SCENE V
FLEUR-D'AMOtïK, FÉLICITÉ, JOSÉ- PHINE, PIERRE.
FLECR-d\\MOUR. Non, mamsrlle Félicité... le moutard n'est pas perdu!., nous l'avons retrouvé au corps-de-garde qui buvait la goutte... C'est un enfant qui promet de grandes perfections.
FÉLICITÉ. Tiens... voilà M. Pierre!
i ixiu-DAMoi n. Fameux!.. Dis donc, Pierre... nous avons convenu de passer la
soirée ensemble... Offre donc ton bras
à mamsrlle... histoire de lui faire une politesse.
PIERRE. Excusez-moi , mademoiselle...
mais il faut que je rentre à la caserne.
FLEUR-DAMOi R. Puisque nous avons une permission de dix heures.
félicité. AI. Pierre est bien libre...
d'ailleurs il faut que je rentre aussi
pour porter la loge de théâtre il est
déjà plus de six heures... c'est à la demie que l'on doit venir prendre ma maîtresse, et on me recommande toujours de ne pas quitter Mlle Marie.
pierre. Marie?... votre maîtresse se nomme Marie?
félicité. Oui, monsieur.
PIERRE. El il y a long-temps que vous êtes à son service?
FÉLICITÉ. Non... depuis un mois seulement... Oh! c'est une di oie d'aventure., une jeune fi i le qu'on a enlevée.
PIERRE, à paît. Enlevée... depuis \u\ mois!.. {Haut.) Mademoiselle, acceptez donc mon bras.
FÉLICITÉ. Avec plaisir, monsieur Pierre.
FLEUR-d'amuUH , à Joseph ne. Tiens...
tiens... on dirait que ça veut prendre.
JOSÉPHINE. Tu avais promis de nous conter ça , Félicité.
félicité. Ah! voyez-vous, c'est un secret... je ne peux le dire à personne
mais les militaires sont des gens d'honneur Figurez-vous que la jeune fille
était chez une dame... à la campagne...
PIERRE. A la campagne?. .
FÉLICITÉ. Oui... du côté de la lloche- Guyon...
PIERRE , « part. C'est elle!...
II serre fortement le l>ras «le Félicite.
félicité. Oh!., (à part) comme il me serre le bras.
flecr-d'amour. De quoi!., est-ce que vous auriez marché' sur un lézard?
PIERRE. Continuez, mademoiselle.
FÉLICITÉ. Pour lors il y avait chez, cette dame un jeune homme qui est devenu amoureux de Mllr Marie, et un jour que M""' de Blainville était absente (c'est le nom de la dame), il a fait une histoire à la jeune fille, l'a conduite à Paris , dans
un petit appartement qu'il a loué ici tout
près, et niainselle Marie se croit chez sa protectrice... au point qu'elle attend son arrivée tous h s jours.
PIERRE. C'est une trahison?., j'en étais sûr.
fleur-d'amocr. Fameuse, la frime... oh ! elle est bien bonne.
Pir.iuu:. Ci depuis ce temps ce jeune homme n'a pas quitte votre maîtresse.
i Ê LICITE. Si fait !.. il est retourné près
de Mmr de Blainville, à la campagne
pour qu'on ne se doute de rien... mais....
LE TOLKLOlKui
Oh
oui
Levrais y pei
mademoidre la
v'ià quelques jours qu'il vient plus souvent... il mène promener mamselle en voiture... et ce soir, il la conduit au spectacle.
PIERRE. Au spectacle... aujourd'hui...
(A (,art.t ."Mon Dieu !.. comment faire?
i-élicité. Oh! tenez... ça me donne une idée... et je vais vous faire une proposition...
fleijr-d'amolr. Voyons la proposition,
fille des anges Joséphine je vous
range dans la même famille.
félicité. Pendant qu'ils vont au spectacle, je serai seule... depuis sept heures jusqu'à onze... Si vous voulez venir...
nous ferons un petit souper délicat... de la charcuterie et du punch... et nous jouerons à des jeux innocens.
FLEUR-D'AMOUR. Adopté... adopté!...
de jolies femmes et des liqueurs... me voilà dans mon csplùrc. !...
JOSÉPHINE. Justement, Adélaïde va revenir avec Carabine... nous irons tous... J'aime bien mieux ça qu'un spectacle.
félicité. Vous viendrez, monsieur Pierre...
pierre. Si j'irai..
selle oui, quand je vie...
i lelr-d'amocr. Scélérat de Pierre!...
s'enflamme-t-il!...va-t-il droit à la chose I
félicité. Ecoutez !. . notre appartement est au premier... quand vous me venez fermer les persiennes , c'est qu'ils seront partis... Ils sortiront par l'autre côté... et vous pourrez venir... je suis bien avec la portière.
JOSÉpniNE. C'est convenu, nous attendrons le signal.
i i iKiii. Je rentre... Au revoir, monsieur Pierre.
PIERRE. Oh! vous pouvez compter sur moi, mademoiselle.
félicite, u part, rn s 'éloignant . Certainement il est très-amoureux de moi...
Elle rentre.