TOUS DEUX
Mais cependant...
Maurice, d'un ton sec.
Eh bien! oui, après tout... Quand j'aurais été en Egypte?... Est-ce qu'on n'est pas libre d'aller en Egypte?.*. Est-ce que tout le monde ne peut pas aller en Egypte?
LE baron.
Hé, bon Dieu, docteur...
MAURICE, jetant son pain sur la table.
Non... c'est que vous êtes là... à me questionner... {Sèchement.) Monsieur, à un homme qui souffre, à un malade... mes soins, mon temps, tout lui appartient... A un indiscret qui veut fouiller dans ma vie, je lui dis : Vous vous portez bien... tournez-moi les talons... et allez vous promener !
LA baronne, le câlinant.
Eh bien! eh bien !... mon ours qui se fâche!., lui qui est si gentil d'ordinaire!... Pour nous rac commoder, vous viendrez dîner.
Maurice, se remettant à son couvert.
Mais quelle rage!...
LA BARONNE
Nous avons besoin de vous, pour sermoner Fer dinand, votre Benjamin... car vous l'aimez? Maurice, avec un reste d'humeur.
Je ne m'en cache pas; c'est le meilleur... D'abord, je ne le vois presque jamais.
LE BARON
Merci !
MAURICE
Je ne dis pas cela pour madame.
LA BARONNE, riant.
Alors, bien obligé pour le baron 1
MAURICE
Non... ce n'est pas non plus pour le baron... Bh bien! oui, je l'aime votre neveu !... un jeune homme franc, loyal... {touchant sa poitrine) qui a de ça!... {Au Baron. ) Je ne sais pas si vous me Comprenez vous... mais il a de çal
LB BARON
Parbleu... si je vous comprends!... Vous voulez dire... qu'il a... de ça?
LA BARONNE
Oui, oui, un charmant garejon... dont je suis mécontenta... Nom vouloni le marier à l'aidai il Abl inray...cmt mille écus de rentes... l.i tête do faubourg SainUOermam!... la grand' mère le désire ardemment*.» mais M. mon nereu ne paraît pas disposé...
Il parait mémo assez éloigné...
MAGASIN THEATRAL
LA BARONNE
Je lui avais dit de me donner la main pour aller inviter les d'Ablançay... ah '.bien oui! il est a \a chasse... il a l'air de les fuir.
MAURICE
Écoutez donc... l'aînée des d'Ablançay n'est pas jolie.
LE BARON
Elle est même laide.
LA baronne, êtourdiment.
Très-laide... Mais ce n'est pas une raison... moi, j'ai bien épousé...
Elle va pour montrer le Baron.
LE BARON
Hein?
LA baronne, se reprenant.
Non... ce n'est pas cela que je voulais dire.
MAURICE
Et puis, il a peut-être des amourettes? c'est de son âge.
Des amourettes!... Plût au ciel!... il me les conterait, ça m'amuserait... Je ne suis pas ridicule, moi... Il me dirait: Ma petite tante... hum?... Je lui dirais : C'est bon... va t'amuscr, mon garçon... la grand'mère et l'oncle n'en sauront rien... parce que les jeunes gens... le baron, secouant la tête.
Hum! les jeunes gens...
LA BARONNE, an Baron et gaîment.
Ohl vous... vous avez fait des horreurs dans votre temps, j'en suis sûre!... Prenez-y garde... si je découvre quelque chose... {Au docteur.) Ainsi, c'est convenu, à six heures.
MAURICE, hors de lui.
Pour la centième fois, madame, je vous répète que je ne sors que pour mes malades.
LA BARONNE, montrant le Baron.
Raison de plus... En voici un que je vous laisse et qui vous amènera.
MAURICE, tombant assis sur sa chaise.
Il y a de quoi en faire une fièvre bilieuse!
LA BARONNE
C'est convenu; je cours inviter les d'Ablançay... Baron, je prends la voiture.
LE BARON
Eh bienl et moi, mon cœur?
LA BARONNE
Vous reviendrez à pied.
LE BARON
Une demi-lieue !
Ça vous fera du bien ! vous savez que Marjolin me dit toujours : Faites marcher votre mari. . . faitesle donc marcher! Adieu, adieu, docteur, soyez exact!
Elle sort.
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