"c Meunier, Biiot, Elisa*
LK GAMIN DE PARIS
WJie mei:mek *. C'est vrai qu'il s'absente une partie du jour.
M. bizot. Et tonte la nuit...
ÉLIS A. Monsieur Amédée I amédée. Laissez doue, il ne sait ce qu'il dit...
M. bizot. Comment , je ne sais ce
que je dis je n'invente rien — je n'ai
jamais inventé. ..
amédée. Pas môme la poudre...
M. BIZOT. C'est Mmc Froma^cot , notre portière, qui, en faisant ma chambre ce matin , m'a dit que tous les soirs, mis minuit , vous sortiez pour ne rentier que le lend....
AMÉDÉE. Oui... quelquefois... c'est possible pour les déems de L'Ambigu
parce qu'aux lumières on voit mieux l'effet. (A part.) Maudit bavard...
ÉLISA, à part. Il se trouble...
Mme MELMER. C'est drôle!..
M. BIZOT. Après ça... vous concevez que je n'y tiens pas... cela regarde vos amis!., ceux qui vous reçoivent.
Élisa à pari. Le vilain homme...
M. bizot. Si je viens... c'est pour parler l'une chose plus intéressante pour Mmc Meunier.
AMÉDÉE , s'efjnrçant de rire et de prendre de l'aplomb. C'est peut-être encore quelque plainte contre ce pauvre Joseph ?. .
M. bizot. Non pas tout-à-fait...
quoique le motif ne manque pas... et tout tout-à-l'lieure encore.. .
Mme MELMER. Il est à son atelier...
M. bizot. Lui !.. le garnement...
i i.isa. Eh! mon Dieu !.. qu'a-t-il donc fait, ce pauvre garçon?..
M. BIZOT, f tassant entre /l/mc Meunier et Elîsci. Ce qu'il a fait?., j'en ai vraiment honte... et j'en boite encore... Imaginezvous que je me promène assez volontiers le long du canal Saint-Martin... quand il fait beau... Je regarde l'eau qui coule, !< ■ bateaux qui vont et viennent... les éelusefl qui se vident, qui s'emplissent... ça m'occupe. .. fa m'échauffe. . . très-bien. .. tout-à-l'lieuii' — ah! bah!..; il' n'y a pas vingt minuits . . je vois des jeunes OUrriers.., des en fans qui jouent au bouchon.. . je ne m'arrête i ieusement à ces puérilités. . mais pas du tout, au moment OÙ )') |>< h ' le moins . . paf ! ... il n'arrive dans I» jambe... juste au-dessus «Il h cheville , un énoi me u... applati sur les bords... je suis sûr »|ue j'en ai la marque., et une \m\ goguenarde
* M. Bisot, M !: ■ M ouni i l
** M"»8 Meunier, M. i'.wnt. KIlM
m'a dit : gare tes quittes !..... Je laisse ((happer une prise de tabac que j'allais prendre; et je pousse un cri de douleur... ah!... lorsqu'en me retournant avec indignation, qu'est-ce que je vois? Joseph!., votre fils Joseph, qui joue au lieu d'aller chez son imprimeur, et qui se meta rire en me reconnaissant... je me fâche... je m'avance... mais aussitôt une nuée de polissons m'entoure en riant comme lui..
et me reconduit jusqu'au boulevart en me bousculant et en criant : sur tous les tons. Oh\ r'te tête!.. ( Amédée rit. A !\Ine Meunier. ) Vous voyez bien , madame Meunier, que c'est un mauvais sujet et qu'il finira mal.
M"1 meiaier. Ah!., j'en ai peur...
vmidee. Pour un sou qu'il vous a jeté dans les jambes...
Élisa. Un grand mal qu'il vous a fait..:
M. bizot. Comment!., un grand mal...
(A Elisa.) Tenez, ne nous brouillons pas...
chère demoiselle Elisa c'est votre
frère... vous le défendez... je n'ai rien à dire... ça ne m'enpèche pas de vous rendre justice à vous... et d'estimer votre famille. La preuve , c'est que je viens de parler de vous à la bonne maman. . un grand secret...
élisa. De moi...
amédée. En ce cas, je me retire...
(On entend Joseph en dehors.)
M™ melxier. Qu'est-ce que j'entends-
là?...
M. bizot. Parbleu ça ne se demande pas !...
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