LA MARQUISE, MAURICE, LE BARON
LA MARQUISE, s' appuyant contre le canapé. Y a-t-il une mère plus a plaindre?
Maurice, s'approchant froidement.
Un mot, madame.
LA marquise, avec hauteur.
Ah! monsieur!
MAURICE, de même.
Ah! madame!... les grands mots et les grands bras ne me font pas peur ! quand on a tenu léte à Napoléon...
LA marquise, brusquement.
Enfin, que voulez-vous?
MAURICE
Vous dire un seul mot, en partant! non pour cette pauvre enfant, qui n'est coupable de rien, elle! et que je vais voir s'éteindre, comme sa mère... le ciel me gardait encore ce chagrin!... mais ce n'est pas d'elle que je viens vous parler ; c'est de votre petit-fils!... il en mourra!
LA MARQUISE
Lui!
MAURICE, appuyant.
H en mourra, vous dis-je; souvenez-vous de
son père.
LA MARQUISE
Ferdinand! un Villeblanche!
MAURICE
Comme un autre!
LA MARQUISE
Il mourra!
MAURICE, brusquement.
Eh! certainement, il mourra! moi aussi, vous
aussi, nous mourrons tous! un peu plus tût, un
peu plus tard; mais qu'est-ce que cela fait, qu'il
n'y ait plus personne pour porter le beau nom de
Villeblanche, pourvu qu'il brille toujours de tout
MD celât!
LA MAIIQI ISE.
Mais, docteur, soyez donc raisonnable!... «'il y avait la plus légère apparence de MblMBBj une
espèce de nom...
MAURICE
PtrbleiL, il 6'éUH une Montmorency, vous lui OQflffiaa lai bras... le beau mérite!
I I ItAUOlf.
Non, mais ce ne serait que de la noblesse de
robe..-
* I.e liaron , la Marquis* Maurice.
MAGASIN THEATRAL
LA marquise, se tournant vers lui avec colère. Taisez-vous, baron; c'est vous qui êtes cause de tout!
LE BARON
Moi!
LA MARQUISE
Oui, vos mauvais exemples lui aurons tourné la tête! croyez-vous donc que j'aie oublié vos fredaines, vos amours de grisettes; quand, sous le nom du chevalier de Faverollcs, vous faisiez le
scandale...
Maurice, frappé.
Le chevalier de Faverollcs! qu'est-ce que c'est?
LE BARON, effraye.
Ma mère, prenez donc garde, ma femme peut vous entendre!
MAURICE
Le chevalier de Faverollcs !
LE BARON
Chut! mon cher... un temps de folies! [A la Marquise.) Vous m'aviez promis...
LA MARQUISE
Est-ce que j'ai la tête à moi, quand mon pauvre Ferdinand...
MAURICE, troublé, et regardant toujours le Baron.
Courez auprès de lui, madame la marquise, j'ai encore un espoir...
LA MARQUISE
Que dites-vous?
MAURICE, regardant le Baron.
Oui, je crois... je me flatte... mais il faut que je rassemble mes idées! que je cause... {Montrant le Baron.) Laissez-nous, laissez-nous!
la marquise, en entrant chez Ferdinand.
Ah! docteur! toute ma fortune...
Elle disparaît.
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